L’équipe Schumacher CLRT et ses pilotes Frédéric Makowiecki, Matt Campbell et Ayhancan Güven ont terminé dans le quarté de tête des 24 Heures de Spa, à moins d’une seconde du podium, après être restés pendant toute la course dans le même tour que les leaders. Il s’agit d’un résultat de premier ordre pour le team dirigé par Côme Ledogar, qui a maitrisé son sujet face à une opposition de très haut niveau, pour son unique apparition en endurance de la saison.

La création des 24 Heures de Spa remonte à 1924 et depuis 2001, la classique belge est réservée aux voitures de Grand Tourisme. Aujourd’hui, la catégorie GT3 est à l’honneur pour l’ensemble du plateau, avec 10 constructeurs représentés et 70 voitures engagées dont 15 Porsche 911 GT3 R. Chez Schumacher CLRT Racing Team on voulait effacer le souvenir des deux premières tentatives qui s’étaient soldées par autant d’abandons, suite à des incidents de course intervenus avant même la tombée de la nuit. Mais on se doutait que les ambitions de l’équipage de la #22 dépassaient le simple fait de franchir la ligne d’arrivée. Ayhancan Güven n’avait-il pas signé le meilleur temps lors de la deuxième journée du Prologue, en mai dernier ?
La semaine des 24 Heures de Spa est intense, pour les concurrents comme pour les 132.000 spectateurs qui se voient proposer un large éventail de festivités. Les roulages commencent le mardi, avant la Parade du mercredi en centre-ville de Spa où les GT3 se rendent par la route. Les Flat 6, V8 et V10 atmosphériques ainsi que les 6 cylindres en ligne, V6 et V8 double-turbo ont vibré de façon plus insistante le jeudi, avec les essais libres, les qualifications pour la Superpole et les essais de nuit. La seule Porsche 911 GT3 R battant pavillon français a atteint la Superpole et obtenu la 17e place sur la grille de départ.

Pour mieux comprendre comment la Porsche #22 a fait son chemin vers la 4è place finale, laissons la parole aux pilotes…
Matt Campbell (Australie, 31 ans, 1er LM GTE Am aux 24 Heures du Mans, vainqueur des 24 Heures de Daytona et des 12 Heures de Bathurst…) : « La course a été intense, il fallait rester dans le tour des leaders et conserver l’auto en bon état, ce qui n’a pas été évident ! Mais je pense qu’on a fait une belle course, sans grosse erreur et nous nous sommes battus pour le podium jusqu’au bout. Il nous a malheureusement manqué un peu de chance sur la stratégie et un petit quelque chose sur la piste également. On a davantage souffert dans le trafic, par exemple. En milieu de matinée, une McLaren a violemment percuté l’arrière de la voiture alors que je dépassais une Mercedes au bout de la ligne droite de Kemmel. Cela n’a pas aidé la performance du moteur non plus. Au bout du compte, P4, c’est quand même un bon résultat dans une course si difficile. »

Ayhancan Güven (Turquie, 28 ans, champion DTM, médaille d’or FIA Motorsport Games GT Sprint, vainqueur des 12 Heures de Bathurst…) : « Dès le départ de la course, j’ai senti que nous avions une très bonne voiture. Le team a fait de petits ajustements et elle est devenue encore meilleure. L’idée était de se maintenir dans le peloton de tête jusqu’à la fin, ce que nous avons réussi à faire malgré quelques pénalités et contacts. Mais du fait des dégâts causés par le choc avec la McLaren, on n’a jamais pu dépasser la Ferrari et la Mercedes sur la piste, nous étions coincés derrière et cela ne nous a pas permis de lutter pour la victoire. L’équipe a essayé des stratégies mais nos rivaux ont su réagir. Franchement, j’ai tout donné et je ne vois pas ce que nous pouvions faire de plus. »
Frédéric Makowiecki (France, 45 ans, 1er LM GTE Pro aux 24 Heures du Mans, vice-champion du Monde FIA GT1, vainqueur des 24 Heures du Nürburgring…) : « Il ne faut pas être déçu. Une course de vingt-quatre heures, c’est déjà un challenge de la terminer. Je pense que tout le monde peut être très fier du boulot qui a été fait. L’auto a été merveilleusement bien préparée. C’est en se construisant dans des courses comme celle-là que l’on devient de plus en plus fort et à un moment ou un autre, ça va payer. L’équipe a énormément de potentiel et je suis sûr que ce n’est que le début. »

La conclusion nous est apportée par Côme Ledogar, qui a gagné les 24 Heures de Spa en tant que pilote en 2021 et a joué devant cette année en tant que team-manager : « Lors des dernières heures de course, les conditions de piste favorisaient la performance, mais contrairement aux autres, nous n’en avons pas profité à cause du gros contact subi dans la matinée, qui a en partie bouché la sortie d’échappement. En tout cas, pour nous, c’est un bon résultat parce qu’on ne fait pas toute la saison et parce qu’on est la plus petite structure du plateau avec seulement 12 personnes. Bravo à toute l’équipe ! C’est la plus belle course au monde, en tout cas, j’ai adoré la faire en tant que pilote et j’adore la faire en tant que team. »
La saison continue sur le double front de la Porsche Sixt Carrera Cup Deutschland, les 4 et 5 juillet au Norisring, puis de la Porsche Mobil 1 Supercup, de retour à Spa-Francorchamps les 18 et 19 juillet !
Romane Didier,
