Dakar: Quand Michel Périn se met en mode alpiniste !

Michel Périn en mode hypoxie © DR

Michel Périn, navigateur de Mikko Hirvonen, dort sous tente hypoxie et se fait des masques d’altitude depuis plus d’un mois…

Avec plus de trente victoires en rallye-raid, dont quatre sur le Dakar, Michel Périn compte parmi les navigateurs les plus expérimentés de la discipline. Le Champenois, équiper du champion finlandais Mikko Hirvonen au sein du team X-Raid, n’est pas du genre à laisser grand chose au hasard.

Il fêtera ses 60 printemps au retour de Buenos Aires, le 19 janvier prochain, l’équipier le plus prolifique du plateau cultive toujours activement son sens presque maladif de la précision.

« Rappelles-moi si c’est possible, car là je suis en plein masque d’altitude… »

Trois quarts d’heure plus tard, Michel répond et s’excuse : J’ai commencé à me préparer pour l’altitude voici trois ans déjà. Certains pilotes et co-pilotes et même des adversaires ont commencé à m’appeler l’an dernier pour prendre des renseignements, mais tous ne suivent pas le mouvement. L’un des plus assidus se veut être : Romain Dumas (pilote d’endurance, vainqueur des 24H du Mans, il roulera sur ce Dakar dans la Peugeot 3008 DKR d’assistance rapide). Je crois même qu’il s’est astreint un régime plus dur que le mien… »

Cela fait plus d’un mois que Michel Périn dort chaque nuit sous tente hypoxie,  reproduisant la qualité de l’air, plus rare en oxygène, que l’on trouve à 3.000 mètres d’altitude. « C’est essentiel. Après le départ d’Asunción, à 200 mètres d’altitude, la 3ème étape nous emmènera à plus de 3.800 mètres. En Bolivie nous passerons 6 jours à de hautes altitudes, le cas durant la journée de repos à La Paz située à plus de 4.000 mètres. Je ne crois pas que tout le monde connaisse l’effet de l’altitude sur l’organisme…  On ne s’en doute d’ailleurs pas, à ces altitudes-là, on se déshydrate plus vite par la salive. Il faut donc également penser à boire plus régulièrement… »

Deux fois par jour, Michel Périn se pose également un masque d’altitude, respirant de l’air encore plus appauvri en oxygène comme s’il évoluait à 5.000 mètres. « Au début, on est particulièrement essoufflé. Mais l’habitude s’installe très vite. Aujourd’hui, je vaque à mes occupations normales avec le masque sur le visage… »

Le départ du Dakar est prévu le lundi 2 janvier, Michel Périn a tenu à être au Paraguay dès le lendemain de Noël. « C’est  important également de s’acclimater à la chaleur qui règne, en tout cas les deux premier jours », avance-t’il.
Décidément, cet homme ne laisse rien au hasard… en sera-t’il de même sur le parcours qui s’annonce le plus difficile de l’ère Amérique du Sud.

Michel Périn : « Vous allez nous voir jardiner ! »
Les nouvelles règles de navigation instaurées par les organisateurs (ASO) pour cette édition 2017 sont loin de plaire à Michel Périn. « Ramener la mémoire de notre trace parcourue de 50 à 1 km sur le GPS, nous empêche de vérifier si nous sommes sur le bon cap global sur de longues distances. Dans le même ordre d’idées, l’instauration des nouveaux Way Points Contrôle qui déclenchent le GPS dans un rayon de 300 mètres (800 mètres auparavant), va transformer le tout en un grand jeu de hasard. Vous allez nous voir jardiner à volonté, je vous le promets ! Je crois sincèrement que les organisateurs ont cherché à hausser la difficulté pour maintenir le suspense le plus longtemps possible… » peste Michel.

Philippe Jansen,

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