Porsche/Vincent Beltoise: Qui es-tu belle inconnue ?

Vincent Beltoise © DR

Trois saisons que Vincent Beltoise et sa Porsche #7 du Team SAINTéLOC font équipe. 3 saisons de totale complicité comme au Mans, il y a 15 jours, où Vincent démontrait de nouveau sa parfaite connaissance de ‘SA’ Porsche 911 Cup. Emmené sur le bas-côté, l’Alésien évitait, sur le fil, le contact mais restait en lice pour les accessits. Du grand art…

 

Alors que s’est-il donc passé ce week-end à Dijon, Vincent palabrant avec une inconnue aussi belle que rebelle ? Ou fait simplement exceptionnel : la mayonnaise n’a pas prise ?

En tout cas, ce meeting bourguignon a le goût du seul joker concevable dans ce championnat hyper disputé. Vincent et son team SAINTéLOC ont plusieurs semaines avant la rentrée pour dénicher le pourquoi de ce meeting en demi-teinte. Les vacances seront donc studieuses.

Le meeting du Mans avait engendré de gros espoirs : Vincent Beltoise avait démontré sa pointe vitesse en qualifications, confirmé sa maîtrise dans les phases de départ, sa solidité en course.

Sa position sur le podium provisoire du championnat venait renforcer encore la motivation de l’Alésien qui se voyait bien affirmer encore plus son ambition en Bourgogne. Sur ce circuit de Dijon-Prenois qu’il apprécie tout particulièrement, le pilote ingénieur est resté dans le premier tiers des grilles de chrono. Pas « largué » mais suffisamment à distance pour ne pas pouvoir contester aux leaders successifs leur position.

Déçu le pilote de la Porsche du team SAINTéLOC explique : « Une inconnue… Pour l’instant, je n’ai pas trouvé l’explication à ce meeting qui me laisse sur ma faim. Difficile d’expliquer mes sensations, comme à son habitude, le team n’a pas ménagé ses efforts pour progresser, mais malheureusement nous ne sommes jamais tombé dans la bonne target, ma voiture avait un comportement… bizarre.

« Même en la prenant avec des pincettes, en imaginant quelles pourraient être ses réactions elle me surprenait. Impossible de savoir où elle irait c’était un peu de la roulette russe, comme si je devais la dompter. »

Evidement les conditions météos changeantes et une température extérieure ont joué un rôle. Mais comment ne pas comparer les 3 jours de ce meeting avec la séance d’essais effectuée ici même il y a quelques semaines.

Les conditions n’étaient pas strictement identiques mais suffisamment similaires pour qu’un comparatif soit dressé et que les différences sautent aux yeux. « Lorsque j’accélérais la voiture se cabrait, mais aussitôt que je relâchais les gaz, l’arrière patinait. J’ai fait entre 80 et 100 tours ce week-end sans trouver la solution.

A aucun moment lors des essais privés de mars dernier je n’ai rencontré ce comportement.

Mes qualifs ont été propres, mais lorsque l’on part avec des réglages agressifs pour exploiter le ‘jus’ des pneus sur un seul tour, il est impératif d’avoir confiance dans sa voiture, d’être sûr d’avoir sa maîtrise.

Moi tout de suite dans le premier secteur je me fais surprendre… Donc forcément le reste du parcours je suis sur la réserve.

Course 1. Samedi 1er juillet
Lors de la qualification, les procédures de full Yellow, de drapeaux rouges ou les averses se sont ajoutées aux difficultés rencontrés par Vincent Beltoise au volant de sa Porsche 911 Cup.

Parvenir dans ces conditions à se hisser au 4ème rang de la grille, devant son équipier a été particulièrement difficile.

Fidèle à sa réputation, Vincent s’est mis parfaitement en mouvement au départ sans parvenir toutefois à grimper dans la hiérarchie. Il faut dire qu’une averse était venue détremper le circuit juste avant l’extinction des feux obligeant le recours aux pneus pluie.

D’ailleurs, plusieurs concurrents ont fait les frais de cette piste piégeuse : la direction de course a décidé de neutraliser l’épreuve avec le Safety Car pour remorquer une voiture concurrente bloquée dans le bac au premier virage.

Le team SAINTéLOC a sauté sur l’occasion de cette neutralisation pour rappeler Vincent aux stands afin de chausser des pneus slicks plus adaptés à la trajectoire s’asséchant. Une stratégie gagnante puisqu’à la relance le pilote-ingénieur est compté 7e et a progressé rapidement vers le haut du classement pour venir coller au groupe de tête : à mi-course, le Gardois est compté 5e juste avant l’intervention d’un second Safety Car.

Lorsque cette voiture de sécurité a libéré la piste, il ne restait plus que 8 minutes de course mais la Porsche #7 a été prise dans un peloton dans lequel on a retrouvé la voiture sœur du team SAINTéLOC qui a dû concéder un tour.

L’échange de positions au milieu de ce groupe en bagarre a été laborieux et a profité dans un premier temps à Alessio Rovera avant que Vincent ne reprenne l’avantage pour franchir la ligne d’arrivée, 4ème, au pied du podium.

Course 2. Dimanche 2 juillet
Dimanche matin, sur une piste fraîche présentant quelques traces d’humidité, les concurrents de la Porsche Carrera Cup se sont élancés à l’assaut du chrono.

Cet exercice a été une nouvelle fois difficile pour Vincent Beltoise qui n’a pu réaliser que le 6ème temps mais en restant dans la même seconde que le temps de la pole position. Il a devancé une nouvelle fois son compagnon du team SAINTéLOC.

Au départ, le Gardois a été comme toujours tranchant et s’infiltre dans le premier virage en 5e position soit une place de gagnée, celle de son duelliste de la veille Alessio Rovera. Si pendant les premiers tours de course, Vincent est arrivé à donner le change aux leaders, petit à petit, il a concédé du terrain et est retombé sous la menace de Rovera qui a porté son attaque à 23 minutes du drapeau à damier. Désormais esseulée en piste, la Porsche #7 a coupé la ligne d’arrivée en 6e position.

La réaction de Vincent après le meeting de Dijon : « J’arrive à limiter les dégâts ce week-end avec des conséquences au classement du Championnat puisque je perds ma place sur le podium provisoire pour un point.

« Je suis en somme assez déçu d’être un peu désarmé pour pouvoir défendre mes chances en piste.

« Ce qui est le plus frustrant c’est de savoir que nous pouvons être performants mais qu’au soir de ce 3e meeting de la saison, j’ai l’impression que nous sommes passés à côté.

« Personne dans l’équipe, ni même mon jeune équipier Enzo, ne se satisfait de ce manque de performance. Il faut retrouver de la facilité de pilotage pour aller inquiéter les leaders dès la rentrée !

« Un gros travail est à mener sur l’exploitation des datas pour identifier les axes de progrès et ne pas retomber dans ce piège lors de la seconde partie de saison. »

Tanguy Buisson – Quart de Tour,

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