Dakar motos : La saga KTM, suite ou fin ?

Gagnante des 18 dernières éditions, la firme KTM se présente notamment avec un trio composé des anciens vainqueurs Toby Price (2019, 2016), Matthias Walkner (2018) et Sam Sunderland (2017), prêts à prolonger la série victorieuse de leur marque. Les scénarios bousculés des dernières éditions autorisent toutefois les rivaux à se positionner avec appétit, qu’il s’agisse de Barreda, Brabec et Benavides chez Honda ou encore des Yamaha de Van Beveren, De Soultrait et Caimi. La grande majorité des 147 pilotes engagés sera tenue à l’écart de la bataille du podium et cherchera surtout à boucler le parcours saoudien dans son intégralité. Les 40 inscrits en ‘Original by Motul’ auront, quant à eux, la difficulté supplémentaire de s’occuper eux-mêmes de l’entretien de leurs motos.

L’histoire du sport est faite de cycles qui marquent des époques : la domination du Real Madrid des années 50 en foot, des McLaren en F1 au cœur des années 80, des sœurs Williams sur le tennis mondial à l’entrée dans le XXème siècle ou de Mohamed Ali sur les rings des ‘sixties’, ont toutes connu une fin. En rallye raid, l’emprise de KTM sur la plus prestigieuse des épreuves a débuté en 2001 et se prolonge sans aucun accroc, au grand dam de rivaux de plus en plus performants et souvent stoppés dans leur conquête par des coups du sort. Le scénario de la dernière édition relève même du cas d’école, Toby Price ayant pour l’essentiel traversé son Dakar dans la discrétion et la souffrance avant de s’imposer dans le week-end final. La veille de l’arrivée, il était même talonné pour le titre par la Husqvarna de Pablo Quintanilla, dont les espoirs ont été douchés par une fracture à une centaine de kilomètres du but. Et à l’heure des comptes, c’est un podium 100% KTM qui se dessinait contre toute attente, l’Australien étant suivi de ses deux prédécesseurs au palmarès, Matthias Walkner et Sam Sunderland ! Logiquement, les trois champions en question, même gênés en cours de saison par des blessures à soigner, se présenteront avec la faveur des pronostics au départ de Jeddah. Parmi eux, le Britannique affiche la meilleure régularité sur l’exercice, récompensée par son premier titre de champion du monde de la discipline. Mais les cartes seront certainement rebattues pendant le périple dans le désert saoudien.

Face à la force de frappe de l’armada autrichienne, la concurrence n’a jamais cédé au fatalisme. En janvier dernier, les pilotes Honda se sont montrés les plus menaçants, avec Joan Barreda en tête du rallye dans un premier temps, relayé par Ricky Brabec, les deux ayant finalement abandonné, laissant leur collègue argentin Kevin Benavides porter les couleurs de l’équipe dans les hauteurs du classement, finalement en 5ème position. Chez Yamaha, le parcours d’Adrien Van Beveren portait la marque de la cohérence et de la régularité, avant de quitter lui aussi prématurément la course avec un moteur cassé. Son coéquipier Xavier de Soultrait, 7ème du classement final, l’accompagnera à nouveau pour tenter de faire vaciller les KTM, tout comme Franco Caimi, le mieux classé de la bande au récent rallye du Maroc (9e).

Le dernier rendez-vous de la coupe du monde n’a pas nécessairement une valeur prédictive absolue, mais un rapide examen comparé des palmarès peut donner de réels encouragements aux contradicteurs des KTM. En effet, à quatre reprises sur les cinq dernières éditions, les vainqueurs du rallye du Maroc se sont imposés trois mois plus tard sur le Dakar. Voilà qui pose l’Américain Andrew Short, l’une des révélations du Dakar 2019 (6ème), comme un nouveau prétendant au titre avec son coéquipier chez Husqvarna ‘Quintafondo’, qui le suivait immédiatement au Maroc. Également candidates au podium, les écuries Sherco et Hero compteront sur leurs deux recrues de haut rang capables de bousculer les pilotes de tête, respectivement Johnny Aubert (6ème en 2018) et Paulo Gonçalves (2ème en 2015).

‘Original by Motul’ : le feuilleton de la rentrée
La saveur de ce mode de vie sur le Dakar, c’est d’accepter l’épreuve dans toute sa difficulté et de partager l’aventure avec ses ‘frères d’armes’. Pour autant, les pilotes de la catégorie ‘Original by Motul’ n’en sont pas moins des compétiteurs… ceux qui sont en mesure de viser le titre en font clairement un objectif assumé. Edwin Straver, le vainqueur hollandais de 2019, aura ainsi à contenir les ambitions de Benjamin Melot, nouveau venu dans ce petit coin de bivouac et sérieux prétendant avec une 21ème place sur son CV. L’ancien mécano de Cyril Despres se retrouvera certainement à la lutte avec le Roumain Emanuel Gyenes (14ème en 2016, 23ème en 2018) ou encore avec Arnold Brucy, 2ème de la catégorie l’année dernière. Surtout, les péripéties de ces 40 aventuriers à la dure pourront aussi prendre l’allure de feuilletons où les peines et les joies se succèdent à vitesse grand V. Le couple de Javier Vega et Sara Garcia connaîtra-t-il une happy end à l’espagnole en terre saoudienne ? Frédéric Barlerin sèchera-t-il définitivement à Qiddiya les larmes qu’il n’avait pu retenir l’année dernière devant les caméras ? À suivre du 5 au 17 janvier…

Photos : Sur la plage en Amérique du Sud © ASO

Têtes de : Toby Price (© ASO), Sam Sunderland (© Red Bull), Joan Barreda (© ASO), Adrien Van Beveren (© ASO) et Arnold Brucy (© MFE).

 

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