Dakar Camions : Kamaz, façon forteresse

Depuis 1996, dix-huit titres sur vingt-deux ont été conquis par les camions Kamaz, qui ont par ailleurs monopolisé le podium en janvier dernier. Les quatre camions russes alignés au départ de Jeddah pour la 44ème édition seront pilotés par autant de prétendants à la victoire, qu’il s’agisse du vainqueur 2021 Dmitry Sotnikov ou du revenant Eduard Nikolaev, déjà couronné à quatre reprises.

Les grands favoris devront toutefois s’employer pour contenir les outsiders, qui se situent à la fois dans le clan tchèque avec Martin Macik ou Ales Loprais et chez les Néerlandais de Martin van den Brink ou Hans Stacey.

Vladimir Chagin est un patron d’équipe heureux, bien que son expression trahisse rarement ses émotions. Son seul souci consiste éventuellement à savoir comment conserver sa place au sommet dans les livres d’histoire de la catégorie camions, avec ses sept titres conquis entre 2000 et 2011. Pour le reste, les problèmes de management relèvent de la science-fiction chez Kamaz, sachant que la discipline collective s’impose comme la règle absolue dans la maison russe, et que les palmarès parlent d’eux-mêmes au moment d’effectuer sa sélection. Parmi les quatre pilotes en charge de représenter la marque au cheval argenté, trois figurent en bonne place au palmarès du Dakar : le tenant du titre Dmitry Sotnikov, benjamin de la bande du haut de ses 36 ans ; le vétéran Andrei Karginov dont les titres remontent à 2014 et 2020 ; le ‘petit Tsar’ Eduard Nikolaev de retour après sa quatrième victoire conquise en 2019. Le quatrième camion bleu a été confié à une autre valeur sûre, Anton Shibalov s’étant classé deuxième des deux dernières éditions du Dakar, après avoir connu toutes les marches du podium du Silk Way Rally. L’effectif évoluera sans doute au niveau des attentes de Chagin, qui a accordé à Sotnikov et Nikolaev la faveur de piloter la dernière version de sa machine à gagner, rebaptisée ‘K5’.

Pour autant, le podium 100 % russe photographié l’année dernière à Jeddah n’a pas étouffé l’ambition de tous ses rivaux, qui ont même pour beaucoup trouvé de nouvelles raisons de croire en leurs chances. C’est le cas de Martin Macik, qui a échoué à la 4ème place mais obtenu son meilleur classement en janvier dernier : le jeune homme de 32 ans incarne la tradition tchèque des camions sur le Dakar, et bénéficiera pour la première fois d’un allié au sein de l’équipe Big Shock Racing, avec Martin Soltys (10ème en 2021). L’héritage tchèque est aussi naturellement porté par Ales Loprais, neveu du sextuple vainqueur Karel Loprais, qui poursuit sa quête de succès en s’alignant pour la 15ème fois en tant que pilote. Un autre camion tchèque pourrait se mêler à la lutte pour le podium, cette fois-ci manœuvré par un pilote… chilien. C’est en effet le double vainqueur en quads Ignacio Casale qui, après une première expérience en camions achevée en 9ème position, portera les espoirs de Tatra Buggyra Racing.

La confrontation entre Russes et Tchèques a toutefois peu de chances d’éclipser les performances des Néerlandais, bien qu’ils aient un peu accusé le coup en 2021. Leur meilleur élément, Martin van den Brink (8ème) a rejoint le Team De Rooy de retour sur l’épreuve, et évoluera aux côtés de Janus van Kasteren ou de l’ancien vainqueur Hans Stacey. Les arguments sont déjà sérieux, en attendant le retour aux affaires du patron Gerard de Rooy, qui se réserve pour la grande sortie de la version ‘électrique’ du camion Iveco, programmée pour l’édition 2023. Dans le cadre du plan ‘Dakar Future’, les premières initiatives de la catégorie ont précisément été concoctées aux Pays-Bas, le Riwald Dakar Team mettant pour la 3ème année consécutive dans les mains de Gert Huzink un camion à motorisation hybride. Les perspectives d’avenir sont également la préoccupation de l’écurie historique Hino, présente sur le Dakar depuis le début des années 90 et dont le chef de file Teruhito Sugawara pilotera lui aussi un camion hybride. La vision est un peu plus lointaine mais déjà bien réelle pour l’écurie Gaussin, dont le H2 Racing Truck propulsé à l’hydrogène fera ses débuts sur une partie du parcours à titre expérimental.

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