Édouard Cauhaupé effleure les titres en FFSA GT et en Michelin Le Mans Cup

Se révéler, c’est bien. Confirmer c’est encore mieux. Après avoir fait forte impression dès son arrivée dans le monde du sport automobile professionnel l’année dernière, Édouard Cauhaupé a passé la vitesse supérieure en 2020. A force d’enchaîner podiums et victoires dans deux disciplines, il s’est retrouvé en lice pour décrocher l’un ou l’autre titre, ou les deux. Mais les couronnes que convoitait le jeune Toulousain lui ont filé entre les doigts dans la dernière épreuve de la Michelin Le Mans Cup LMP3 à Portimao et lors du final du Championnat de France FFSA GT au Paul Ricard.

L’épidémie de Covid-19 a bouleversé plus d’un plan bien établi. Édouard ne devait pas repartir en GT, mais une opportunité est apparue juste avant le premier meeting. Il était prévu qu’il entre chez Cool Racing pour piloter un proto LMP3, mais en mode apprentissage en Ultimate Cup Series. Les circonstances de la crise sanitaire ont libéré un baquet au sein de l’équipe Suisse et Édouard a rejoint Nicolas Maulini pour constituer l’équipage de la Ligier JS P320-Nissan #37 en Michelin Le Mans Cup. Ce championnat est à la base de la pyramide de l’Automobile Club de l’Ouest. Les pilotes et les teams qui aspirent à prendre part un jour aux 24 Heures du Mans trouvent là un terrain idéal pour faire leurs preuves.

Michelin Le Mans Cup : un rookie crée la surprise
Édouard Cauhaupé et Nicolas Maulini sont arrivés à Portimao en 2ème position avec un retard de 25 points sur les champions sortants. Comment en était-on arrivé là ? Deux déceptions au Paul Ricard, pour des raisons étrangères au bon vouloir des pilotes, une victoire sans bavures à Spa-Francorchamps, une belle 2ème place à Monza et… un exploit en lever de rideau des 24 Heures du Mans ! La double course de Road to Le Mans est le point d’orgue de la Michelin Le Mans Cup car elle offre une occasion unique de rouler sur le grand circuit de 13,626 km. Un tracé hors normes, avec une adhérence atypique et une vitesse moyenne inhabituelle. Une totale découverte pour Édouard, qui n’en est pas moins monté avec Nico sur la deuxième, puis sur la première marche du podium !

Au Portugal il fallait d’abord, pour avoir une chance d’être titré, marquer le point de la pole position. Seuls les pilotes gradés Bronze peuvent participer aux qualifications et Nico s’est brillamment acquitté de la mission. L’équipage Cool Racing devait aussi gagner et à vingt minutes du damier, Édouard menait avec 25 secondes d’avance. Le titre semblait perdu car le camp adverse était en position de marquer des points. Mais la paire Franco-Suisse avait à cœur de conclure sur une victoire. Hélas une neutralisation intervint alors qu’il restait un ravitaillement à effectuer. Édouard s’est retrouvé pris au piège car sa position de confortable leader ne lui a pas permis, à l’inverse de ses adversaires, de s’arrêter au stand au bon moment. Il a sombré au 6ème rang sans avoir fait le moindre faux pas.

« Le circuit de Portimao est magnifique, je me suis régalé jusqu’à vingt minutes de l’arrivée. Le bilan de ma saison en Michelin Le Mans Cup est excellent car mon expérience en LMP3 se limitait à une course avant d’arriver chez Cool Racing. Je cherchais un peu mes marques au début mais j’ai constamment progressé et je pense avoir confirmé mon nouveau statut de Silver en étant régulièrement dans les pilotes les plus rapides. C’était une chance de courir avec un coéquipier tel que Nico dans cette super équipe et j’ai beaucoup appris au contact de Nicolas Lapierre (quadruple vainqueur LMP2 aux 24 Heures du Mans, actionnaire et consultant chez Cool Racing Ndlr). »

Championnat de France FFSA GT : l’argent remplace le bronze
Comme il l’a expliqué plus haut, Edouard a été promu du grade de pilote Bronze à celui de Silver. Après la médaille de bronze obtenue au championnat de France 2019 avec la Mercedes-AMG GT4 de l’écurie CD Sport, il a décroché l’argent cette saison dans le nouveau classement… Silver. Vous suivez ? Cette année, il y avait trois titres en jeu, en Am (amateur), Pro-Am et Silver pour les duos de pilotes possédant ce grade. Au dernier moment, Édouard s’est vu associé à Fabien Lavergne, un de ses rivaux en LMP3, pour un nouveau périple sur les circuits français.

Le titre semblait plus accessible en FFSA GT, avec un retard de cinq points seulement en arrivant au Paul Ricard. On comptait quatre prétendants mais c’est principalement avec une voiture de la marque à l’hélice (BMW) que la voiture de la marque à l’étoile (Mercedes-AMG) d’Edouard et Fabien a lutté pendant toute la saison. Quelques contacts ont émaillé l’affrontement final du Castellet. L’équipage CD Sport a surtout souffert d’un choc au départ de la course 1, causé par une Aston Martin, et par l’assaut désordonné de l’Audi d’un retardataire ayant confondu Fabien avec son adversaire de la catégorie Am ! Dommage, car avant cet accrochage la Mercedes #2 avait pris l’avantage sur la BMW et la pénalité reçue par cette dernière promettait une inversion des positions au championnat.

« Nous avions alors sept points de retard et une voiture qui avait souffert du fait du crash de la veille. Au début de la dernière demi-heure de la course 2, je roulais derrière la BMW qui défendait sa place. Au bout d’un moment son pilote a entrouvert une porte et je me suis dit que s’il l’ouvrait encore au tour suivant… j’ai tenté, il y a eu un contact qui a endommagé le train arrière mais je ne regrette rien. Nous sommes vice-champions de France, on peut être satisfaits compte-tenu de la façon dont cette saison s’est mise en place. Nous avons eu quelques soucis techniques mais aussi trois belles victoires. En qualification, j’ai fait deux pole positions et une première ligne. Fabien et moi n’avons pas fait d’erreur. Merci à CD Sport qui a mis toutes ses compétences, son expérience et son enthousiasme dans la lutte pour le titre. »

Au total Édouard est monté sur 11 podiums dont cinq fois sur la première marche en 11 week-ends de compétition. Il se sent prêt à construire 2021 en relevant un nouveau challenge tout en consolidant le socle de sa réussite. Mais encore ? On en saura plus très bientôt !

Romane Didier,

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