Olivier Marin : « J’ai réussi à mixer mes deux passions : la BD et l’automobile »

« Présenter les vœux du Belgian VW Club avec l’un des personnages de mes bandes dessinées ? Mais avec plaisir ! »

En somme, c’est ainsi que s’est établi le premier contact avec Olivier Marin, l’auteur de la carte de vœux du Club. À 50 ans, ce scénariste et dessinateur basé à Bourg-en-Bresse a fait de sa passion son métier. Ou plutôt, ses passions : celle de la bande dessinée, mais aussi celle de l’automobile, dans le sens large.

« J’ai fait des études n’ayant rien à voir avec la bande dessinée », sourit-il. « Mais j’ai toujours été passionné par la BD et le dessin. Je suis notamment un grand fan de la ligne claire, soit l’école belge. Dans la foulée d’Hergé, de nombreux auteurs de bandes dessinées ont repris ce style qui, pour moi, reste la référence en BD. »

C’est donc Hergé qui a inspiré Olivier. Le Belge aura même été, en quelque sorte, à la base de sa carrière. « J’imagine qu’on peut le dire maintenant vu qu’il y a prescription », s’amuse Olivier. « Mes premiers contacts avec la bande dessinée viennent du fait que je réalisais des pastiches de Tintin, juste pour le plaisir. J’adore la mouvance des années ’50-’60. Un jour, un libraire de ma ville qui avait vu mes pastiches m’a présenté à un éditeur qui a aimé mon application de la ligne claire. Alors que je n’avais jamais réellement imaginé que ce soit possible, sans jamais avoir envoyé le moindre dossier, je me suis retrouvé officiellement auteur de bandes dessinées. Le premier album n’a pas vraiment eu de succès, mais l’éditeur m’a demandé si je n’avais pas une idée. Je lui ai alors parlé de mélanger mes deux passions : l’automobile et la BD. Le but premier était d’aborder l’histoire de la Citroën Traction 22, une voiture tout à fait atypique dans l’histoire de l’automobile française et qui était mue par un moteur V8. Pour parler de ce modèle bien réel, il fallait un contexte qui me permettait de l’intégrer dans une fiction. C’est ainsi qu’est née Margot, cette étudiante en journalisme qui se retrouve à travailler pour un magazine automobile sans vraiment connaître les voitures. En guise de bizutage, ses collègues lui demandent d’écrire un article sur cette mystérieuse et très rare Traction 22. C’est le point de départ de l’histoire. »

Pour Olivier, c’est presque un retour en enfance. « Je dessinais cette voiture depuis que j’avais 10-11 ans », se souvient-t-il avec nostalgie. « Et c’est elle qui a véritablement lancé les aventures de Margot. Par la suite, la jeune journaliste a enquêté sur la DS, participant même à un rallye à son volant. Suite à sa victoire lors de ce rallye, elle est devenue l’égérie de la marque Citroën dans le tome 3, qui se déroule en 1961 et qui met la 2CV à l’honneur. Dans le tome 4, elle se marie en Fiat 500 et avec une Vespa. Et dans le tome 5 elle se rend à Wolfsburg pour une enquête sur la Coccinelle. »

Margot n’est pas la seule héroïne d’Olivier Marin. Betsy, la cousine de Margot, et Melany Road ont aussi leur série.

Amateur de voitures populaires, Olivier Marin ne pouvait pas passer à côté de la Coccinelle. Pourtant, c’est une autre Volkswagen Oldtimer que l’on retrouve dans son garage. « Je suis l’heureux propriétaire d’une Karmann Ghia depuis 6 ou 7 ans », explique le Français. « Mais je dois vous avouer une chose : je ne suis pas du tout mécano. »

Comme pas mal d’amateurs d’automobile, Olivier Marin s’intéresse aussi au sport automobile. Ce qui l’a amené à réaliser des ouvrages liés à la compétition. « C’est un projet que j’ai lancé avec mon ami Michel Janvier, un dessinateur de renom qui a notamment travaillé avec Morris sur la série Lucky Luke », poursuit Olivier. « Après plus de 40 ans dans le milieu, il s’est rendu compte qu’il y a deux passions qu’il n’avait jamais explorées : le rock et le sport auto des années ’50, ’60 et ’70. Le point de départ de cette collaboration, c’est ma rencontre avec le fils du regretté Jo Siffert, qui était très enthousiaste à l’idée que l’on rende hommage à son papa. De là est venue l’idée de raconter la carrière du pilote suisse (double vainqueur en F1 et ayant un magnifique palmarès en endurance, NDLR) en bande dessinée, sous forme d’une succession de mini-épisodes de 3 à 6 pages. »

Pour des passionnés comme Olivier et Michel, ce projet est aussi l’occasion d’ouvrir des portes. « Nous avons rencontré des gens du milieu, notamment des personnalités comme Henri Pescarolo. Ça nous a permis de recueillir quelques anecdotes exceptionnelles, des choses jamais écrites… Dans l’ouvrage, nous avons aussi intégré le tournage du film Le Mans, mais avec le point de vue de Jo Siffert, qui avait fourni les voitures et avait réussi à faire porter une montre Tag Heuer à Steve McQueen. Un magnifique coup de marketing ! »

Et la paire composée par Olivier Marin (pour le scénario) et Michel Janvier (pour les dessins) ne s’arrêtera pas là. Actuellement, c’est un ouvrage sur la vie de François Cevert, tragiquement disparu en 1973, qui est en gestation.

« Je vis de ma passion », se réjouit Olivier. « La bande dessinée ne fera peut-être jamais de moi un homme riche, mais je m’estime extrêmement chanceux. Je travaille de chez moi, à mon rythme, je rencontre des gens fabuleux, je suis invité sur des événements… Il y a des vies plus difficiles que la mienne et j’en savoure chaque instant. »

Comme nous savourons la carte de vœux du Belgian VW Club. Merci Olivier !

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