Rallye du Maroc : L’édition record est partie

ROAD BOOK
Distances (km) : L1: 13 / Super Spéciale-Spéciale de Qualification : 11 / L2 : 13 – Total : 37
Super Spéciale pour les motos, Spéciale de Qualification pour les autos, malgré des noms différents, le premier chrono de la 21e édition du Rallye du Maroc était le même pour tous avec un objectif unique : déterminer les ordres de départ de l’étape 1 de demain afin que chacun soit d’entrée de jeu dans le wagon qui lui correspond. Au menu, après une mini liaison de 13 kilomètres, il s’agissait d’un sprint d’une dizaine de kilomètres sur des pistes caillouteuses avec des changements de direction sur la première partie avant d’arriver sur des pistes blanches et rapides.

EN PISTE
En moto RallyGP, c’est un peu comme si les team managers en charge des stratégies de course, eux-mêmes souvent anciens pilotes, avaient roulé la Super Spéciale. L’équipe Hero Motorsports a donné son maximum et place ses trois pilotes dans le top 5. Joaquim Rodrigues signe le meilleur temps devant Toby Price (Red Bull KTM Factory), deuxième au guidon de sa nouvelle machine, et de Ross Branch (Monster Energy Yamaha Rally), troisième. Honda a joué la tactique opposée en plaçant ses quatre pilotes de la 20ème à la 23ème position. Apparemment, le coefficient 4 appliqué au temps de ce premier chrono n’a pas été suffisant pour décourager les parieurs. Les autres équipes se placent entre ces deux wagons. On verra d’ici quelques jours quelle était la bonne stratégie, mais le jeu d’échec du jour a déjà fait parler autant dans le bivouac que sur les réseaux sociaux. En Rally2, c’est Bradley Cox, le fils du légendaire Alfie ex pilote officiel KTM qui s’impose à moto, devant le quad Yamaha du Tchèque Tomas Kubiena. En Enduro Cup Afriquia, c’est un autre quad Yamaha, celui de l’expérimenté Axel Dutrie (Drag’on) qui a été plus rapide que la moto du rookie marocain Amine Echiguer (OCP) (voir Radio Bivouac).

Chez les autos FIA, les dix premiers du jour ont eu l’opportunité de choisir leur ordre de départ de demain. Chez eux, personne n’a cherché à jouer placé. La victoire revient à Nasser Al-Attiyah (Toyota Gazoo Racing), devant son coéquipier Yazeed Al Rahji (Toyota Overdrive) et Mathieu Serradori (Century CR6 SRT). Le premier T3 est celui de Matthieu Margaillan (Can-Am Maverick X3), juste devant le T4 le plus rapide du jour du polonais Marek Goczal (BRP Can-Am Maverick XRS). En Open Auto, la victoire revient à Patrick Prot avec son Nissan RS13. En Open Camion, c’est Martin Macik (Iveco Powerstar) qui s’impose.

RADIO BIVOUAC
Si cette édition du Rallye du Maroc est celle du record d’engagés nationaux, il n’y en a qu’un seul en catégorie Enduro Cup Afriquia. Pour Amine Echiguer, ce sera sa première participation à un rallye-raid. Mais ce pilote trentenaire originaire de Rabat compte sur une solide expérience en motocross et en enduro. Triple champion du Maroc de motocross, dans le top 40 de la seule course du championnat de France des Sables disputée l’an dernier, Amine a de sérieuses ambitions mais reste les pieds bien sur terre. Il aborde ainsi son premier Rallye du Maroc au sein d’une petite structure, entouré par deux mécaniciens qui le connaissent bien. Il peut aussi se reposer sur le soutien total du consortium des trois principaux partenaires marocains de la course. Aux couleurs du groupe OCP qui met toute son énergie à accompagner la génération de pilotes africains de demain, il a axé sa préparation physique et son entraînement sur sa nouvelle discipline, sans négliger aucun détail : « J’ai vu sur des stories de pilotes comme Toby Price ou Matthias Walkner qu’ils passaient du temps sur le jeu Dakar18 sur la Play. En mode Legend, tu dois dérouler ton road-book, recalibrer ton trip et j’en ai mangé des heures comme eux… alors que je n’avais même pas de Play Station avant cela ! Quand je suis arrivé à Agadir chez Jean Brucy pour un stage de navigation de trois jours, il a été étonné de voir que j’avais déjà des réflexes avec l’instrumentation ! Même s’il me reste beaucoup à apprendre de ce côté, sans vouloir être prétentieux, je pense avoir la vitesse et la maturité pour remporter la catégorie moto Enduro Cup Afriquia qui est la meilleure manière de débuter sur une machine avec laquelle j’ai l’habitude de rouler. Dont acte ce jour pour ses rivaux ! »

CHIFFRE DU JOUR : 240
C’est le nombre définitif de véhicules autorisés à prendre le départ du Rallye du Maroc 2021 à l’issue des vérifications techniques. 59 autos FIA, 4 dans la catégorie expérimentale FIA 2022, 29 en Open/SSV/Camion, 30 en RallyGP, 91 en Rally2 et 27 en Enduro Cup Afriquia (quads et motos confondus). Au total, ce sont 41 nationalités qui sont représentées. La France arrive en tête (127), suivie par l’Espagne (31) et l’Italie (25). Le Maroc se hisse au 8e rang avec 9 représentants.

 

LE RALLYE DU MAROC ET MOI
Andrea Peterhansel – Sport Manager Monster Energy Yamaha Rally
Où ?
« C’était à Ouarzazate. J’étais officielle BMW. C’était mon avant-dernière année avec eux car ils ont ensuite passé les quatre autres pilotes sur les by-cylindre. Ils m’ont laissé une année sur le mono et après c’était fini. »

Quand ?
« C’était en 2000, lors de la première édition, mais j’avais déjà l’expérience du Maroc avec des Rallyes de l’Atlas. »

Comment ?
« Cela ne s’est pas bien terminé. Je me suis cassée la jambe. Fracture ouverte tibia-péroné, j’ai toujours la cicatrice. C’était à 20 km de l’arrivée de la course, j’étais 5e du provisoire. Je suis par terre, j’attends l’hélicoptère. Schlesser arrive et s’arrête. Il me demande comment ça va. Voiture suivante… Peterhansel ! Il n’a même pas lâché les gaz et m’a recouverte de poussière. J’ai mis quelques années avant de lui pardonner ! Ensuite, j’ai roulé en tant qu’officielle Mitsubishi ici. La dernière fois, c’était en 2019 comme copilote de celui qui était devenu mon mari. On est tombé d’une falaise avec la Mini pilotée par Stéphane Peterhansel ! »

DÉCLARATIONS
Wolfgang Fisher (Team Manager Hero Motorsports) : « L’enjeu du jour était l’ordre des départs de demain. Comme on l’a vu, certains pilotes ont roulé à fond, d’autres en ont gardé sous la poignée. On verra d’ici quelques jours qui avait la bonne stratégie. D’un point de vue sportif, je trouve que l’on devrait toujours rouler le plus vite possible. En tout cas pour moi, remporter un prologue ou une étape est toujours un bon résultat. »

Ruben Faria (Team Manager Monster Energy Honda) : « Sur une course comme le Rallye du Maroc avec cinq étapes devant soi, partir en premier n’est certainement pas la meilleure chose à faire, aussi nous avons décidé de ne pas trop attaquer et d’aborder la Super Spéciale d’une manière relaxe. Je pense que ce n’est pas un mauvais résultat que de partir en 20e, 21e, 22e, et 23e position, cela va nous permettre de partir derrière et de tenter de remonter les concurrents de devant. »

Andrea Peterhansel (Manager Sport Monster Energy Yamaha Rally) : « On ne souhaitait pas ouvrir la piste demain, ça c’est sûr. Mais personnellement, je ne souhaitais pas que nos pilotes partent de trop loin non plus, pas au-delà de la 15e place. Le risque est alors d’avoir trop de poussière ou d’être gêné par des pilotes moins rapides. »

Nasser Al-Attiyah (Toyota Gazoo Racing) : « Nous ne voulions pas ouvrir demain, j’ai donc choisi de partir en 10e position. Je vais pouvoir rester plus longtemps au lit et j’aurai la trace des autres à suivre, ce qui va réjouir mon co-pilote ! »

PROGRAMME DE DEMAIN
Distances (km) : L1: 143 / SS: 288 / L2 : 11 – Total : 442

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