Greg Guilvert décroche un 3è titre de champion de France FFSA GT et entre dans l’histoire

« Nous aurions voulu aller chercher le titre à la Hamilton… mais la mécanique en a décidé autrement ! » Ainsi s’exprimait Grégory Guilvert au soir de la dernière épreuve de la saison. Mais qu’importent les péripéties inattendues et les retournements de situations improbables intervenus sur le circuit Paul Ricard ce week-end : le Seine-et-Marnais et son coéquipier, l’Isérois Fabien Michal, sont entrés dans l’histoire du championnat de France FFSA GT en devenant le premier équipage à décrocher un troisième titre, consécutif qui plus est, dans la catégorie Pro-Am.

En 2018 Greg et Fabien étaient arrivés au Paul Ricard avec 6 points d’avance. En 2019, ils en avaient 16. A chaque fois, l’incertitude du sport, pas forcément glorieuse, a distribué les coups de théâtre et l’espoir a changé de camp avant d’élire in extremis domicile dans le stand de l’Audi Saintéloc #42.

Mais peut-on perdre un championnat quand on a 47 points d’avance et que ses adversaires ne peuvent pas en marquer plus de 50 dans les deux courses du dernier meeting ? Réponse : la probabilité est faible mais elle existe, comme le déroulement des événements intervenus dans le Var ce week-end l’a démontré.

L’épreuve aurait dû se dérouler à Lédenon, ce qui s’est révélé impossible en raison du confinement. Elle a pu être reprogrammée sur le tracé de 3,8 km du Paul Ricard utilisé ce week-end – pour changer du 5,8 retenu pour la course du mois d’octobre. Aux essais libres de vendredi, les favoris encaissent un premier coup du sort. La boite de vitesse de l’Audi les abandonne, alors que Fabien a effectué quatre tours lancés et Greg aucun. L’équipe se met à l’ouvrage et les deux pilotes peuvent prendre part aux qualifications le lendemain matin. Malgré leur déficit de roulage, ils obtiennent l’un et l’autre un 6ème chrono, ce qui leur garantit une place à l’extérieur de la troisième ligne sur la grille de départ des deux courses. Pour l’instant, tout va bien !

Le départ de la course 1 est donné à 18h12, ce qui en cette saison correspond à la nuit noire. D’entrée, une Aston Martin en perdition heurte le flanc droit de l’Audi pilotée par Fabien. Ouf ! Les trains roulants ne sont pas touchés. Le safety-car neutralise la course et lorsqu’il s’efface, Fabien commet un dépassement anticipé sur une autre Audi Saintéloc ayant voulu le laisser passer par esprit d’équipe ! Quand Greg prend le relais, il n’est plus que 19ème au général. Il remonte 15ème ce qui équivaut à la 8ème place en Pro-Am synonyme d’un pactole de 4 points au championnat. Suffisant pour assurer l’essentiel. Alors que l’on se régale de ces calculs, les caméras fixent une Audi à dominante bleue qui tire tout droit à l’entrée du double-droite du Beausset ! L’ABS est en cause, il faudra deux arrêts pour résoudre le problème. Greg rejoint l’arrivée mais trop loin pour inscrire le moindre point.

Pendant ce temps-là, les trois autres équipages en lice pour le titre se sont farouchement battus pour la victoire, afin de conserver l’espoir de faire vaciller les champions sortants. Dimanche en début d’après-midi, seuls Nicolas Prost et Christopher Campbell conservent une chance de coiffer la couronne. A condition de l’emporter et que l’Audi #42 ne finisse pas mieux que 8ème.

Hélas, au départ de la course 2, Grégory s’aperçoit d’une nouvelle défaillance de l’ABS de sa monture au plus mauvais moment… alors qu’il freine pour le virage n°1. Deux fois hélas, il touche l’Alpine de… Nicolas Prost, qui part en tête à queue. Les deux protagonistes de la lutte pour le championnat de France Pro-Am sont retardés. Et quelques tours plus tard, ils rentrent tous deux dans la pitlane. Prost a connu un deuxième accrochage, définitif celui-là, et Greg rend les armes presque simultanément, vaincu par ses freins. Voilà comment notre duo de triples champions de France a achevé cet exercice avec 4 petits points d’avance.

« Lors des épreuves finales au Paul Ricard en 2018 et en 2019, nous avions rencontré des ennuis, et en plus nous manquions de rythme. Cette année, à l’inverse, nous avons été dans le coup ici, quel que soit le tracé. Mais après avoir enchainé dix courses sur dix dans le Top 5, on ne s’attendait pas à terminer la saison sur un double résultat vierge. Le point commun entre les trois titres, c’est le fait d’avoir ressenti à chaque fois la même pression pendant le dernier week-end. Je suis désolé de ce contact avec Nicolas Prost, c’était involontaire. Nous pensions avoir résolu nos ennuis donc j’ai été surpris d’être à nouveau trahi par l’ABS. Ce soir, nous sommes triples champions de France, j’adresse un grand merci à toute l’équipe Saintéloc et à Fabien, mon coéquipier. Bravo aussi à SRO pour avoir en quelque sorte vaincu la crise en parvenant à aller au bout de cette saison avec un plateau magnifique. »

Romane Didier,

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