Jean-Marc Fortin le gilet jaune du Dakar !

Jean-Marc Fortin © MFE

Le Dakar est parti et, avant le coup d’envoi de la 41ème édition de Lima au Pérou, une certaine agitation régnait au cours des dernières vérifications à Las Palmas, celles qui rassemblaient les ‘top’.

Un certain Jean-Marc Fortin, le patron de l’équipe Overdrive Racing faisait l’objet de nombreuses convoitises. Nous connaissons le Belge, un boss au franc parlé, avec des idées novatrices, qui parle sans peur mais pas sans reproche !

Il demande ouvertement pas voie de presse auprès des médias belges venus le questionner avant qu’il ne s’envole vers Lima, un changement de cap radical dès le Dakar 2020 ! Des revendications qui ont toutes leur sens mais qui ne plaisent pas à tout le monde – comme on peut s’en douter – en particulier à ASO (Amaury Sport Organisation).

Avec pas moins de onze Toyota Hilux engagées sous les bannières cumulées de Gazoo Racing South Africa et d’Overdrive, l’équipe de Jean-Marc Fortin fait l’objet de toutes les attentions car, on y perçoit l’équipage vainqueur en auto. Malgré les sourires convenus et la politesse de circonstance, au fond de lui, Jean-Marc Fortin ne se berce plus d’illusions quant au bien fondé du grand cirque auquel il participe. Au départ de cette édition, celui qui, avec l’Allemand Sven Quandt (X-Raid), le team manager le plus puissant de la planète rallye-raid, jette un pavé dans la mare.

« Tant que le Dakar et la FIA ne prendront pas la peine de s’asseoir autour d’une table, cette discipline n’ira nulle part, » lance le Belge passablement dépité. « Les organisateurs du Dakar ont un règlement technique différent de celui de la Coupe du Monde FIA sur la base duquel nous roulons durant toute l’année. C’est incompréhensible. Cela ne ressemble surtout à rien, tant que ASO cherchera à faire plaisir à tout le monde, afin que tous les grands teams soient présents au départ. Ce n’est plus une course, c’est la foire aux cadeaux ! Tout ce qui intéresse les organisateurs, c’est d’attirer le plus de monde possible. On dirait qu’une fois le départ est donné, cela ne les concerne plus… C’est franchement n’importe quoi ! »

Et même si, comme tient à le préciser avec honnêteté Jean-Marc, ce Dakar 100% Pérou qui démarre aura tout pour plaire aux initiés et sera techniquement à la hauteur des exigences, il est grand temps que l’épreuve phare de la discipline se trouve un autre terrain de jeu.

« Nous sommes forcément en contact avec les organisateurs pour connaître la suite, mais pour moi il est clair qu’il faut que le Dakar quitte l’Amérique du Sud, » poursuit-il. « Pas question de refaire un Chili-Pérou en 2020 ! Il faut partir. Un retour en Afrique ? Pourquoi pas ? Mais en Afrique du Sud et en Namibie alors ! Le Moyen-Orient ? Ce sera difficile, vu les tensions actuelles entre le Qatar et les autres pays du Golfe. Asie ? Je crois qu’ASO a loupé le coche et que cette période est hivernale chez eux… »

Jean-Marc Fortin ne décolère pas, lorsqu’il s’agit d’envisager le fameux Championnat du Monde des Rallyes Tout-Terrain que la FIA cherche à mettre sur pieds pour 2020 et pour lequel, elle a dépêché Jutta Klienschmidt pour trouver des solutions afin de le rendre attractif à l’image du WRC par exemple. « Il est grand temps que, Yves Matton, le nouveau directeur des Rallyes à la FIA, qui a également les rallyes tout-terrain dans ses attributions, tape du poing sur la table pour remettre de l’ordre à tous les niveaux ! » La FIA n’arrivera jamais à mettre sur pied un vrai Championnat du Monde tant que chaque organisateur ne prêchera que pour sa paroisse sans voir le projet dans sa globalité. Et si le Dakar ne prend pas le train en marche, ce seront le Silk Way Rally ou même l’Africa Eco Race qui deviendront les événements grand format de ce futur projet ! »

Jean-Marc Fortin va encore plus loin. Quand il parle du Silk Way Rally porté par Fred Lequien, un ex-ASO, il n’y va pas avec des pincettes : « Regardez le Silk Way Rally : cette année, il partira des bords du lac Baikal en Russie, avant de rejoindre Oulan Bator en Mongolie, puis descendra en Chine. Ça a de la gueule, non ? Ses promoteurs annoncent même le retour d’un Paris-Pékin en 2020 ! »

Ce n’est pas tout et Fortin ne fait pas du chantage ! « Si les choses ne changent pas, je ne serai pas au départ du Dakar 2020. Le Pérou est incontestablement un beau pays mais je suis lassé de tourner en rond… » ajoute-t’il contrarié.

De plus, précise Jean-Marc : « Les organisateurs ne s’entendent pas et c’est nous, les ‘clients’ qui en sommes les victimes ! Pour exemple, ASO ne parle pas à Jean-Louis Schlesser, ASO rejette David Castera… Je ne comprends pas ces agissements, ils ne sont pas constructifs. Cette situation me ronge, pourquoi ne pas avoir une seule ligne pour que la discipline démontre du potentiel comme c’est le cas en WRC ou en WTCR ? »

Des déclarations qui sont tombées sur la table de Etienne Lavigne, le patron du Dakar qui n’a pas tardé à réagir en dînant avec Jean-Marc Fortin pour apaiser la situation. « Etienne a des compétences c’est certain comme sa réactivité en annulant le Dakar 2008 pour des raisons de terrorisme. Il ne va pas me dire, quel est l’avenir du Dakar mais j’ai ressenti une certaine volonté de changer les choses. Nous attendons du concret, un parcours style carte postale pour les concurrents et exit un aller-retour de Lima à Lima !… »

Un Fortin remonté comme une pendule dans l’espoir de voir bouger les choses sans quoi, il ira regarder ailleurs. A 50 ans, la passion des ssports mécaniques l’habitent mais le rallye-raid le ronde ! « Je crois en avoir fait le tour. Je peux rebondir comme je l’ai fait il y a une décennie en créant Overdrive de A à Z ! Mon seul but pour sortir de cette routine : créer un électrochoc à certaines personnes pour voir les choses bouger ! Pourquoi ne pas envisager une reconversion en tant que ‘médiateur !’ » (rire).

Marie-France Estenave,

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