Sous les ordres de Mark Cavendish, Starter officiel de cette édition 2026, les 62 voitures engagées ont pris le départ pour 24 heures de course. Troisième manche du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, la 94e édition des 24 Heures du Mans est lancée. Rendez-vous ce dimanche 14 juin à 16 heures pour connaître le vainqueur d’une course qui s’annonce plus ouverte que jamais.
René Rast et BMW se démarquent
Alors que la voiture de sécurité s’efface, Will Stevens, sur la Cadillac V-Series.R #12 Hertz Team Jota, s’envole parfaitement. Il dépasse la BMW M Hybrid V8 #15 BMW M Team WRT et pointe en tête après les premiers virages. La BMW #20, aux mains de René Rast, double également la voiture sœur. Rast, alors deuxième, chasse la Cadillac dans les Hunaudières. Les deux pilotes attaquent, mais ce ne sont là que les premiers tours ; une erreur maintenant coûterait très cher. Rast, ambitieux, voit l’ouverture, et en profite pour prendre la tête de course. l’Allemand ne fait plus qu’un avec son prototype, il paraît facile, fluide, même dans les secteurs les plus décisifs où il est susceptible de rencontrer du trafic. En plus de cent ans d’histoire, Le Mans a permis à certains pilotes de s’élever ; au tour de René Rast, qui illumine l’entame de la plus grande course d’endurance du monde. Au bout de dix tours seulement, la BMW #20 compte près de dix secondes d’avance sur l’américaine.
La BMW #15, tombée troisième, est désormais sous le coup d’une attaque incisive de Ferdinand Habsburg, sur l’Alpine A424 #35 Alpine Endurance Team. L’Autrichien fait la différence à Indianapolis. Quelques tours plus tard, c’est au tour de la Cadillac #101 Wayne Taylor Racing de doubler la BMW #15, peut-être sur une autre stratégie que la #20, toujours en tête. Derrière, le spectacle n’est pas moins beau. Earl Bamber, sur la Cadillac #38, par deux fois vainqueur au Mans, met à profit son expérience des moments chauds pour se faufiler dans le trafic Hypercar. Il prend le meilleur sur les deux Ferrari 499P Ferrari-AF Corse, qui sont très occupées à se battre entre elles. La frénésie du départ se fond peu à peu en recherche d’une vitesse plus soignée, en phase avec l’essence de l’endurance.
Les Japonais font rentrer la TR010 #7 au bout de huit tours seulement, suivie par la #8 deux tours après. Un décalage qui permettra, peut-être, d’éviter un trafic trop encombrant. L’écurie victorieuse à cinq reprises en Sarthe connaît parfaitement les subtilités de l’endurance. Doubler des LMP2 et des LMGT3 prend du temps, et fait souvent prendre des risques aux pilotes. Ainsi, Sébastien Buemi, sur la #8, et Mike Conway, sur la #7, peuvent exploiter le potentiel de leur voiture un peu plus sereinement. D’ailleurs, cette stratégie paye, puisque Sébastien Buemi est l’homme le plus rapide en piste peu après ce choix décisif. La Toyota TR010 #8 se retrouve donc au sommet du classement peu avant 17 heures, sans être gênée comme certaines de ses rivales.
Remontée de Duqueine Team en LMP2, IDEC Sport très solide
Surprise au départ de la catégorie LMP2 : Job van Uitert, sur l’Oreca 07 – Gibson #28 IDEC Sport, s’illustre alors que l’Hyperpoleman Esteban Masson (Oreca #29 Forestier Racing by Panis) connaît une entame un peu plus délicate. Comme d’habitude, dans les premières minutes, les écarts sont très resserrés dans cette catégorie monotype. À noter l’excellent début d’épreuve de Julien Andlauer, sur l’Oreca #30 Duqueine Team, qui remonte le peloton à vue d’œil, jusqu’à arriver en première place au moment où l’Oreca #28 IDEC Sport rentre aux stands.
Lexus s’oppose à Aston Martin en LMGT3
L’Hyperpoleman Mattia Drudi, sur l’Aston Martin Vantage AMR LMGT3 #27, conserve sa place de leader après les premiers virages. Il imprime un rythme stupéfiant, et distance instantanément les deux Lexus RC F LMGT3 #87 et #78. Petite déconvenue pour Proton Competition, contraint de faire rentrer au stand sa Ford Mustang LMGT3 #88 pour réparer l’arrière afin que cela ne présente pas de danger pour les autres coureurs.
La course a également commencé pour les mécaniciens lors des premiers arrêts aux stands. Si pour la plupart des équipes, il s’agit d’un ravitaillement de routine, de plus amples réparations attendent les équipes Iron Lynx. Martin Berry, sur la Mercedes-AMG LMGT3 #61, parti en tête-à-queue au Tertre Rouge, est victime d’une crevaison.
La Lexus #78 occupe la première place à l’issue de la première heure de course au jeu des arrêts aux stands, mais tout reste à faire.
Top 5 du classement général à l’issue de la première heure de course :
1. Toyota GR010 Hybrid #8 Toyota Gazoo Racing – Sébastien Buemi / Brendon Hartley / Ryo Hirakawa – 16 tours
2. BMW M Hybrid V8 #20 BMW M Team WRT – Robin Frijns / Rene Rast / Sheldon van der Linde – 6 »388
3. Alpine A424 #35 Alpine Endurance Team – António Félix Da Costa / Charles Milesi / Ferdinand Habsburg – + 9 »424
4. Cadillac V-Series.R #38 Cadillac Hertz Team JOTA – Sébastien Bourdais / Earl Bamber / Jack Aitken – + 10 »115
5. Toyota GR010 Hybrid #7 Toyota Gazoo Racing – Mike Conway / Kamui Kobayashi / Nyck de Vries – 10″883
Les leaders des autres catégories :
LMP2 : Oreca 07-Gibson #28 IDEC Sport – Paul Lafargue / Valerio Rinicella / Job Van Uitert – 16 tours
LMGT3 : Lexus RC F LMGT3 #78 Akkodis ASP Team – Tom Van Rompuy / Hadrien David / Jack Hawksworth – 15 tours
Devant des tribunes combles et un public venu une nouvelle fois en nombre, les concurrents se sont élancés pour deux tours d’horloge. Dix-huit Hypercars, dix-neuf LMP2 et vingt-cinq LMGT3 sont désormais en piste, avec un même objectif : franchir la ligne d’arrivée dimanche à 16 heures.
La tension avait gagné le circuit bien avant le départ. Dès le début de l’après-midi, les voitures ont rejoint la grille sous les yeux des spectateurs, des invités et de nombreuses personnalités réunies au cœur de l’événement. Le Trophée des 24 Heures du Mans a été présenté avant que Sarah Bovy, Grand Marshal de cette édition, ne conduise le peloton lors de son ultime tour de formation.
Cette cérémonie de départ a conclu une semaine durant laquelle Le Mans a pleinement retrouvé son statut de capitale mondiale de l’automobile. Du Pesage en centre-ville aux premières séances en piste, la ferveur populaire n’a cessé de monter jusqu’à cet instant attendu par tous.
Les 24 Heures du Mans restent également tournées vers les défis de demain. Après les annonces concernant l’intégration de l’hydrogène dans la catégorie Hypercar 2030, faites la veille lors de la conférence de l’ACO, une démonstration de prototypes s’est déroulée ce samedi à quelques heures du départ, témoignant des recherches menées par les constructeurs, l’ACO et la FIA sur cette thématique. Trois prototypes étaient en piste. L’Alpenglow d’Alpine, la Ligier Bosch JS2 RH2, toutes deux en hydrogène gazeux, et la Toyota TR LH2 Racing Prototype, en hydrogène liquide. Le président de la FIA, son excellence Mohammed Ben Sulayem s’est rendu à Maison Blanche, base de ce roulage, pour assister au futur de la compétition zéro émission de CO2.
Dans les trois catégories, les voitures utilisent par ailleurs l’Excellium Racing 100, carburant 100 % renouvelable développé par TotalEnergies.
Après des essais et des qualifications particulièrement disputés, aucune hiérarchie ne semble définitivement établie. Constructeurs, équipes et pilotes entrent désormais dans une autre dimension, celle d’une course où la vitesse ne suffit pas et où chaque décision peut peser sur le résultat final.
La 94è édition des 24 Heures du Mans est lancée. Le verdict tombera dimanche 14 juin, aux alentours de 16 heures.
