Magny-Cours les 1er et 2 Mai: La Formule Renault fête ses 50 ans en 2021 !

Cinq décennies de courses, de passion, de bagarres en piste, de jeunes talents, de triomphes, de désillusions… la Formule Renault a toujours représenté l’essence même du sport automobile. La plus connue des Formules de promotion a permis à tant d’immenses pilotes d’accéder au plus haut niveau du sport automobile et a laissé une empreinte sans pareille dans la compétition automobile. Et comme on ne peut pas parler de Formule Renault sans parler des châssis Martini construits à Magny-Cours par le grand Tico Martini, également à l’origine des monoplaces de l’école Winfield en 1969, il n’en fallait pas plus pour nous. C’est avec un plaisir immense que nous célébrons ce bel anniversaire lors des Classic Days :
– Exposition des Formule Renault de 1971 à nos jours
– La présence de nombreux grands pilotes qui ont couru en Formule Renault
– Plateau de Formule Renault en piste

Cet anniversaire a été organisé avec le ‘Club Formule de France’ et le soutien de Renault Collection. Nous tenons ici à les remercier chaleureusement pour leur précieuse contribution, et leur fidélité aux Classic Days.

D’ici là, petit retour sur ces 50 ans d’histoire
1898 – 1925 : Les débuts de la compétition chez Renault
Très tôt, Louis Renault prend conscience de l’importance des exploits sportifs dans le développement de l’image de sa marque. Le 24 décembre 1898, il prouve la supériorité de sa première grande innovation : la transmission à prise directe. Sa voiturette Type A est la première à gravir la rue Lepic, à Montmartre.

À la suite de ce succès, Renault s’engage dans la compétition automobile et remporte une série de victoires en Grand Prix. La Renault type K, équipée du 1er moteur conçu par Renault, s’illustre notamment en 1902 lors du Paris-Vienne. La Première Guerre Mondiale marque un temps d’arrêt dans la compétition automobile en Europe mais Renault ne reste pas éloigné du sport automobile pour longtemps. La marque au losange revient en force dans les années 20′ avec l’impressionnante Renault 40CV. Victorieuse au Rallye de Monte-Carlo en 1925, elle s’illustre en battant, avec sa version spécifique, les nombreux records de vitesse sur circuit de l’époque.

1958 : L’arrivée de Gordini
En 1958, Renault place le constructeur d’origine italienne, Amédée Gordini, à la tête de la division sport automobile. La mythique Renault 8 Gordini voit le jour. Elle deviendra un symbole de réussite pour toute une génération de pilotes. Son immense popularité conduit à la création, en 1966, de la Coupe Renault 8 Gordini : les championnats mono-marques étaient nés.

La Formule France (1968-1971)
Au début des années 60, l’idée d’une formule nationale d’initiation au sport automobile est dans l’air. Il faut une monoplace pour tous. Maurice Emile Pezous, concessionnaire Citroën Albigeois et passionné de sport automobile, propose une solution basée sur des moteurs Citroën d’abord 2cv, puis Panhard, concrétisé par un ensemble mécanique d’Ami 6 qu’il va quand même améliorer. La MEP (qui ne sont autres que les initiales de son créateur) était née et deviendra la fameuse ‘Formule Bleue’. La MEP trouvera son moteur définitif avec la GS pour devenir la célèbre MEP X27.
Le constructeur André Marcadier propose lui sa jolie petite monoplace Aral à moteur Renault R8 Major de série. Les mécaniques sont faciles à trouver, la voiture est légère et performante, mais peut-être trop diplomate. Marcadier ne parvient pas à convaincre et le projet est refusé.

La FFSA, sous l’égide du Président Claude Bourillot, décide de créer la Formule France en 1968 dont la vocation sera bien d’être une série d’accès à la monoplace, avant la Formule 3. La mécanique Gordini est retenue. Les monoplaces doivent posséder un moteur et une boîte de R8 Gordini 1300 cm3. Concernant le châssis, aucun constructeur n’est retenu mais le règlement exige que les organes, ensembles ou accessoires doivent obligatoirement être de construction française ou montés sur des voitures françaises de série. Les modifications autorisées par le règlement sur le moteur sont très réduites pour conserver l’équité entre les pilotes. Le reste de la monoplace est laissée à l’imagination du constructeur : les suspensions, la direction, la forme et le matériau de la carrosserie, la structure du châssis (monocoque ou tubulaire) sont absolument libres dans le respect des dimensions minimales. Un certain nombre d’accessoires de sécurité sont également obligatoires : rétroviseurs, extincteur, cloison pare-feu, coupe circuit, arceau de protection. Le poids minimum de la monoplace FF est fixé à 420 kg et la capacité maximum du réservoir à 25 litres.
La première épreuve de Formule France se dispute le 31 mars 1968 sur le circuit d’Albi en France, dans le Tarn. Elle voit Robert Mieusset s’imposer mais c’est Max JEAN qui remporte sur GRAC le premier critérium Formule France de l’histoire.

En 1969, une centaine de pilote se sont engagées. Denis Payan s’impose également sur GRAC cette année-là.

1971 : La naissance de la Formule Renault
La FFSA confie à Renault la gestion sportive, administrative et technique de la discipline à compter de 1971 : la Formule Renault est née. La catégorie se base sur le règlement de la Formule France et a toujours vocation à être une formule d’accès au sport automobile et de nombreux pilotes issus du karting vont s’y essayer. Les châssis Martini construits par le célèbre Tico Martni à deux pas du Circuit de Magny-Cours vont rapidement s’imposer comme la référence pour la catégorie – 21 titres de Champion de France entre 1975 et 1997.

Michel Leclerc remporte le titre à la fin de la saison 1971 devant Alain Serpaggi, son coéquipier chez Alpine. Le Challenge européen de Formule Renault voit le jour aux côtés du Critérium de Formule Renault.
Dès l’année suivante, le moteur de la Renault 12 Gordini est utilisé et le succès est très vite au rendez-vous. Alain Cudini et Jacques Laffite se partagent 22 victoires sur les 26 épreuves disputées en 1972 !

Parallèlement, le Circuit Paul Ricard noue un partenariat avec le pétrolier Elf lié à Renault pour créer son école de pilotage sur le modèle du succès du célèbre volant Shell de l’école Winfield de Magny-Cours.

La négociation aboutit sur la fourniture gratuite de six monoplaces Formule Renault construites par Alpine, filiale de Renault Sport. François Guiter, responsable de la communication de Elf, prend à sa charge l’incorporation du lauréat au sein de l’équipe Elf de Formule Renault pour la saison suivante. Elf se réservant d’aider ou pas le lauréat pendant une année supplémentaire en fonction des performances obtenues. Cet avantage décisif permit à la nouvelle école Renault Elf d’attirer les meilleurs candidats. Dès la première année Patrick Tambay, futur pilote de F1, gagnait, parmi deux cent candidats, sous sa nouvelle désignation non plus un volant Elf mais un titre de ‘Pilote Elf’, félicité par Ken Tyrell, Jackie Stewart et François Cevert.

En 1973, le Critérium de Formule Renault disparait. René Arnoux remporte le Challenge européen de Formule Renault à égalité de points avec Patrick Tambay. En 1974, Didier Pironi lui succède après avoir remporté 7 victoires.

Le format s’exporte dans toute l’Europe et la Formule Renault s’impose comme l’un des passages obligés dans la pyramide du sport automobile. D’abord propulsée par les pétroliers qui financent des écuries dans la lignée de leur ‘volants’, la catégorie a su évoluer au fil des années pour rester incontournable dans le paysage des championnats nationaux et européen.

La motorisation a elle aussi évoluée au gré des voitures sportives de la marque.
En 1982, c’est une vraie révolution pour la catégorie. Exit le moteur atmosphérique dérivé de la Renault R12 Gordini et bienvenue au moteur de la Renault 18 Turbo. Ce moteur a suscité de nombreuses polémiques car les rumeurs de manipulation de la pression du turbo seront présente tout au long de la saison !

La Formule Renault a ouvert la porte du haut niveau à de nombreux pilotes comme Alain Prost, René Arnoux, Jean Alesi, Olivier Panis, Fernando Alonso, Kimi Raikonnen, Sébastian Vettel ou Lewis Hamilton.

En 2000, la Formule Renault connaît un tournant en adoptant un règlement monotype, des coques en carbone et des boîtes de vitesses séquentielles. Dès son introduction, la Formule Renault 2000 est adoptée par plusieurs championnats nationaux et régionaux. La création des World Series by Renault en 2005 offre un formidable écrin à la Formule Renault, désormais filière de la Formule Renault 3.5, alors tremplin vers la F1 et les disciplines professionnelles. Les grilles affichent alors jusqu’à quarante monoplaces au départ des courses.

Toujours pertinente, la Formule Renault s’est adaptée dès 2016 à la nouvelle hiérarchie au sein de la pyramide d’accès à la F1, sans jamais voir son succès être démenti. Idéalement située entre le karting, la F4 et la F3, la Formule Renault retrouve un moteur turbo dès 2019 pour continuer de former les champions de demain à travers un univers concurrentiel extrêmement relevé.

Pour la saison 2021, la FIA a annoncé que les championnats de Formule Europe Régionale et l’Eurocup Formule Renault fusionneront pour constituer en 2021 une inédite ‘Formule Alpine’ dans la logique du remplacement de Renault F1 Team par Alpine F1 Team. Alpine devient le fer de lance de la compétition pour le Groupe Renault. La boucle est bouclée.

Classics Days,

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