Premier Québécois au volant d’une F1 historique à Monaco : Bertrand Godin pilote l’ex-Arrows de Riccardo Patrese

En 1978, un garçon de 10 ans est devant son petit écran et regarde son idole, Gilles Villeneuve, remporter le Grand Prix du Canada. Ce jour-là, Bertrand Godin se fait une promesse : « Un jour, ce sera moi qui gagnerai sur cette piste. »

En 1997, il tient parole en s’imposant au Grand Prix du Canada à Montréal, en Formule Atlantique.
En 2026, à 58 ans, Bertrand Godin s’apprête à écrire de nouveau une page d’histoire. Cette fois, il deviendra le tout premier Québécois à piloter une Formule 1 au 15è Grand Prix Historique de Monaco, un événement qui se tiendra du 24 au 26 avril prochain.

Une rencontre inattendue en Italie
La voiture qu’il pilotera, l’Arrows A1B, est celle que conduisait Riccardo Patrese lors de la saison 1978 de F1. Cette année-là, elle terminait quatrième au Grand Prix du Canada, remporté par Gilles Villeneuve, l’idole d’enfance de Godin. Un fil rouge qui court sur près de cinquante ans.

En préparation de l’événement, Bertrand Godin a effectué deux séries d’essais privés en Italie, d’abord sur le circuit de Crémona en novembre, puis sur celui de Cervesina en mars. Ces sessions ont rapidement confirmé la complicité entre le pilote et la machine. A Crémona, Godin a établi un nouveau record du tour pour une F1 historique, en 1:28,7s.

C’est lors de la session de Cervesina, le 26 mars dernier, que Riccardo Patrese a fait une rare apparition surprise. Face à face avec le pilote qui allait ramener sa voiture en piste, l’émotion était au rendez-vous des deux côtés.

« J’étais ému de piloter cette voiture en présence de son pilote de l’époque. Le fait de rencontrer Riccardo et de pouvoir échanger avec lui m’a semblé irréel », confie Godin. De son côté, Patrese n’a pas caché sa propre émotion : « Retrouver ma voiture et savoir qu’elle sera prochainement en course, c’était très fort. J’ai déjà hâte de voir Bertrand en piste à Monaco. »

Renouer avec son parcours européen
Le pilote québécois connaît bien les virages mythiques du Rocher, sur le célèbre circuit de Monaco, où il a couru en 1998. Il conduisait alors une Formule 3000, l’ancêtre de l’actuelle Formule 2. A Monaco, il courra en série F, classe 2, baptisée en hommage à Gilles Villeneuve, qui regroupe les monoplaces de 1977 à 1980.

Piloter l’Arrows A1B dans les rues de Monaco représente, pour Bertrand, bien plus qu’une course automobile. Pour lui, cette Formule 1 est plus qu’une simple machine de course. « C’est une œuvre d’art et d’histoire », confie-t-il. Et de cette aventure monégasque, il attend avant tout une chose : « Vivre le moment. »

À Monaco, du 24 au 26 avril, le petit garçon qui rêvait devant son téléviseur en 1978 aura l’occasion de vivre un nouveau moment d’exception. C’est une invitation à redécouvrir l’histoire de la Formule 1 à travers les yeux d’un pilote qui n’a jamais cessé de rêver.

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