6500 Km effectués en 12 Jours, 4.8 L/H de consommation et 71Km/h de moyenne avec une KTM 890 Rally, 10 pays traversés avec en moyenne 50% en tout-terrain.
Départ de Paris le 29 Juin à minuit : « je fais équipe avec Eric et Norbert et nous dormons quelques heures chez Norbert avant de prendre le parcours par le Vexin dès le jour levé.
« Direction la Belgique et après quelques kilomètres en tout-terrain, je vois que le rythme de Norbert avec sa grosse BMX GS Adventure sera trop lent. Je décide donc de poursuivre ma route seul et Eric reste avec Norbert.
« Arrêt déjeuner dans un petit restaurant sur le parcours et Eric me rejoint car il a aussi laissé Norbert qui vient de crever sa roue arrière et la déchirure n’est pas réparable avec des mèches.
« Nous repartons donc ensemble pour ce périple, ce qui sera le cas tout du long ou Eric me suivra.
« Nous passons en Belgique et cherchons un Hôtel dans la région de Nivelles sans succès.
« Ce sera donc notre première nuit en camping ce qui permet de tester le dispositif. Il fait beau donc tout va bien et repartons le lendemain matin très tôt pour viser un arrêt en Allemagne après avoir traversé la Belgique et les pays bas. »
Dominique poursuit son périple et raconte : « Après quelques Kilomètres Eric crève de l’arrière et nous devons réparer. Je l’assiste car il manque d’expérience dans l’exercice nous trouvons un gros clous dans le pneu et nous nous posons la question d’un acte intentionnel de riverains : 1 heure de perdue !
« Puis routes et chemins en Allemagne avec gros orages sur une partie de l’autoroute. Je fais une erreur de navigation et nous prenons intentionnellement celle-ci à l’envers par une bretelle, une première pour Eric avec un gros stress. Et puis nous nous perdons de vue et chacun fait sa vie en ayant convenu de se retrouver à l’arrêt du soir dans une ville !
« S’ensuit un énorme accident avec un camion qui bloque l’autoroute. La police m’arrête en furie car j’ai remonté les files et ça, les allemands ils n’aiment pas. Ils me laissent finalement repartir
« Je ne dépasse pas les 100 km/h sur l’autoroute pour préserver mon pneu arrière qui doit faire les 6000 km et brusquement, ma roue arrière se met à patiner. Je suspecte la pluie puis l’embrayage et finalement, je comprends que c’est le pneu qui tourne sur la jante et que je viens d’arracher la valve, suite à une crevaison. Certainement avec des débris de l’accident du camion ?
« Sous la pluie et sur l’autoroute, je prends le risque de continuer à 70 km/h et de sortir à l’endroit prévu pour dormir à 35 km. Le pneu tient même à plat et je rejoins une station service à l’abri.
« Très bon pneu le MOTOZ !
« Donc deuxième séance de changement de chambre à air de la journée cette fois sur ma moto et Eric de SW Motech me donne une chambre à air arrière de 17 car je n’en ai qu’une avant, pour la conserver au cas ou !
Nous nous croiserons souvent avec l’équipe trio SW Motech et Eric le boss accompagné de Sébastien Somnolet directeur commercial KTM France et mon ami Thierry Traccan, journaliste en chef Moto revue et team mate sur le Rallye Africa race 2026 ou il a d’ailleurs écrit un très bel article de plusieurs pages dans Moto Revue de Juillet. A acheter donc de suite !
« Nous mangeons un Kebab et Eric pendant que je change ma chambre à air réserve un logement.
« A noter qu’il n’y aura sur les 12 jours qu’en France ou nous avons pu déjeuner normalement. Partout ailleurs, il n’y a rien pour manger sauf de la bouffe industrielle dans des stations services ou des restos très rares type MacDo/ Kebabs…
« Notre logement est commun avec des travailleurs étrangers et je m’aperçois que je viens de me faire voler ma tablette de navigation le temps que je récupère la clé de la chambre.
« Putain de pays en Allemagne ou il faut faire très attention à ses affaires ! Heureusement, j’en ai une seconde en rechange.
« Bilan jour 2 , deux crevaisons, tablette volée et objectif de rejoindre Berlin le Jour 3 ou il y a une porte. »
La journée 3 est encore chargée d’anecdotes : « En effet chaque 3 jour (1500 km), l’organisation met en place une porte avec un créneau d’ouverture et fermeture afin de valider le passage dans les temps et de profiter de support type Motorex/Dunlop pour faire un peu de mécanique et changer les pneus pour ceux qui ont réservé ce service.
« Puis nous est délivrée la trace pour les 3 jours suivants.
« A ce moment, seuls les Pays-Bas sont dépaysants avec de beaux endroits très propres et de très belles fermes.
« Donc J3 en Allemagne avec peu de pistes et moyennes horaires très faibles car nous prenons des petites routes de campagne.
« A la sortie de notre logement de la nuit, Eric décide de passer devant et malgré ma contestation sur la trace qu’il veut suivre, il prend l’autoroute dans le mauvais sens pour repartir vers Dormund.
« Je ne le suis pas et ne le retrouverai que le soir à la porte à Berlin ou nous avions réservé un Hôtel.
« Norbert qui s’est fait dépanner par BMW nous a rejoint par la route et choisit de poursuivre le voyage mais uniquement par la route. Il sera notre éclaireur pour réserver des logements le soir.
« Bon diner avec l’organisation le soir et prêt à repartir pour la Pologne. »
L’aventure se poursuit avec son lot de surprises : « J4 100% Allemagne avec arrêt 100 km avant la frontière Polonaise. RAS et Norbert en éclaireur par la route nous réserve un logement pour la nuit. Parcours peu intéressant en Allemagne et beaucoup de doigts d’honneur de la part des conducteurs Allemands qui n’apprécient pas que nous les doublions en villes ou en inter files. Bien triste… »
le jour suivant, en Pologne, Dominique Robin roule : « Les gens sont plus avenants et nous roulons sur de belles pistes. C’est le début de pistes en sable ou beaucoup sont surpris de la difficulté du sable profond avec des motos chargées et lourdes. Un peu de pluie nous accompagne aussi en fin de journée.
« Nous nous arrêtons 100 km avant la frontière lituanienne. »
La Litanie, des pistes et des gués : « J6 en Lituanie, il a beaucoup plu et la piste est souvent dégradée et très, très glissante. En début d’après midi, de nouveau crevaison de l’arrière de la moto d’Eric et rebelote, une heure pour changer la chambre à air. En fait, il devait rester une second petit clou de la première crevaison, il a fini par percer la chambre.
« L’après-midi devient difficile et technique sur les pistes et j’arrive vers 17h à la deuxième porte lituanienne a Siaulai. Eric arrivera un peu plus tard bien fatigué.
« Nous avions 3 gués à traverser dont 2 dans l’eau et un par bac. Cela s’est bien passé pour moi mais Eric m’a dit être tombé dans le premier gué avec Lolo Cochet et avoir mis un peu de temps à repartir, affaires trempées.
« Pour cette deuxième porte qui se trouve sur un camping, nous avions réservé cette option mais nous sommes pris dans de très grosses averses et toutes nos affaires prennent l’eau.
« Beaucoup de pluie la nuit et rangement la matin avec tout le paquetage trempé.
« L’organisation nous donne les traces pour les 3 jours suivants et direction la Lettonie. »
J7 en Lettonie : « J’ai durci ma précontrainte de l’amortisseur arrière et la moto est bien plus équilibrée avec un avant qui tient mieux. « Nous traversons en début de journée un chemin de boue ou beaucoup y passerons du temps et je reprends un bon rythme.
« Peut être trop en confiance car sur une langue de sable assez courte, je perds l’avant et chute assez fort.
« Bien mal à la cuisse et au genoux, on m’aide pour relever la moto car impossible de la faire seul avec le poids et les valises. Rien de cassé, l’airbag n’a pas déclenché car je découvre qu’il n’a pas apprécié la pluie de la veille et la connectique de la cartouche est HS.
« On repart avec Eric sur de belles pistes roulantes dans la forêt et à 90/100 km/h et une Biche énorme avec son petit traverse la piste, c’est un miracle si je ne les ai pas percutés, je décide alors de ne plus rouler vite sur les pistes ou la forêt est très proche.
« Deuxième avertissement de la journée…
« Nous arrivons tôt au port de Ventspils pour attendre de faire la traversée en bateau pour la Suède et nous trouvons un restaurant en terrasse très sympa ou nous passerons 4 heures en faisant sécher nos affaires trempées de la veille et en slip pour déjeuner.
« Donc nuit sur le bateau en cabine ou je pensais être seul mais en réalité nous étions 4, un raté sur le site de réservation. Mes colocataires étaient bien sympas, ne ronflaient pas et nous avons passé une bonne nuit.
Débarquement à 7h du matin en Suède, on nous avait prévenus qu’il fallait scrupuleusement respecter les limitations de vitesses au risque de se voir confisquer sa moto. Les 100 premiers Km furent un enfer, il y a des radars partout et, la limitation de vitesse est généralement de 70 km/h, on n’avance pas.
« Puis nous retrouvons des petites routes et beaucoup de pistes larges ou l’on peut de nouveau s’autoriser des dépassements sans risque. 660 km ce premier jour en Suède, on dort dans un bel endroit dans la forêt ou nous dégusterons dans la chambre une ration lyophilisée que nous portons avec nous. Pas mal au fond et bien nourrissant ! J’aurai d’ailleurs avalé les 4 rations apportées. »
Toujours en Suède : « J8, J9 en Suède sur 1500 km de pistes en très bon état au milieu de la forêt. Plus de la longueur de la France avec le même paysage et des forêts, avec une température de 12 à 13° et, une petite pluie. Nous arriverons à la 3ème porte à Lycksele ou nous avions réservé un chalet.
« Nous découvrons aussi en Suède une hausse des tarifs significative – versus la France – et les autres pays traversés. Notre unité de mesure est la bière à 7 et 8€ !
« Très bon petit déjeuner le matin presque seuls car l’organisation n’avait pas informé de cette possibilité mais nous l’avions demandée.
« La majorité sont repartis sans se nourrir. »
Les jours passent : « J10 toujours de belles pistes dans la forêt avec des revêtements différents : gravelle, revêtement dur, terre, cailloux ronds profonds et dormons hors trace dans un camping mais en bungalow.
La fin approche : « J11, nous décidons de faire plus de kilomètres (660) et de traverser la Finlande pour dormir à Alta en Norvège ou nous passerons les 3 dernières nuits.
« Paysage qui change en Norvège avec la forêt qui s’éclaircit, mais toujours aussi peu d’endroit pour boire un café ou manger quelque chose.
« Surtout, on vient de passer le cercle Artic et maintenant, il n’y a plus de nuit à cette saison.
« Nous croiserons des randonneurs à pied avec des chapeaux et des moustiquaires. C’est infecté de moustiques.
« Ce dernier jour de piste, un gué est à traverser et je passe devant sans encombre après avoir jugé de la profondeur avec ces randonneurs à la moustiquaire. Eric se lance à son tour mais se fait peur et s’arrête au milieu du gué, les deux pieds dans l’eau, béquille la moto, descend et assure en passant à pied. J’ai fait demi tour et l’attend. Je suis alors à mon tour attaqué par une nuée de moustiques dans le casque ! »
La délivrance : « J12, il nous reste 250 km à parcourir pour rejoindre la dernière porte à 30 km du Cap Nord et nous arrivons vers 16h. Route le long de la mer avec beaucoup de fjords et de beaux paysages avec encore de la neige.
« Nous croiserons quelques rennes sur la route et dans les pâturages aux alentours.
« Diner, puis nous repartons à 22h en convoi pour rejoindre le Cap Nord. Remise des prix et présence à minuit au fameux globe qui représente le point le plus au Nord de l’Europe. »
Dominique Robin ne s’arrête pas là en termes d’histoire aventureuse : « Beau soleil mais nous devons rentrer à Alta 250 km au Sud ce que nous faisons de minuit à 3h du matin. Seuls au monde avec Eric et Norbert, dans un paysage somptueux et sous un beau soleil.
‘Ce sera le moment que j’aurais le plus apprécié car unique, dépaysant et improbable de voir les pêcheurs ou cyclistes en action à 2 heures du matin sous le soleil.
« Je confirme que la terre est bien ronde et qu’elle tourne !
« En terme de tarifs, les prix montent avec la latitude et la bière en Norvège est maintenant à 15€ et les chambres à 180€ ! »
La journée de repos le lendemain et le chargement des motos sur les remorques pour retour en France marque le point stop. Cette aventure laissera des traces au béarnais qui, par cette longue et périlleuse traversée n’aura eu de cesse d’aller de l’avant. « Ce voyage aura été une découverte en binôme (principalement avec Eric) avec cependant quelques regrets de ne pas avoir profité davantage des pays traversés car nous avions beaucoup de kilomètres à couvrir chaque jour pour éviter tout retard et passer les portes dans les créneaux impartis.
« Regrets aussi de ne pas avoir vu plus d’animaux exceptés quelques rennes en Norvège, sur ces milliers de km en forêts. Par contre j’ai vu beaucoup de petits gibiers type perdrix et lièvres.
« Objectivement, les pays traversés ne me donnent pas envie d’y vivre car il y a – à mon sens – peu de convivialité et peu d’endroit comme des bars du moins dans les campagnes traversées.
« La rigidité de ces peuples est aussi surprenante par contre on ressent plus de civisme/sécurité à partir de la Suède.
« En conclusion, la diversité, beauté des paysages en France et la convivialité est bien meilleure que dans tous ces pays traversés.
« Je ne sais pas si je quitterai la France un jour, mais dans tous les cas, ce ne sera pas pour ces pays nordiques ou l’on doit vraiment s’ennuyer eu égard au climat et aux mentalités.
le mot de la fin de Dominique, une analyse très personnelle après avoir vu autre chose non loin des bases française : « Vraiment dommage en France d’avoir des gouvernements depuis des années aussi médiocres, destructeurs de richesse et de civilisation car c’est pour moi un beau pays pour vivre aux regards de ces autres pays traversés dans ce voyage. »
Dominique Robin,
