David Castera « Ce que j’ai envie de retenir de Hubert ! »

David Castera a grandi à Sauveterre-de-Béarn dans le monde de la moto dont le grand-père puis son père étaient concessionnaires… Ce minot de l’époque ne manquait jamais une rencontre avec Hubert Auriol lorsque celui-ci passait à la maison pour rendre visite à Jean, son mécanicien sur le Dakar… Une belle rencontre, une belle personne ce Hubert qui laisse des traces indélébiles à ceux et celles qui ont le bonheur de le rencontrer, de festoyer et de partager des moments de vie avec lui… David Castera en fait grandement parti.

« Ma passion pour cette aventure qu’est le rallye-raid est née lorsque mon père Jean accompagnait Hubert Auriol vers l’Afrique, au tout début du Paris-Dakar en qualité de mécanicien chez BMW. C’était en 1981, je devais avoir 10 ans. J’en garde un souvenir exceptionnel. L’épreuve n’était pratiquement pas diffusée à la télévision, on écoutait la radio et on lisait les journaux. On suivait l’aventure différemment, ce qui ne m’a pas empêché d’être frappé par le grand frisson du Dakar. Hubert m’a transmis cette passion, m’a donné envie de l’imiter. Quelques temps plus tard, lorsque j’ai débuté au Dakar en 1994, j’ai voulu choisir la plaque #100, son dossard lorsqu’il a gagné son premier titre. Pour moi, c’était presque, une évidence. Les trois années suivantes, j’ai roulé sous sa direction. Il m’a ‘ramassé’ lorsque je n’allais pas fort, ou lorsque je chutais. Il est arrivé à la tête du Dakar au moment où la course cherchait un second souffle et de la rigueur. C’est ce qu’a emmené Hubert. Il a modifié les règlements, et avait bridé l’utilisation du GPS à bon escient. Le Dakar n’a fait que croître avec lui.

« Ensuite, j’ai toujours gardé de très bonnes relations avec Hubert, car elles dépassaient le cadre purement sportif. L’ironie du sort c’est qu’il était avec nous l’an dernier, lors de la journée de repos à Riyad. Il avait discuté avec les ‘malle-motos’, une catégorie dédiée aux motards amateurs qu’Hubert avait fondée en 1995. Je l’avais ensuite emmené dans mon hélicoptère pour vivre une journée ensemble, telle une forme de passation. Nous avons des similarités de profil : comme lui, j’ai été concurrent à Moto et en Auto avant de diriger des compétitions. Nous avions une approche du sport commune, faite de passion, que l’on essaie de mettre au service des concurrents. Sa vie n’a pas été facile, il a eu des accidents et des galères. Mais il avançait tout de même ; récemment, il planchait sur des projets d’hydrogène. Il avait encore l’envie d’entreprendre, malgré la maladie. Il reste un exemple pour moi. Il fonçait, il était toujours de bonne humeur et son sourire ne le quittait jamais. Il était également propre sur lui, tiré à quatre épingles. Hubert, c’était la passion, c’était l’envie permanente, et c’est ce que j’ai envie de retenir de lui. »

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