ELMS: L’apprentissage continue pour Duqueine Engineering

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A l’issue d’une course marquée par un violent orage et une arrivée jugée derrière la voiture de sécurité, les Ligier JS P3 #19 et #20 du team Duqueine Engineering terminent respectivement les 4 Heures d’Imola aux 4ème et 11ème places. Si les deux équipages pouvaient légitimement espérer mieux au regard de leur rythme en course, c’est un résultat d’ensemble satisfaisant pour une deuxième sortie sur la scène européenne.

 

Après leur quatrième place à Silverstone, Dino Lunardi, David Droux et David Hallyday ont confirmé en Italie qu’ils figuraient parmi les équipages de pointe du plateau LMP3 du championnat ELMS. Malgré un drive through, ils abordaient la dernière heure avec de sérieux espoirs de podium avant que la pluie vienne neutraliser la course tout au long de la dernière heure. Bien qu’un peu frustrante au regard du potentiel affiché par le trio, cette deuxième 4ème place consécutive leur permet toutefois de quitter Imola à une prometteuse 3ème place au championnat.

Maxime Pialat, Romain Iannetta et Eric Clément terminent de leur côté à la 11ème place mais leur performance aurait pu être mieux récompensée. Quelques petites erreurs leur coûtent une place dans les points mais l’équipage de la Ligier JS P3 #20 a montré de belles choses sur le mythique circuit italien.

Si l’apprentissage de l’ELMS continue pour le team Duqueine Engineering, la pointe de vitesse des voitures du team se confirme avec un meilleur tour en course dans la catégorie LMP3 pour Dino Lunardi. Ce niveau de performance sera précieux pour aborder avec ambition la suite de la saison et le prochain rendez-vous au Red Bull Ring en Autriche, au milieu du mois de juillet. D’ici là, l’équipe de Gilles Duqueine et Yann Belhomme retrouvera le GT Tour et aura l’honneur de participer à la course organisée en lever de rideau des 24 Heures du Mans.

LE CIRCUIT
Circuit légendaire ayant marqué l’histoire du sport automobile italien, l’autodromo Enzo & Dino Ferrari d’Imola est aussi malheureusement célèbre pour avoir connu le décès en course de Rolland Ratzenberger et Ayrton Senna lors du GP de Formule 1 en 1994. Cet événement dramatique avait par la suite provoqué des changements importants en vue de la sécurité des pilotes, tant à Imola que sur l’ensemble des circuits internationaux.
    
LES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES
Après la neige de Silverstone, la pluie d’Imola ! Particulièrement menaçant pendant trois jours, le ciel d’Emilie-Romagne a fini par se déchirer lors de la dernière heure de course? Sous un véritable déluge, les concurrents ont ainsi dû batailler pour tenter de rester sur une piste détrempée. Après une longue période sous Full Course Yellow, la Safety Car a fait son apparition en piste, laissant espérer une reprise qui n’a finalement jamais eu lieu.
 
LA PETITE HISTOIRE
Pas de chance pour David Droux ! Malade à Silverstone, le jeune et talentueux pilote suisse n’avait pu prendre part à l’ouverture du championnat ELMS. A Imola, ce sont les péripéties de fin de course qui ne lui ont pas permis de s’exprimer pleinement, l’obligeant à effectuer la quasi totalité de son relais sous drapeau jaune ou derrière la voiture de sécurité.

LES RÉACTIONS
YANN BELHOMME : « Le bilan du week-end est globalement positif avec des résultats sensiblement similaires à ceux de Silverstone. Au regard du niveau très relevé du championnat ELMS, c’est déjà une bonne chose de consolider ce niveau de performance. Maintenant, il va falloir augmenter encore un peu le curseur afin de jouer la victoire lors des prochaines étapes. Toute l’équipe est mobilisée derrière cet objectif. Pour ce qui est de la #19, cette nouvelle 4ème place représente des points importants au championnat et positionne son équipage dans le bon wagon au classement. Le meilleur tour en course réalisé par Dino Lunardi est bien sûr une satisfaction importante pour nous tous, cela vient valider l’ensemble du travail réalisé depuis plusieurs mois. L’équipage de la #20 progresse de son côté à chaque sortie malgré des circonstances pas toujours favorables et je suis certain que ces efforts seront récompensés à un moment dans la saison. Même si la pluie et la fin de course sous Safety Car nous ont empêché d’espérer un meilleur résultat, ce deuxième meeting d’ELMS a été un beau moment pour le team. Nous continuons de découvrir ce championnat qui est formidable. De nombreux rendez-vous nous attendent d’ici la prochaine étape en Autriche, avec notamment la course LMP3 organisée en support des 24 Heures du Mans. C’est un programme très stimulant pour l’ensemble de l’équipe Duqueine Engineering. »

DINO LUNARDI : « C’est une nouvelle 4ème place pour nous, c’est un résultat un peu frustrant car je pense que nous avions vraiment les capacités pour faire encore mieux et monter sur le podium. Mon tour n’avait pas été parfait en qualifications mais j’ai pu réaliser le meilleur tour en course, ce qui montre que nous avons su faire évoluer la voiture tout au long du week-end. Nous restons donc sur une dynamique positive et compte-tenu du scénario de la course, cette quatrième place est tout de même un bon résultat. Nous marquons des points importants au championnat, c’est important en vue de nos objectifs de la saison. Le niveau est très élevé en ELMS et chaque détail compte. Il faut donc que nous analysions tous les paramètres de course afin de faire encore mieux lors de la suite de la saison. Je suis désolé pour David Droux qui n’a pas pu rouler dans des conditions normales avec les Full Course Yellow et la Safety Car entraînés par la pluie. C’est dommage car je pense qu’il aurait pu faire des différences en fin de course. »

ERIC CLÉMENT : « C’est une course frustrante, j’ai fait plusieurs erreurs qui nous pénalisent et je m’en veux. C’est dommage car notre rythme commençait à devenir vraiment intéressant et nous pouvions signer un joli résultat. Nous avions connu des petits soucis techniques lors des essais libres et nous manquions un peu de roulage. Nous avons donc découvert le circuit au fur et à mesure et les chronos se sont améliorés au fil de la course, j’ai pris beaucoup de plaisir dans mon deuxième relais. Rouler sur un prototype avec beaucoup d’appui aérodynamique est une expérience complètement nouvelle pour moi et il faut un peu de temps pour que les choses se mettent en place. Cela reste un week-end encourageant car on voit qu’on dispose des atouts pour réaliser de bons résultats sur la suite de la saison. »

Trois questions à Maxime Pialat
– Maxime, quel regard portez-vous sur la Ligier JS P3 et le championnat ELMS que vous découvrez cette année ?
Maxime Pialat : « La Ligier JS P3 est un vrai prototype. C’est une voiture superbe, avec beaucoup d’appui aérodynamique, ce qui représente quelque chose de complètement nouveau pour moi. Le Championnat ELMS est l’un des championnats d’endurance les plus relevés au monde, je suis très heureux de pouvoir y prendre part mais c’est aussi un véritable challenge. Il y a plus de quarante voitures en piste, il faut avoir un œil partout pour gérer le traffic mais continuer à attaquer sans faire de faute ! »

– Comment jugez-vous l’évolution de votre association avec Romain Iannetta et Eric Clément ?
Maxime Pialat : « La catégorie LMP3 et le championnat ELMS sont des éléments nouveaux pour nous trois et nous trouvons nos marques progressivement. Nous avons bien progressé depuis Silverstone et on voit que notre rythme est en amélioration. L’ambiance est très bonne entre nous, Romain et Eric sont deux coéquipiers avec qui tout se passe bien et cette cohésion devrait nous permettre de continuer notre progression tout au long de la saison. »

– Après deux courses, quel bilan tirez-vous de votre début de saison ?
Maxime Pialat : « Il y a beaucoup d’éléments positifs même si nous pouvions espérer un peu mieux ce week-end. A titre personnel, je dois continuer de travailler pour me rapprocher des meilleurs meeting après meeting. J’espère que mes chronos vont continuer de s’améliorer et mon ambition est de progresser pour le futur. J’adore l’ELMS, c’est pour moi le plus beau championnat d’endurance qui existe et je souhaite pouvoir m’y inscrire dans la durée. »

Les coulisses du team – Focus sur Mickael Duterque
Chef mécanicien de la Ligier JS P3 N°19 sur le championnat ELMS, Mickael Duterque veille également au quotidien sur les différentes voitures du team dans ses ateliers d’Alès. Il nous en dit un peu plus sur une fonction indispensable au sein de l’équipe?.

– Mickael, en quoi consiste le rôle de chef mécanicien ?
Mickaël Duterque : « Il s’agit de suivre ce qui se passe sur la voiture
de A à Z, tout simplement. Lors des week-ends de course, on doit vérifier que tous les éléments mécaniques fonctionnent et apporter toutes les évolutions nécessaires en lien avec les ingénieurs. Nous avons également beaucoup de travail à l’atelier entre chaque meeting, on démonte complètement la voiture à chaque fois afin de s’assurer qu’il n’y a pas de problème ou de pièce à changer. »

– Quel est votre regard de technicien sur la Ligier JS P3 ?
Mickaël Duterque : « C’est une voiture extraordinaire à travailler. Cela change énormément de la Ferrari 458 GT3 que nous exploitons par ailleurs en GT Tour. Toutes les interventions techniques se font beaucoup plus rapidement sur un prototype que sur une GT3. Tout est plus pointu sur une LMP3 et c’est donc un challenge d’autant plus intéressant à relever d’un point de vue technique, pour nous comme pour les ingénieurs qui peuvent agir sur un nombre de paramètres plus important. »

– Vous faîtes partie de l’aventure Duqueine Engineering depuis ses débuts, comment jugez-vous l’évolution de l’équipe ?
Mickaël Duterque : « La saison 2016 constitue un pas en avant très important. C’est la première fois que nous effectuons un programme complet sur un championnat européen et nous engageons deux voitures. Le team évolue au fil des années et c’est très motivant pour nous de faire partie de cette aventure. C’est beaucoup de travail mais aussi beaucoup de plaisir.

Quart de Tour – Tanguy Buisson,

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