L’élection du nouveau Comité Directeur et du Président de la fédération intervenue le 22 avril dernier est en fait le deuxième acte d’une manœuvre destinée à permettre au système de prédation organisé depuis 30 ans par Jacques Régis de se maintenir en place, au détriment du sport automobile français et de ses licenciés. Le premier acte s’est déroulé le 13 mars, lorsqu’une majorité de présidents de ligues régionales, tenus en laisse par le seul véritable président de la fédération depuis 1996 et ne représentant qu’eux-mêmes, avaient révoqué le précédent Comité Directeur dans le seul but de se débarrasser de Pierre Gosselin, nouveau président devenu gênant pour avoir dénoncé ce système de corruption généralisé.
Une nouvelle élection a donc été organisée conformément aux statuts fédéraux actuels, particulièrement compliqués dans le seul but d’éviter tout changement de situation pouvant mettre fin à ce système particulièrement juteux pour les privilégiés aux commandes.
Il faut savoir que le corps électoral est composé de deux collèges d’égale importance, le collège ‘ligues’ et le collège ‘associations sportives’ (ASAs pour l’auto, ASKs pour le Karting). Deux listes étaient en présence : la liste présentée par Jacques Régis dirigée par sa marionnette de service, Pierre Ragues, qui recueille 1817 voix, soit 55,79% des suffrages exprimés, contre 1440 voix pour la liste Pierre Gosselin, soit 44,21% des suffrages. La liste Régis/Ragues a donc remporté l’élection, ce que personne ne conteste.
Mais l’analyse détaillée du scrutin est particulièrement révélatrice du ‘vol’ dont ont été victimes les licenciés.
Liste Régis/Ragues : 74,80% des voix obtenus proviennent du collège ‘ligues’, et seulement 33,24% du collège ASAs/ASKs.
Liste Gosselin : 25,16% seulement des voix proviennent du collège ‘ligues’ (ce qui est cohérent puisqu’il s’agit des affidés ayant voté la révocation du Comité Directeur sur ordre de Jacques Régis le 13 mars). Mais le chiffre intéressant est celui des suffrages exprimés par les ASAs/ASKs, qui est de 66,75% du total obtenu.
– Première remarque : le collège ‘Présidents de ligues’ n’est en fait qu’un faire-valoir artificiel destiné à assurer le résultat, car en effet les ligues sont composées des associations sportives, qui se prononcent par ailleurs, et qui sont les seules représentantes des licenciés, les présidents de ligues ne représentant qu’eux-mêmes.
– Deuxième remarque : non seulement le poids électoral de ces ligues, supposé dépendre du nombre de leurs licenciés, est totalement artificiel, mais il est de plus profondément inéquitable. Les DOM-TOM sont particulièrement choyés. Exemple : la ligue de Polynésie qui compte 40 licenciés représente 88 voix, et la ligue Bretagne Pays de Loire qui compte 4500 licenciés en représente… 89 ! On peut peut-être comprendre un ‘bonus’ pour des territoires éloignés de la métropole, mais un rapport de 1 à 100 d’une ligue à l’autre fausse indubitablement le scrutin.
– Troisième remarque : la fédération appartenant par définition à ses licenciés, la leçon à retenir est que ceux-ci n’ont pas été représentés par leurs ligues, mais par leurs associations sportives qui se sont massivement prononcées en faveur de la liste du changement. C’est donc l’arbitraire du système en place qui les a privées d’une victoire électorale manifestement acquise sur le terrain.
En conclusion
Le Ministère des Sports doit mener à bien l’enquête administrative qu’il a diligentée, c’est d’autant plus important que Pierre Ragues est le ‘faux-nez’ du Directeur Général (Clément Hugon), à qui Jacques Régis a promis la présidence en 2028. Or le Directeur Général est par définition responsable de l’intégrité et du bon fonctionnement des services fédéraux. En conséquence il ne saurait être mêlé de près ou de loin à tous les dysfonctionnements actuels de la FFSA. L’enquête devra donc examiner en priorité le rôle joué par l’actuel Directeur Général dans ces dysfonctionnements.
Le Ministère doit aussi entreprendre les réformes concernant la gouvernance du sport en France. D’autres fédérations sont également dirigées par des équipes en place depuis des décennies et connaissent une situation similaire à celle de la FFSA. L’adoption de statuts types fédéraux empêchant la mascarade électorale à laquelle on vient d’assister est un impératif absolu. Les fédérations appartiennent à leurs licenciés, les élus sont là pour servir, pas pour se servir.
Il faut enfin saluer les mesures déjà prises par l’actuelle Ministre des Sports, Marina Ferrari, qui doit recevoir tout notre soutien pour mener à bien la mission ‘d’assainissement’ qu’elle a entrepris.
Yvon Leon,
