Tim Mérieux déjà dans le coup pour ses débuts en Porsche Cup lors des 12H du Paul Ricard

Appelé en dernière minute chez SebLajoux Racing, Tim Mérieux a pris pour la première fois le volant d’une Porsche 992 GT3 Cup en condition de course. Le Dijonnais a montré sa capacité d’adaptation en étant rapidement au niveau attendu. Sa course de rentrée s’est soldée par une sixième place finale et un bilan personnel très positif.

En débutant sa semaine d’école, Tim Mérieux n’aurait jamais pensé la finir derrière le volant d’une Porsche 992 GT3 Cup. C’était sans compter sur un appel qui allait chambouler ses plans. « J’avais déjà eu des contacts avec SebLajoux Racing plus tôt cette année. Sébastien Lajoux, le team manager, m’a appelé le lundi précédent la course car ils étaient à la recherche d’un Silver. Nous avons validé ma participation le mercredi et je suis parti directement vers le Circuit Paul Ricard. »

Sur la route entre Dijon et Le Castellet, le pilote de 21 ans ne pouvait s’empêcher de sourire : « c’était une proposition excitante que j’étais fier d’avoir reçue. Je voulais absolument remonter dans une voiture, reprendre le volant, retrouver ce feeling si particulier et agréable à la fois. »

Habitué aux prototypes depuis deux saisons, l’ancien pilote d’Alpine Cup retrouvait une GT bien différente de celles qu’il avait connues : « La Porsche 992 GT3 Cup est une voiture avec laquelle je rêvais de rouler. J’avais eu un premier aperçu au Junior Programme de Porsche France en 2023 mais cela n’a rien à voir avec une vraie course. J’étais sûr que j’allais m’amuser dans cette fabuleuse Porsche. »

En plus de la voiture, Tim Mérieux faisait ses débuts en 24H Series : un championnat européen qui regroupe plusieurs catégories de GT, dont de multiples GT3 et Porsche Cup. Lors des courses de 12 Heures, les épreuves sont divisées en deux parties : 6 heures le samedi et autant le dimanche. Le Dijonnais était engagé en 992 Am, aux côtés de Lionel Amrouche et Loïc Teire. Le trio formait l’équipage de la #910.

Lorsqu’il entrait dans sa Cup le jeudi, le pilote SebLajoux Racing avouait se sentir « comme un enfant qui retrouve son jouet. » Les essais privés et les sessions libres lui offraient seulement quelques tours du Circuit Paul Ricard.

Une mise en jambe très rapide avant d’attaquer les qualifications, un très bon résumé de sa carrière « j’ai toujours eu peu de roulage avant d’arriver dans les moments qui comptent. Je crois que c’est ma force de pouvoir montrer ce que je vaux en étant moins bien préparé que les autres. J’ai cette capacité à m’exprimer derrière un volant rapidement. »

Qualifié à la septième place de leur classe, au cumul des temps des trois pilotes, Tim Mérieux n’était que spectateur du début de course. « C’est aussi ce que j’aime dans l’Endurance. Suivre le départ depuis les stands, soutenir son coéquipier à distance et se tenir prêt à monter lorsque l’ingénieur nous le demande. »

Son moment arrivait en plein milieu du samedi après-midi. Après cinq tours pour bien se caler, le rookie imprimait un bon tempo pendant plus d’une heure pour gagner quelques positions au classement. « J’ai géré différemment le trafic pendant ce premier relais. J’avais toujours roulé dans la catégorie reine donc je ne m’étais jamais fait doubler par des voitures plus rapides, en l’occurrence des GT3. J’ai été plus prudent, j’ai regardé dans mes rétroviseurs pour être sûr de ne pas faire d’erreur. L’autre point d’interrogation était la dégradation pneumatique puisque je ne les avais jamais emmenés aussi loin sur un relais. »

Très satisfait par sa prestation, l’équipe lui demandait de prendre le deuxième départ le dimanche. Cela impliquait de réaliser plusieurs procédures : faire le tour de mise en grille, s’installer sur son bon emplacement, se concentrer avant un départ et enfin être prêt à bondir à l’extinction des feux.

« Ce sont des moments d’adrénaline que nous partageons avec toute l’équipe. Serrer la main des mécanos avant de monter dans la voiture, se faire encourager, ce sont des instants inoubliables que j’étais heureux de revivre. »

Quatrième de sa catégorie et vingt-deuxième au général, Tim Mérieux savait qu’il avait beaucoup à perdre en prenant trop de risques : « J’ai volontairement été très prudent. Le premier virage est rapidement un entonnoir quand tu es au milieu du peloton. » Comme la veille, une poignée de tours lui suffisait pour s’installer dans un rythme rapide. Son bon tempo encourageait les ingénieurs à le laisser en piste et étendre son relais.

Il passait au total 2h28 de suite derrière le volant ! « J’ai tellement pris de plaisir, racontait-il, des étoiles dans les yeux. Dans la voiture, je me suis dit que j’avais tellement bien fait de m’entraîner sans relâche pendant tout ce temps. Je n’ai pas eu de douleur physique, seulement de la fatigue au fur et à mesure des heures. Je suis content d’avoir été lucide jusqu’au bout. Je n’ai commis aucune erreur d’inattention. Mes tours étaient très constants puisque je naviguais toujours dans les mêmes dixièmes. »
Quelques heures après sa sortie de voiture, la #910 souffrait d’un souci technique rapidement réglé par les mécaniciens. L’intervention faisait perdre plusieurs tours et l’équipage figurait au sixième rang de sa catégorie au passage sous le drapeau à damiers.

« Nous aurions pu faire mieux mais un manque de chance mécanique nous a retardé. Bravo à l’équipe qui a fait un super travail pour nous permettre de rapidement prendre la piste. J’étais satisfait de rallier l’arrivée avec Lionel et Loïc qui ont eux aussi été au niveau. J’ai montré que j’étais toujours là et que j’avais une grosse marge de progression. »

Cette première expérience concluante en Endurance au volant d’une Porsche Cup, Tim Mérieux se tourne désormais vers la suite. « J’ai envie de finir le championnat avec SebLajoux Racing. Tout a été parfait au niveau du team. Je veux absolument être au départ des 24 Heures de Barcelone. C’est l’objectif sportif de cette fin de saison. » Avant de se rendre en Catalogne, les 12 Heures du Nürburgring, début juillet, pourraient faire office de prochain rendez-vous.

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