Rallye du Maroc Autos : Une dizaine de prétendants à la victoire !

Francisco Lopez Contardo is seen during the prologue before the Rallye du Maroc in Arfud, Morocco, on October 14, 2025. // Kin Marcin / Red Bull Content Pool // SI202510141119 // Usage for editorial use only //

Sébastien Loeb et Nasser Al Attiyah se présentent au départ du Rallye du Maroc avec 3 points d’écart, devant Seth Quintero (-13 points), le vainqueur de la manche précédente. Les trois constructeurs inscrits sur le championnat (Dacia, Toyota et Ford) sont au grand complet.

En Stock, Stéphane Peterhansel vainqueur en Argentine est revenu à 29 points de Rokas Baciuska, son coéquipier chez Defender.

En Challenger, un nouveau duel entre le KTM X-Bow de Puck Klaassen et le Taurus de la galaxie BBR d’Alexandre Pinto (-9 points) est attendu, comme celui arbitré par le même écart en SSV entre le Can-Am de South Racing de Jeremias Ferioli et celui aux couleurs Izoton de Mindaugas Sidabras.

Sébastien Loeb (The Dacia Sandriders) a remporté le Rallye du Maroc l’an dernier. Ce succès, plus celui récemment obtenu au bp Ultimate Rally-Raid Portugal et sa place de leader du championnat, en font l’un des grands favoris. « J’arrive en leader, c’est mieux que d’être derrière mais l’écart est de rien du tout. On va devoir ouvrir la première étape et ça, ce n’est pas forcément une aide. C’est bien d’être dans le coup mais on sait que c’est une discipline aléatoire, il ne faut pas se faire de film. On va essayer de faire un beau rallye. En 2025 cela s’est bien passé même si c’était très serré, ce n’était pas une domination, il y a eu une grosse bagarre. On est dix ou douze voitures à être capables de jouer devant, contrairement au passé. Parfois, je fais une spéciale plutôt bonne et je suis 8e , alors qu’avant j’étais premier ou second. C’est qu’il y a du monde et c’est souvent une belle bagarre. »

Recordman de l’épreuve avec sept victoires (2014, 15, 16, 17, 18, 21, 24), Nasser Al Attiyah (The Dacia Sandriders) a toutefois perdu le titre mondial ici l’an dernier. Le Qatarien a une revanche à prendre au Maroc, où il débarque avec trois points de retard sur Loeb au championnat. « Nous avons gagné sept fois ici ; j’ai beaucoup d’expérience et je suis prêt à 100 % pour cette épreuve. Nous allons adopter une stratégie intelligente. Nous nous élançons en deuxième position derrière Seb, ce qui est une bonne place. Ici il faut éviter les problèmes, comme les crevaisons ou les erreurs de navigation. »

En gagnant en Argentine, Seth Quintero (Toyota Gazoo Racing W2RC) a mis fin à la série de trois victoires de rang de Dacia sur le W2RC. Peut-il désormais empêcher l’équipe de gagner au Maroc pour la troisième fois de suite ? Tel est son objectif pour reprendre les 13 points qui le séparent de Loeb. « C’est ma troisième saison en Ultimate. Je suis souvent monté sur le podium, mais la victoire en Argentine pourrait ouvrir les vannes. Il y a évidemment le championnat en jeu, deux manches restantes, et je vise à nouveau la gagne. Cette victoire a un peu allégé la pression mais elle m’a aussi rapproché des deux leaders. Ils sont difficiles à battre mais j’ai toujours obtenu de bons résultats ici par le passé, dont deux victoires en Challenger. »

Nani Roma (Ford Racing) connaît le mode d’emploi pour être rapide au Maroc, comme en témoignent ses places de 3e ici (2017, 23, 25). « C’est une course que j’aime vraiment. Le Maroc est un pays magnifique où j’ai de merveilleux souvenirs. J’ai commencé la moto ici il y a 31 ans, en 1995, et mon premier Dakar en 1996 est passé par le Maroc. C’est un endroit où je me sens toujours très à l’aise. Ce sera une course très disputée. La grille est relevée, tant en quantité qu’en qualité, la lutte sera serrée et on va s’amuser. J’aime gagner, mais je pense que beaucoup d’autres aussi ! Nous devons faire les choses bien jour après jour et élaborer une bonne stratégie. Nous avons une bonne équipe, une bonne voiture et aimerions remporter notre première victoire avec Ford. »

Le Maroc sera à jamais un pays chéri par Lucas Moraes, sacré champion du monde FIA 2025 à Erfoud avant de rejoindre The Dacia Sandriders. « C’est fou à quel point les choses peuvent changer en douze mois. Il y a un an, j’ai vécu le meilleur moment de ma carrière en remportant le championnat du monde ici, j’entretiens donc un lien très particulier avec le Maroc. Aujourd’hui, la donne change avec la fin du programme Dacia après Abu Dhabi, mais l’expérience a été incroyable. Nous avons remporté des étapes ensemble mais pas encore de course, ce serait donc formidable d’y parvenir. Et le podium [du championnat] reste possible. »

Henk Lategan (Toyota Gazoo Racing W2RC) est l’un des hommes du moment après sa 2è place au Desafio Ruta 40 YPF. « Nous avons performé en Argentine, la voiture fonctionnait bien. Mais depuis, tout le monde a fait des tests et certains apportent des améliorations, ce sera donc intéressant à suivre. C’est sans doute l’épreuve dans le désert la plus complète en dehors du Dakar, tout le monde est là pour comparer et faire des vérifications. L’an dernier, c’était ma première fois au Maroc. Cela a été une véritable découverte, mais j’ai beaucoup apprécié. Il ne sera pas facile d’affronter des pilotes qui possèdent tant d’expérience ici. »

Joao Ferreira (Toyota Gazoo Racing SA) est passé tout proche de son premier podium en Ultimate au Maroc l’an dernier (4è place), avant de finalement le décrocher cette saison au Portugal. « Le Rallye du Maroc est un mini Dakar cette année, toutes les équipes et tous les pilotes sont là. La compétition va être très serrée, mais on est là pour faire au moins comme l’an dernier, et pourquoi pas aller chercher notre première victoire en championnat du monde. L’équipe a travaillé dur cette saison, spécialement cet été que l’on a passé à tester et où l’on a remporté la Baja Aragon. On a passé beaucoup de temps dans l’auto et avec l’équipe, j’espère que cela va payer sur les prochaines courses. »

Deuxième en 2007, 2016 et 2019, Carlos Sainz doit conjurer le sort des médailles d’argent pour apporter à Ford un premier succès au Maroc. « Le Maroc est toujours un test crucial pour les participants au Dakar. C’est l’occasion d’essayer les dernières améliorations apportées à la voiture et de se mesurer aux autres. Pour nous, il est d’autant plus important de confirmer que les petits problèmes rencontrés lors des deux dernières courses sont résolus. À titre personnel, il est important de continuer à travailler avec Dani [Oliveras] pour améliorer progressivement notre communication. L’objectif est toujours de gagner. C’est un rallye où je n’ai jamais eu beaucoup de chance, mais peut-être que cette année ce sera différent. »

Eryk Goczal (Energylandia Rally) commence à être expérimenté en Ultimate, mais il célèbre une première au Maroc : sa première sortie en W2RC au volant d’un Ford Raptor. « C’est ma première course compétition avec le Ford préparé par M-Sport, nous l’attendons avec impatience. Nous sommes déjà venus deux fois au Maroc, je pense que nous avons passé trois semaines à tester la voiture, accumulant près de 6 000 kilomètres à son volant. L’objectif est toujours de gagner. Le niveau est très élevé, mais c’est pour ça qu’on est là avec l’équipe, c’est pour ça qu’on se prépare : pour rivaliser avec les meilleurs et tenter de tenir le rythme. »

Yazeed Al Rajhi (Overdrive Racing) a signé la dernière victoire d’un Toyota Hilux au Maroc (2023). « Il y a toujours une grande bagarre sur cette course. On a apporté de nombreuses améliorations à notre voiture et on fera de notre mieux pour performer. Notre objectif est de terminer la course sans rencontrer de problème technique afin de préparer le Dakar. Nous ne sommes plus en lice pour le championnat et beaucoup de pilotes attaqueront à fond. Nous ne roulerons pas à 110 %, mais plutôt à 95 % ; nous passerons à 98 % pour les deux derniers jours, et à 100 % sur les 30 derniers kilomètres ! »

Sixième du dernier Dakar, Mathieu Serradori est le fer de lance de Century Racing Factory qui ne cesse de gagner en importance. « On a bien préparé cette épreuve qu’on affectionne tout particulièrement. On a bien progressé sur l’auto et on vient valider tout cela avec Century. On a le soutien de l’usine qui a fait le déplacement d’Afrique du Sud, et le staff Europe est là aussi. On est en force, avec de petits nouveaux dans le team. On arrive également dans de bonnes conditions mentales, accompagnés de notre physio-préparateur mental qui est sur place pour la première fois. C’est une petite nouveauté et on essaie aussi de travailler un peu différemment sur l’approche de la course, sur tous les à-côtés, ce qui est fondamental pour aller chercher de la performance. »

La troisième place obtenue par Guillaume de Mévius (X-raid Mini) en 2024 constitue aussi son dernier podium en date en W2RC. « On va essayer de se battre pour un podium, mais surtout de bien valider tout ce qu’on a fait pendant l’année. On aborde cette course avec calme. On n’a pas assez de points pour se battre pour une position au championnat, donc on est surtout là pour bien valider tous les essais faits pendant l’année. On a beaucoup roulé en tests, peu en course. Je suis content d’être de retour sur une vraie grande course dans le désert. On va essayer de profiter, d’aller jusqu’au bout. »

La star argentine Kevin Benavides (Overdrive Racing) poursuit son apprentissage en Ultimate après avoir performé à moto et en Challenger. « Je suis content d’être de retour au volant, je n’avais pas pu le faire jusqu’à mon arrivée au Maroc et nous avons eu de bons entraînements avec l’équipe. C’était beaucoup de travail et les sensations sont excellentes. Nous allons essayer de maintenir un rythme régulier et de prendre une bonne position de départ, car la poussière joue un rôle important. On verra comment ça se passe, mais j’ai vraiment hâte d’y être. Je me suis senti très à l’aise dès le premier kilomètre [en Ultimate en Argentine]. C’était bien de montrer un certain potentiel. Ma motivation est intacte, c’est pourquoi j’ai décidé de me lancer dans une nouvelle aventure et d’écrire un nouveau chapitre de ma vie. Je veux retrouver le sommet comme je l’ai fait en moto, mais c’est un processus qui prend du temps et il faut continuer à apprendre. »

Bien que déjà expérimentée en T1+, Dania Akeel (Overdrive Racing) fait ici sa toute première apparition en W2RC dans la catégorie Ultimate. « On a participé à la coupe du Moyen-Orient 2025, à la coupe du monde des Bajas 2026 et aux rallyes saoudiens pendant deux saisons, où c’est bien d’avoir Yazeed [Al Rajhi] pour évaluer où nous en sommes. Nous avons quelques repères, mais ici, le plateau est vraiment très important. [Mon navigateur] Sébastien Delaunay me connaît très bien. Mais le rallye-raid en Ultimate est plus long, plus difficile, plus technique et le niveau de compétition est plus élevé qu’en Baja ; c’est un cran au-dessus. »

Stéphane Peterhansel (Defender Rally) a gagné trois fois en autos sur la course (2004, 09, 10). Désormais en Stock, « Monsieur Dakar » est 2è du championnat derrière son coéquipier Rokas Baciuska. « L’année dernière marquait ici le début du programme Defender et nous n’étions pas prêts pour cette course. J’ai vraiment hâte, car pour moi, le Rallye du Maroc est la meilleure course lorsqu’on parle de rallye-raid. C’est ici que tout a commencé en Afrique, on trouve tous les types de terrains. J’aime courir ici, d’autant plus que cette année on a pu faire évoluer l’auto depuis un an sur les terrains variés du championnat du monde. Elle devient de plus en plus amusante à piloter. »

Puck Klaassen (KTM X-Bow powered by G Rally) est la nouvelle leader de la catégorie Challenger, et la première femme pilote à mener un championnat W2RC. « C’est vraiment incroyable d’être en tête du championnat. Je ne vais pas changer mon approche de la course ni ma stratégie : à chaque rallye, nous attaquons là où c’est possible sans prendre de risques inutiles. Je vais garder cet état d’esprit et essayer de prendre du plaisir, car cela fonctionne toujours. Je m’attends à une grande bagarre et on va tout donner. J’ai déjà disputé deux fois le Rallye du Maroc et j’ai une bonne expérience ici. J’aime beaucoup ce type de parcours plus exigeant, j’ai vraiment hâte d’y être. »

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