Romain Duchene fait ses gammes au Maroc !

Dans le quantitatif plateau moto Rallye2 figure un pilote qui démarre dans la discipline : Romain Duchene. Facile de le repérer, sur sa KTM, le numéro 100 révèle un passé que ceux et celles qui ont connu Hubert Auriol (vainqueur en 1981 et 1983) ne peuvent oublier.

Romain Duchene de Pouliacq (près de Pu) l’ignorait et s’en retrouvait tout ému lorsqu’il en prit connaissance. Toujours est-il que le béarnais de 37 ans, un transfuge de l’enduro et de l’Xtreme possède un sacré palmarès dans les deux disciplines. C’est en Afrique du Sud qu’il ressentit le besoin d’aller se surpasser dans les grands espaces… avec la complicité de son ami d’enfance, François Cazalet qui en terme de rallye-raid en connait un rayon, il se lance avec le Dakar en fond d’écran.

Pour Romain dont la KTM est confiée sur le plan préparation au toulousain Jean-Philippe Rebolte (JBS), les trois premières étapes marocaines se montrent instructives. Chaque jour suffit sa peine… assurément mais, Romain, pilote de tête et de jambes, ne s’enflamment pas dans cette préparation pour le Dakar, mais avance crescendo, en comprenant les ficelles de cette discipline où, la navigation pour tout motard est la clé du succès.

Au soir de l’étape 1 entre Agadir et Tan-Tan, l’analyse de la journée du béarnais est droite : « Pas facile, beaucoup de poussière, impossible de dépasser des adversaires. J’ai appris les dunes, aussi petites soient-elles, et les pistes marocaines très rocailleuses. Beaucoup d’informations sur une journée d’apprentissage, il faut en passer par là ! La discipline reste dangereuse, il ne faut pas se louper, on peut se faire très mal. Mon seul gros plaisir avoir roulé entre 150 et 170 km/h sur 28 km ! »

Le lendemain de Tan-Tan à Agadir, Romain Duchene ne s’est pas emballé, toujours concentré, il a avalé les kilomètres enseignants : « J’ai pris du plaisir sur la moto. J’ai bien commencé en me détachant d’un groupe de pilotes qui tâtonnait en navigation. Une fois le champ libre durant 130 km que j’ai couvert en 1 heure, c’est dire la vitesse prise, je suis arrivé sur un way-point que j’ai trouvé facilement étant sur la bonne piste. Je double 10 gars, ils m’ont vu et ont pris ma roue ! Le point suivant, à mon tour de perdre 10 minutes à le chercher. Au km275, à la sortie des dunes, un WP au cap était difficile à trouver, j’ai douté au point de me laisser distraire par une auto au loin que j’ai pris en chasse. Erreur, j’aurais dû suivre mon instinct… j’étais sur la piste du rallye et j’ai perdu 20 minutes avant de retrouver mes traces ! Seule l’expérience compte. J’apprends kilomètres après kilomètre, c’est le prix ! »

La boucle autour de Laâyoune avec de vraies dunes interpellaient le novice. Le bougre, il s’en sortait comme un ‘grand’ avec cette façon d’étudier et de comprendre les éléments qui l’entourent. En élève méticuleux, Romain raconte : « Un vrai régal avec 60 km de dunes. La suite fut moins évidente avec des pistes caillouteuses, rapides, de hauts plateaux et du vent de sable ! J’ai découvert cet élément qui joue un rôle aussi. Pas facile la navigation mais, je m’en suis sorti sans me perdre. Je pourrais rouler plus vite, ce n’est pas le but, je prends du temps pour valider chaque WP. Beaucoup de pilotes étaient au sol, ça refroidi ! » a-t-il conclu.

Romain Duchene occupe la 37ème place au général en Rally2. Ce n’est pas l’essentiel pour lui, sa priorité terminer l’épreuve et obtenir son ‘passeport’ pour participer à son premier Dakar (30 décembre 2022 au 14 janvier 2023).

Marie-France Estenave

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