Disparus depuis des années, les Trophées d’Auvergne ont été ressuscités ce week-end à Charade. Un moment historique pour le circuit et pour Motor Racing Legends qui organisait son premier événement en dehors de la Grande-Bretagne.
Ce week-end restera dans l’histoire de Motor Racing Legends comme le premier événement organisé en dehors de la Grande-Bretagne. Car si, depuis 1984, les différents plateaux de MRL se sont souvent produits en Europe, c’était toujours en lever de rideau de grandes courses internationales telles que les 24 Heures du Mans ou, cette année, des CrowdStrike 24 Heures de Spa avec le GT3 Legends. Mais jamais l’organisation n’avait monté son propre meeting sur le continent, comme elle le fait chaque année à Donington, Brands Hatch ou Silverstone. C’est chose faite, avec la tenue ce week-end des Trophées d’Auvergne.
Le nom de l’événement n’est pas, pour autant, une invention de Motor Racing Legends, et pour cause : les Trophées d’Auvergne sont nés en 1958 avec le circuit de Charade, qu’ils avaient inauguré. Pendant deux décennies, ils accueillaient chaque année des pilotes et des équipes d’endurance comptant parmi les meilleurs. Certaines voitures ayant marqué cette compétition étaient en piste ce week-end, notamment les Lola T292 châssis HU40 et Chevron B23 châssis 73-8, qui s’étaient classées 1er et 3è en 1973 aux mains de Guy Edwards et John Burton. La même Lola s’est imposée dimanche en 2-Litre Sportscars, cette fois aux mains de Jan Magnussen et Chris Ward.
60 ans du film Grand Prix
Au total, plus de 150 voitures étaient en action ce week-end, des avant-guerre aux sport-prototypes 2 litres des années 1970. Avec une cinquantaine de Formule 1 en piste, les Trophées d’Auvergne ont commémoré les 60 ans du tournage du film Grand Prix au mois de juillet 1966. Cet été-là, plus de 3 000 Auvergnats avaient été mobilisés par la Metro-Goldwyn-Mayer pour jouer les figurants, derrière James Garner, Yves Montand et Françoise Hardy. Du cinéma, certes, mais proche de la réalité : quatre Grands Prix de F1 ayant été organisés à Charade entre 1965 et 1972.
À l’époque, les courses se tenaient sur un tracé de 8 km, plus long que l’actuel, qualifié de « petit Nürburgring » par Henri Pescarolo. Vendredi soir, les pilotes et les mécaniciens des Trophées d’Auvergne sont partis à la découverte de ce grand circuit, lors d’une visite commentée par Jean-Paul Taillandier et Guy Lemaitre, de l’association Agissons pour Charade. Au fil du parcours, les anecdotes des deux historiens du circuit ont donné vie aux lieux emblématiques du tracé que sont la courbe de Manson, l’épingle du Belvédère, les Jumeaux ou encore le banking de Gravenoire.
Hommage à Louis Rosier
Les hommages à l’histoire du site ont été nombreux ce week-end. Samedi matin, le paddock a commémoré le 70ᵉ anniversaire de la disparition accidentelle de Louis Rosier, survenue en 1956 sur l’autodrome de Montlhéry. À cette occasion, Élodie Rosier a déposé une gerbe sur la stèle dédiée à son grand-père, pilote, résistant et acteur majeur de la création du circuit de Charade, inauguré en 1958.
Rendez-vous dans deux semaines (24-26 juillet) pour la première édition du BRDC Classic, une grande célébration de l’histoire du sport automobile sur le circuit de Silverstone.
Pierre-Antoine Lecoutour, directeur général de Motor Racing Legends : « Nos concurrents connaissent les circuits anglais par cœur. Il nous tenait vraiment à cœur de leur faire découvrir Charade, que Stirling Moss lui-même qualifiait de plus beau circuit au monde. Nous voulions aussi permettre aux Français, pilotes et spectateurs, de découvrir la passion et la convivialité qui émanent d’un événement britannique. Nous tenons à remercier l’ASA Club d’Auvergne pour nous avoir donné l’autorisation de faire renaître les prestigieux Trophées d’Auvergne, ainsi que le personnel de Charade pour l’accueil fantastique qu’il nous a réservé. Ce circuit génial n’a pas fini de nous faire rêver. Nous reviendrons ! »
