Dakar Motos : Moins de pneus, plus de sécurité

Nouveauté de ce Dakar 2021, les motards candidats à la victoire devront boucler les deux semaines de course avec seulement six pneus arrière. Une mesure destinée à améliorer leur sécurité.

Depuis que le sport moto existe, l’équation n’a pas changé : comment aller plus vite que ses adversaires tout en limitant les risques pris par soi-même ? Le Dakar n’échappe pas à ce qui est aujourd’hui devenu un dilemme dans le monde de la compétition mécanique. D’un côté des pilotes en quête de performances, de l’autre un organisateur qui met au centre de ses préoccupations la sécurité de ses protagonistes. C’est pour essayer d’apporter des réponses à cette problématique qu’une réunion s’est tenue à Lisbonne, à l’automne dernier, entre représentants des différents acteurs du rallye-raid : pilotes, constructeurs, organisateurs, fédérations…

Toby Price (AUS)

« On se rend bien compte aujourd’hui que les motos vont trop vite », souligne David Castera, le directeur du Dakar. « Les 450 monocylindres qui courent actuellement sont aussi rapides que les twins 800 de la fin des années 80. Et en termes d’accélération, ces motos sont encore plus performantes. Il y a deux axes de travail pour améliorer la sécurité. La sécurité active qui consiste à améliorer l’équipement, comme par exemple en rendant l’airbag obligatoire, et la sécurité passive que l’on peut renforcer en contraignant les pilotes à rouler moins vite.
« Il est évident qu’il faudra à un moment ou un autre limiter la puissance des moteurs, mais pour le moment je suis partisan de travailler pour redonner au rallye-raid son esprit d’origine. Trop de pilotes veulent rouler comme s’ils couraient en motocross. Le rallye-raid c’est autre chose. Ça doit être avant tout une affaire d’endurance et de résistance. »

Voilà pourquoi la navigation a été remise l’an dernier au centre du Dakar, et voilà pourquoi cette année les top pilotes ne pourront utiliser que six pneus arrière pour boucler les deux semaines de course. « Ils ne pourront pas se permettre de rouler à fond dans les pierres s’ils veulent gagner la course », insiste David Castera. « Ils vont devoir entretenir et économiser leur matériel pour durer. »

C’est Jordi Perez qui a été chargé, lors des vérifications, de marquer les six pneus des concurrents soumis à cette nouvelle restriction. « Trente-six pilotes sont concernés », précise l’Espagnol, préposé aux vérifications techniques. « A la liste des pilotes élite a été rajouté certains concurrents en mesure de jouer la victoire, aidés par une usine ou ayant suffisamment d’expérience du Dakar pour se retrouver aux avant-postes. Les pneus, qui doivent être tous du même modèle, sont marqués au fer rouge. On leur appose également un sticker spécial. Avec en plus un coup de marqueur réactif à la couleur. »

Même agressif, le sable saoudien ne devrait pas pouvoir effacer un tel marquage. Une garantie pour l’équité des chances de chacun.

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