Dakar Sébastien Loeb : « Un sprint à la régulière dans lequel on ne lâche rien »

Le plus grand pilote de rallye de tous les temps a adopté en 2016 un profil modeste qui correspond à son tempérament discret et réservé pour aborder le défi du Dakar. Mais une fois embarqué dans sa Peugeot 2008 DKR pour ses premiers tours de roues, son coup de volant a fait des ravages. La question s’est même rapidement posée de savoir s’il parviendrait à s’imposer à sa première participation, comme l’avait fait Ari Vatanen en 1987. Mais l’Alsacien est parti à la faute, puis a connu les années suivantes des erreurs de navigation rédhibitoires, la blessure de son copilote, des casses mécaniques qui font voler en éclats les projets de victoire… bref, une panoplie bien complète des pépins qui peuvent perturber les prétendants au titre sur le Dakar. Pour autant, le nonuple champion du monde n’a jamais abdiqué et a repris du service après la fin de l’aventure Peugeot.

D’abord en 2019 au volant d’une 3008, engagée cette fois-ci par PH Sport, avec laquelle il a signé un 2e podium final sur le Dakar (3ème). Puis en 2021, il a été séduit par l’ambitieux projet de l’équipe Bahrain Raid Xtreme, qui s’appuie sur la structure ProDrive largement titrée en WRC. C’est au volant du Hunter qu’on lui a confié que Loeb est devenu le contradicteur le plus sérieux et le plus régulier de Nasser Al Attiyah, qu’il a immédiatement suivi au classement général des deux dernières éditions du Dakar et avec qui il bataillé tout au long des deux premières saisons du W2RC. L’Alsacien a mis la manière dans le rôle de chasseur qu’il a tenu pendant les deux derniers mois de janvier, en particulier en 2023 puisque dans sa course poursuite, il a réussi à s’imposer sur sept étapes, dont six consécutivement, ce qui ne laisse plus de doutes sur la capacité du duo qu’il forme avec Fabian Lurquin à rester performant y compris lorsqu’il s’agit d’ouvrir la piste.

S’il n’a pas exactement bataillé au même niveau que l’année dernière sur les différentes manches du W2RC avec son grand rival, il reste que le duel se profile à nouveau, d’autant plus que le jeu des transferts à conduit Al Attiyah à changer d’écurie. Les deux favoris lutteront cette fois-ci à armes égales, et l’un comme l’autre s’accommodent assez mal de la position de dauphin. La victoire sur le Dakar, c’est le titre qui manque à la collection de Loeb. Voilà qui promet.

« Je retiens quand même du dernier Dakar que cette deuxième place est motivante pour la suite parce qu’on était bien dans le coup. Maintenant, il faut réussir à tout mettre bout à bout pour s’imposer. Il est certain que c’est très dur de battre Nasser Al Attiyah et Mathieu Baumel, ils ne font quasiment pas d’erreurs. Pour y arriver, il faudrait qu’ils aient quelques petits problèmes. Le pire c’est qu’il garde toujours une marge, je ne sais pas ce que ce serait s’il était à l’attaque maximale. Avec l’évolution des voitures qui sont de plus en plus solides et performantes, un peut passer quasiment partout à très grande vitesse, on ne se plante plus dans les dunes, et la course est devenue un très long sprint à la régulière, dans lequel il ne faut rien lâcher. On a finalement très peu d’options pour calmer le jeu est essayer de gérer.
« Maintenant nous aurons la même voiture mais je ne suis pas certain que cela change grand-chose à notre rivalité. Nous aurons les mêmes avantages et les mêmes inconvénients. Je sais qu’il aime bien le Hunter et il sera donc très rapide. Et Nasser est celui qui est le plus capable d’aligner les spéciales et de maintenir un niveau constant. Mais nous aurons aussi beaucoup de concurrence chez Toyota et les Audi peuvent pourquoi pas être dans le match, d’autant plus qu’il y a aussi des jeunes qui arrivent avec de vraies ambitions. Il va y avoir du spectacle. »

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