GP de France Historique F1 au Paul Ricard : Isack Hadjar et Estéban Ocon en vedettes !

Isack Hadjar et Esteban Ocon figuraient ce samedi parmi les personnalités les plus en vue du KENNOL Grand Prix de France Historique, disputé à guichets fermés sur le circuit Paul Ricard. Les deux pilotes se sont livrés à une belle passe d’armes au volant de Formule 1 iconiques, sur une piste qu’ils partageaient avec une douzaine d’autres pilotes de renom, parmi lesquels Alain Prost, Jean Alesi, Olivier Panis ou encore René Arnoux. Demain, Pierre Gasly et d’autres assureront la relève.

– Isack Hadjar et Esteban Ocon font le show
– Alain et Nicolas Prost en piste
– Une journée à guichet fermé

Quel autre Grand Prix permet à chaque spectateur d’arpenter librement le paddock, à la rencontre de ses idoles ? Des idoles de toutes les générations : d’Alain Prost, figure emblématique des boomers, à Isack Hadjar et Esteban Ocon, héros de la génération Z, en passant par Jean Alesi, référence des millennials. Le KENNOL Grand Prix de France Historique offre tout cela, et bien davantage.

Sur les 14 pilotes de Formule 1 présents ce week-end, 11 sont montés au moins une fois sur la plus haute marche d’un podium, pour un total cumulé de… 121 victoires. À lui seul, Alain Prost en compte 51. Le quadruple champion du monde a retrouvé cet après-midi le volant de sa McLaren MP4/3 de 1987, un monstre dont le V6 TAG Porsche biturbo pouvait développer plus de 1 000 ch en configuration qualifications.

Au-delà des chiffres, c’est surtout la transmission et l’émotion qui animent le KENNOL Grand Prix de France Historique. La transmission d’une mémoire, convoquée par la présence de Jacques Villeneuve, Mathias Lauda et Loïc Depailler, installés au volant des Ferrari 312 T et T5, ainsi que de la Tyrrell P34 que pilotaient nagère leurs pères Gilles, Niki et Patrick. L’émotion d’écouter rugir les V12 et V8, ceux des Ferrari et Red Bull pilotées par Isack Hadjar et Esteban Ocon, en bagarre sur la piste – presque – comme dans un ‘vrai’ Grand Prix.

Non, les chiffres ne disent pas tout. Certaines victoires, uniques dans une carrière, sont devenues mythiques. Demandez à Olivier Panis. Lorsqu’il est apparu en combinaison bleue à liserés jaunes, celle qu’il portait lors de sa victoire à Monaco en 1996, un frisson collectif a parcouru les tribunes du circuit Paul Ricard. Le 30è anniversaire de cet exploit sert ce week-end de fil conducteur à une exposition immersive, hommage à toute l’aventure Ligier. Une rétrospective réunissant huit voitures, une multitude d’objets, mais surtout des femmes et des hommes qui ont contribué à cette épopée : Michel Beaujon, concepteur des plus glorieuses « JS » des années 1970 et 1980, Philippe Alliot, pilote chez les Bleus en 1986 et 1990, ou encore Philippe Ligier, fils de Guy.

Au-delà des pilotes, c’est tout l’écosystème de la Formule 1 qui a répondu présent à l’appel du KENNOL Grand Prix de France Historique. L’animateur Julien Fébreau, entre deux plateaux pour Canal+, a ainsi pris le volant d’une Benetton de 1998. En piste, il retrouvait notamment l’un de ses consultants préférés, Franck Montagny, engagé sur une Ensign de 1981.

Sur la grille de départ du Fast and Famous figuraient également Laurent Mekies et Alan Permane, respectivement directeurs de Red Bull Racing et de Racing Bulls. Frédéric Vasseur, directeur de la Scuderia Ferrari, et Stefano Domenicali, président de la Formule 1, avaient quant à eux pris place dans la leading car : un sport-prototype Ferrari P4, l’un des trois exemplaires produits à l’époque, précisément le châssis classé 2e à Daytona, 3e au Mans et vainqueur à Monza en 1967.

Car la F1 n’est pas la seule discipline couverte par le KENNOL Grand Prix de France Historique. Pilote professionnel dont les vidéos cartonnent auprès des jeunes sur les réseaux sociaux, Dorian Boccolacci a remporté la première course de F3 Classic au volant d’une Ralt de 1984 qu’il découvrait. L’Endurance n’est pas en reste : Jan Mardenborough, pilote au parcours singulier popularisé par le film Gran Turismo, a pris la 3e place de la première manche du Masters Groupe C au volant d’une Spice SE89 de 1989, deux places devant le comédien Stéphane De Groodt, lui aussi engagé sur une Spice SE89. Les courses, au nombre de douze ce week-end, se poursuivent ce soir jusqu’à 22 heures. Un feu d’artifice sera tiré à la fin de la course de Masters Endurance Legends.

Les festivités se termineront demain avec la venue de nouvelles personnalités, parmi lesquelles Pierre Gasly, David Coulthard, Mika Häkkinen et Mark Webber. L’organisation recommande aux spectateurs d’arriver tôt, de préférence avant 9 heures. Pour ceux qui ne pourront assister à l’édition 2026, l’ensemble des courses et démonstrations sera retransmis en direct sur la chaîne YouTube du KENNOL Grand Prix de France Historique.

ILS ONT DIT…
Esteban Ocon, en démonstration dans une Formule 1 Ferrari 412 T2 de 1995 : « En l’absence de Grand Prix de France, c’est vraiment super d’avoir cet événement grandiose. Il prouve que nous sommes toujours une grande nation du sport automobile. Je suis super heureux d’être ici, avec tous les passionnés. Cet après-midi, j’ai roulé pour la première fois de ma vie dans une F1 historique, la Ferrari avec laquelle Jean Alesi avait remporté le Grand Prix du Canada en 1995. Je me sens très privilégié. Ce moment dingue restera gravé pour toujours dans ma mémoire. Nous étions censés rouler un peu plus doucement que ce que nous avons fait. Jacques Villeneuve a commencé par dépasser la leading car de Fred Vasseur dans le premier tour, alors je l’ai suivi. Puis je me suis un peu battu avec Isack (Hadjar) dans la Red Bull. C’était fun. »

Isack Hadjar, en démonstration dans une Formule 1 Red Bull RB7 de 2011 : « C’était trop bien ! Je roulais juste pour le plaisir et cela faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. La voiture n’était pas réglée idéalement, mais j’ai pu la pousser comme il le fallait. Je me suis bien amusé avec Esteban (Ocon). C’est très différent à piloter des F1 actuelles. Ça manque d’appui, mais c’est léger, donc très nerveux et très puissant au freinage. Et puis, le V8 fait un très beau bruit, mais il génère beaucoup de vibrations. Partager la piste avec Alain Prost fut un immense privilège car, pour moi, il reste le plus grand. Une prochaine fois, j’aimerais essayer la F1 de Michael (Schumacher) en 2004 (Ferrari F2004) ou celle d’Ayrton (Senna) en 1988 (McLaren MP4/4). L’événement est vraiment top. On m’avait prévenu, mais j’ai quand même été surpris par le nombre de spectateurs. Les pilotes sont proches des fans, ce n’est pas aseptisé comme sur les Grands Prix d’aujourd’hui. »

Alain Prost, en démonstration dans une Formule 1 McLaren MP4/3 de 1987 : « C’est émouvant de voir Nicolas (son fils) dans ma voiture de 1991, préparée par mon ingénieur de l’époque. Il m’a dépassé dès le deuxième tour, dans la ligne droite des stands. Moi, je roule doucement. Je respecte beaucoup ces voitures et je m’en voudrais terriblement d’en abîmer une. Les mécaniciens travaillent énormément pour les maintenir en état de fonctionnement, et je respecte profondément cela. La vitesse ne me manque pas. Ma seule frustration aujourd’hui, c’est de ne pas avoir pu contenter tous les spectateurs. J’ai fait mon maximum, mais ils étaient très nombreux. Cet événement rassemble trois générations de passionnés. Il y a beaucoup d’enfants, et je peux voir dans leurs yeux qu’ils ne viennent sous la contrainte de leurs parents. C’est beau, car il n’y a rien de mieux dans la vie que d’avoir une passion. »

Loïc Depailler, en démonstration dans une Formule 1 Tyrrell P34 de 1976 : « J’ai des photos de moi, haut comme trois pommes, assis dans cette voiture peu après sa présentation à Clermont-Ferrand. C’est ma madeleine de Proust. Je l’ai eue en miniature, dans toutes les tailles possibles. Je l’ai même eue en voiture à pédales. Aujourd’hui, j’ai piloté la vraie ! C’est une pièce de musée, qui sort directement de la collection personnelle de Jody Scheckter, équipier de mon père en 1976. C’est une licorne. Ce n’est pas la voiture la plus communicative qu’il m’ait été donné de piloter. Avec les petites roues, la direction est ultralégère. Dans les virages serrés, les pneus ripent sur le bitume, un peu comme en karting. Depuis le cockpit, on ne voit pas les roues avant. Il y a juste deux petites meurtrières en plexiglas qui permettent de savoir quelle roue se bloque quand on freine trop fort. J’aimerais la re‑piloter, encore et encore ! »

Frédéric Vasseur, en démonstration dans une Ferrari P4 de 1967 : « S’il ne remplace pas le Grand Prix de France, ce pendant historique nous permet de garder le contact avec le monde de la F1 et ses acteurs. Pour ma part, je prends plaisir à revoir des monoplaces de F3 que je faisais courir il y a bien longtemps, dans une autre vie avec Art Grand Prix. Je croise des gens que je n’avais pas vus depuis 20 ans, quand nous avions plus de cheveux sur la tête. »

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