06h30 : Réveil au milieu de nulle part. Pas d’alarme officielle. Juste la lumière qui grimpe doucement sur le désert. Les visages sont marqués, les corps un peu raides. Mais la fierté est là : ils ont dormi en autonomie, seuls face à l’immensité.
07h15 : Café improvisé, biscuits sableux et démontage express du bivouac sauvage. On efface les traces, on vérifie les niveaux, on resserre un boulon par précaution. Aujourd’hui, il faut aller au bout du Marathon.
08h30 : Les premiers redémarrent. Toujours pas de balisage, toujours pas d’assistance. Même poussière, même concentration. Mais dans les têtes, une idée commence à s’installer : ce soir, on retrouve Marrakech.
10h00 : Les pistes s’enchaînent une dernière fois. Moins de plantages qu’hier. Les leçons ont porté leurs fruits. Les trajectoires sont plus propres, les passages plus fluides. Le Marathon a fait progresser tout le monde.
11h30 : Retour progressif vers des zones plus roulantes. Le désert s’éloigne doucement. Les conversations changent : “Tu te rends compte qu’on a dormi là, hier ?” La bulle commence déjà à paraître irréelle.
13h00 : Pause rapide. On termine les réserves. Certains sourient, d’autres sont déjà nostalgiques. Le Marathon, c’était dur. Mais c’était pur.
15h30 : Les routes se font plus larges. Plus lisses. Le bitume revient sous les pneus. Sensation étrange après deux jours d’autonomie totale. On quitte le désert… sans trop savoir si on en a envie.
17h30 : Les premiers trophistes arrivent au circuit de Marrakech. Et là, changement d’ambiance radical. Des cris. Des pancartes. Des klaxons. Familles et amis sont là, transformés en véritables fan clubs. Ils n’ont rien à envier aux supporters des plus grands clubs sportifs.
18h00 : Les arrivées se font au compte-gouttes. À chaque 4L qui passe l’arche, une explosion d’émotion. Des embrassades. Des larmes. Des rires. Certains n’ont jamais été autant applaudis de leur vie.
19h00 : Le contraste est saisissant. Hier encore, seuls au milieu du désert. Ce soir, portés par une foule. La fin du Marathon marque aussi la fin d’une bulle hors du temps.
20h30 : Les 4L se garent une dernière fois pour souffler. Les trophistes retrouvent un vrai lit, une vraie douche, du réseau. Repos mérité après l’épreuve la plus intense du raid.
22h00 : Calme relatif avant la tempête. Ce soir, récupération. Demain, place à la grande fiesta… et à la remise des prix.
Le Marathon est terminé. Le désert derrière eux. Mais l’émotion, elle, ne fait que commencer.
