Tour de Corse : Les légendes au départ

Avec plus de 400 voitures attendues, le 26è Tour de Corse Historique affichera complet – comme chaque année – au départ de Calvi le 6 octobre prochain. Jamais dans son histoire, le rallye n’aura réuni autant de pilotes de renom : Didier Auriol, Raphaël Astier, Yoann Bonato, François Delecour, Gilles Panizzi, Bruno Saby, Jos Verstappen et d’autres.

Cinq anciens vainqueurs du Tour de Corse ‘moderne’ seront au départ, cumulant onze victoires sur cette manche emblématique du calendrier WRC, absente du calendrier depuis 2019.

Didier Auriol revient sur une Lancia Delta Integrale Evoluzione parfaitement identique à celle qu’il pilotait en 1992. L’Aveyronnais, six fois vainqueur du Tour de Corse (1988, 1989, 1990, 1992, 1994, 1995) avec trois constructeurs différents (Ford, Lancia, Toyota) et champion du monde des rallyes en 1994 avec Toyota, s’était classé 2è au Tour de Corse Historique lors de son unique participation en 2018 sur une Ford Sierra RS Cosworth.

François Delecour participe au rallye pour la première fois au volant d’une BMW M3 avec, à ses côtés, son épouse Priscille. Vice-champion du monde en 1993 avec Ford, le Nordiste compte quatre victoires en championnat du monde, dont une au Tour de Corse 1993 sur une Ford Escort RS Cosworth. Il s’est par ailleurs classé quatre fois deuxième du rallye, en 1992 et 1995 avec Ford, puis en 1998 et 2000 avec Peugeot.

Gilles Panizzi débute lui aussi au Tour de Corse Historique, sur une Ford Escort Mk II. Surnommé ‘Tarmac Master’, l’Azuréen compte sept victoires en championnat du monde des rallyes, dont deux au Tour de Corse, en 2000 et 2002 sur une Peugeot 206 WRC, trois à Sanremo et deux en Catalogne. Il faut remonter à la saison 2005 pour trouver la trace de sa dernière compétition disputée sur l’île, au volant d’une Mitsubishi Lancer officielle (abandon).

Bruno Saby, vainqueur en 1986 sur une Peugeot 205 Turbo 16, retrouvera la voiture qu’il pilotait il y a 40 ans ! Champion de France des rallyes en 1981 sur une Renault 5 Turbo, l’Isérois compte une seconde victoire en championnat du monde, au Rallye Monte-Carlo 1988 sur une Lancia Delta HF 4WD, ainsi qu’une victoire au Paris-Dakar 1993 sur un Mitsubishi Pajero. Fidèle à ses convictions, le Grenoblois représentera l’association Espoir Isère contre le Cancer.

Pascal Trojani, qui avait remporté l’édition 2009 sur une Peugeot 307 WRC, revient sur une BMW M3 identique à celle qu’il pilotait dans les années 1990. Pour sa première saison en VHC l’année dernière, l’insulaire s’était classé 3è du Tour de Corse Historique et s’était imposé à trois reprises, à la Ronde de la Giraglia, au Rallye des Monts de Vaucluse et au Rallye de l’Huveaune.

D’autres pilotes de renom, venus de disciplines diverses, figurent sur la liste des engagés de la 26è édition
Raphaël Astier sera au départ pour la première fois sur une Porsche 911. Double vainqueur de la Coupe FIA R-GT en 2018 et 2022, puis double champion de France deux roues motrices en 2023 et 2025, l’Ardéchois s’est imposé cette année au Rallye d’Antibes-Côte d’Azur et au Rallye Rhône-Charbonnières. Il occupe actuellement la tête du championnat de France des rallyes.

Yoann Bonato, qui a convaincu Didier Auriol, s’aligne lui aussi sur une Lancia Delta Integrale Evoluzione. Avec six titres de champion de France des rallyes (2017, 2018, 2020, 2021, 2023, 2025), l’Isérois n’est autre que le pilote le plus titré dans l’Hexagone. Jusqu’alors fidèle à Citroën, c’est au volant d’une Lancia Ypsilon Rally2 HF Integrale qu’il défend sa couronne cette année, avec déjà une victoire au Rallye du Touquet-Pas-de-Calais.

John Buffum, présent en 2024, revient sur une Ford Escort Mk II engagée en régularité VHRS. Il reste le seul Américain à s’être imposé sur une manche du championnat d’Europe, à l’ADAC-Sachs en 1983, puis à Chypre en 1984 sur une Audi Quattro. Au volant de la Groupe B allemande, il a par ailleurs remporté Pikes Peak à deux reprises dans la catégorie ‘Unlimited’. Le vétéran, qui fêtera ses 83 ans le 4 octobre au village départ de Calvi, cumule 11 titres et 120 victoires en SCCA !

Philippe Gache prendra part à son onzième Tour de Corse Historique, cette année encore au volant d’une Porsche 911. Pilote éclectique, l’Avignonnais cumule dix participations aux 24 Heures du Mans, quatre au Dakar, une aux 500 Miles d’Indianapolis et deux victoires aux 24 Heures de Chamonix. Il a par ailleurs remporté deux fois le Tour de Corse Historique, en 2011 et 2012.

Jos Verstappen avait promis de revenir, il a tenu parole ! Classé 21è pour sa première participation en 2024, le Néerlandais sera de nouveau au départ. Depuis sa découverte des routes corses au volant d’une Porsche 911, l’ancien pilote de Formule 1 a considérablement enrichi son palmarès en rallye, décrochant notamment le titre de champion de Belgique des rallyes modernes. Il s’alignera cette fois au volant d’une BMW M3.

Sept anciens vainqueurs du Tour de Corse Historique en Compétition seront au départ en 2026 :
Hervé Guignard (vainqueur en 2009) sur une Renault 5 Tour de Corse ;
Philippe Gache (vainqueur en 2011 et 2012) sur une Porsche 911 ;
Christophe Vaison (vainqueur en 2014 et 2015) ;
Christophe Casanova (vainqueur en 2021) sur une Porsche 911 ;
Thomas Argenti (vainqueur en 2022) sur une BMW M3 ;
Julien Saunier (vainqueur en 2024) sur une Renault 5 Maxi ;
Mathieu Fassio (vainqueur en 2025 en VHC) sur une Porsche 911.

Les quatre derniers équipages vainqueurs en Régularité VHRS seront au départ en 2026 :
Yves Deflandre et Jennifer Hugo (vainqueurs en 2025) sur une Porsche 911 ;
Christophe Baillet (sextuple vainqueur en 2014, 2016, 2017, 2018, 2020 et 2024) ;
Lionel Garnier et Bertrand Triffault (vainqueurs en 2023) sur une Porsche 912 Coupé ;
Emmanuel Saussereau et Stéphane Poulard (vainqueurs en 2022) sur une Fiat 124 Abarth.
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Ils ont dit…
Raphaël Astier, Porsche 911 : « J’ai fait trois fois le Tour de Corse moderne, mais jamais l’Historique. Je me souviens notamment de la spéciale de La Porta, qui faisait presque 50 km en 2018. C’était au mois de mai et nous avions chaud, au sens propre comme au figuré, avec des passages de crêtes sur lesquelles nous décollions. En reconnaissance, en revanche, nous avions le temps d’admirer les paysages qui étaient magnifiques. Je suis impatient de retrouver ces spéciales longues, mais aussi de découvrir ce format de rallye que je qualifierais d’endurance, sur cinq jours. Je n’ai pas énormément d’expérience en historique, mais j’aime beaucoup l’idée d’adapter mon pilotage en temps réel, en fonction des sensations, des vibrations ou des odeurs qui évoluent constamment. C’est différent des voitures modernes avec lesquelles nous sommes toujours à fond. Nous allons préparer l’épreuve du mieux possible avec l’idée de nous battre pour un top 5. »

Gilles Panizzi, Ford Escort Mk II : « Quand je roule à vélo au-dessus de Nice, j’aperçois parfois la Corse avec une pointe de nostalgie. Mes meilleurs souvenirs de rallye sont là-bas. Des habitués, dont Alain Oreille, ont fini par me convaincre d’essayer le Tour de Corse Historique. J’espère y retrouver l’ambiance de l’époque, celle qui n’existe plus sur les épreuves modernes. J’ai hâte de partir en reconnaissance, en prenant le temps d’aller manger au restaurant ou chez mes amis. Les fans des rallyes espéraient peut-être me revoir sur une Peugeot 306 Maxi, mais ce sera sur une Ford Escort Mk II, une voiture qui a l’avantage d’être relativement abordable, facile à préparer et à piloter. Ce n’est pas la plus rapide, c’est sûr, mais je viens avant tout pour m’amuser et faire le spectacle. Je l’ai confiée à mon ami Pascal Enjolras, qui préparait déjà les 306 Maxi d’usine pour Peugeot dans les années 1990. »

Jos Verstappen, BMW M3 : « J’ai découvert le rallye historique lors de l’édition 2024, au volant d’une puissante Porsche 911, dépourvue d’aide électronique. Là-bas, les routes n’ont rien à voir avec celles que je pratique toute l’année en Belgique et les conditions en 2024 étaient particulièrement difficiles, avec de fortes averses dès le premier jour. Renaud (Jamoul, son copilote) et moi avions énormément appris, notamment dans la prise de notes. Nous sommes ravis de revenir en 2026, toujours avec l’équipe de Romain Joffroy. Cette fois, nous avons choisi de nous tourner vers une BMW M3 plus récente, qui devrait mieux me convenir. J’ai hâte d’être au départ… C’est une épreuve mythique ! »

Didier Auriol et Yoann Bonato participeront au prochain Tour de Corse Historique, du 3 au 10 octobre 2026, chacun au volant d’une La Lancia Delta Integrale Evoluzione.­

Didier Auriol et Yoann Bonato s’associent pour un ‘one-shot’ en vue du 26e Tour de Corse Historique (3-10 octobre 2026), auquel ils participeront chacun au volant d’une Lancia Delta Integrale Evoluzione (version 1992), aux côtés de leurs copilotes respectifs Denis Giraudet et Benjamin Boulloud. Amis dans la vie, ces deux grands champions, que 25 ans séparent, ont en commun le fait d’avoir couru officiellement pour le constructeur italien. Tous les deux seront engagés dans la catégorie ‘compétition’, avec l’espoir de se mêler à la lutte pour le classement général.

Rappel des trois catégories du Tour de Corse Historique
La Compétition (VHC) reprend les règles du rallye moderne. Pour gagner, il faut cumuler les meilleurs temps lors des épreuves spéciales. Les temps s’additionnent tout au long des cinq jours du rallye. L’équipage qui a mis le moins de temps à parcourir l’ensemble de ces secteurs chronométrés est déclaré vainqueur à l’arrivée.

En Régularité (VHRS), les concurrents doivent parcourir les épreuves spéciales en respectant au mieux une moyenne choisie à l’avance (Haute, Intermédiaire, Modérée ou Basse). Chaque seconde d’avance ou de retard est pénalisée. Des points de contrôle sont placés tout au long des parcours chronométrés.

La catégorie Légende, quant à elle, ne fait l’objet d’aucun chronométrage. Elle permet aux équipages de participer à l’événement pour le plaisir, sans contrainte de performance.

Julien Hergault,

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