La tension monte avant l’édition 2026 des 2 Tours d’Horloge (6-7-8 novembre). La seule course d’endurance de 24 heures au monde pour voitures historiques de compétition disposera à nouveau d’un plateau complet, pour une victoire qui promet d’être disputée. La liste des engagés – prochainement dévoilée – témoigne d’un engouement fort, palpable, qui accompagne le développement de V de V Sports.
Les 2 Tours d’Horloge dans quelques jours, avec le BOSS GP en ouverture
Dans le village et en piste, The Originals Renault – La Collection participera à la fête
L’intégralité de la course à suivre en direct sur Youtube
Des partenariats renouvelés, signe de confiance et d’engagement dans la durée
Laure Van de Vyver : « De véritables courses d’endurance »
« La période est rude sur le plan géopolitique et économique, et personne n’y échappe : la course automobile n’est pas une exception, la compétition historique non plus. Je n’ai jamais cru qu’elle vivait sous cloche. Impliquée dans V de V Sports depuis 2001, je suis au contraire aux premières loges pour mesurer les évolutions actuelles.
« Dans ces moments-là, chacun finit par montrer ce à quoi il tient vraiment. C’est ce que je retiens de 2026. Notre devoir d’organisateurs est d’être clairs : un concurrent doit savoir exactement ce qu’il vient chercher chez nous avant d’engager sa voiture, son équipe et son budget. V de V Sports trace donc sa ligne, et elle tient en une phrase : de véritables courses d’endurance aux formats variés, pour les véhicules historiques.
« Cette ligne, les concurrents engagés la valident. Les fidèles reviennent, les nouveaux venus se joignent à nous avec enthousiasme, pilotes et préparateurs nous sollicitent. C’est ce qui nous permet d’aborder la saison prochaine avec un calendrier qui sera renforcé. C’est pour nous une croissance maîtrisée, réaliste, et pour tous une offre plus complète, qui permet de multiplier le temps en piste et en dehors, dans un cadre préservé.
« Mais avant cela, place au grand rendez-vous de l’année. Lancé en 1992, le meeting des 2 Tours d’Horloge concentre notre ADN, et ce que nous voulons porter sur tous nos rendez-vous : une aventure, de la compétition, de la convivialité, de l’esprit d’équipe. Cette course va refermer 2026, et nous donner le ton de la suite, qui s’annonce grandiose. »
Trois questions à François Rivaz
Au départ cette année pour la troisième fois, François Rivaz devient un habitué des 2 Tours d’Horloge. Sa présence ? Elle est guidée par l’envie de gagner, certes, mais aussi par l’idée de vivre encore une grande épopée que seule cette épreuve peut offrir en compétition historique.
François, vous revenez aux 2 Tours d’Horloge pour une revanche après 2025 ?
François Rivaz : Un peu. L’année dernière, la course était très disputée. Nous avons terminé à la deuxième place, dans le tour des vainqueurs. Frank (Stippler) a signé le meilleur temps de la course dans son dernier relais, et notre Chevron était affûtée. Pas assez pour gagner, car nous avons eu des problèmes d’alternateur et nous avons peut-être manqué de clairvoyance sur la gestion des pièces. Cette année, nous revenons mieux préparés. Ce que j’attends surtout en plus d’un résultat, c’est cette ambiance particulière, unique, qui fait de cette course probablement ma préférée au calendrier. L’année dernière, nous avons tout vécu : j’ai même pris un relais après le brouillard, avec 5 cm d’eau dans la voiture, je grelottais. C’était génial. Pour ma première participation en 2024, j’ai pleuré à l’arrivée tellement le moment était fort. Pour tout le monde, c’est un moment à part.
Vous avez à vos côtés deux pilotes d’expérience. Quel est le rôle de chacun ?
En fait, nous formons un trio d’amis avant un trio de pilotes. J’ai rencontré Alexander (Furiani) en cherchant un préparateur pour mon Alfa Romeo Giulia, avec laquelle je roule dans des courses sprint. Alexander connaît par cœur ce modèle, et nous avons eu un vrai coup de cœur amical car nous partageons la même philosophie : rester proche de l’origine, ne pas dénaturer une auto ou la sacrifier pour la quête de performance. Voilà pourquoi ma Giulia est peut-être plus lourde et moins rigide que d’autres, mais elle a gardé son caractère d’époque. Alexander est doté d’une connaissance de la mécanique impressionnante, en plus d’un bon coup de volant. Il m’a présenté Frank (Stippler) qui avait envie de passer en historique, après sa longue carrière en moderne. Il m’a proposé ses services et depuis, on ne se quitte plus ! C’est un grand amateur de voitures et de motos anciennes. Il m’aide à lever certains blocages que j’ai encore, pour mieux gérer la dérive sur quatre roues, le freinage fort. Je progresse !
On espère voir le ‘Côtes du Rhône Racing Team’ au plus haut. Quelle est l’origine de ce nom assez étrange d’ailleurs ?
Cela vient de l’histoire de la voiture. La Chevron B19 que nous engageons a participé à la manche du Paul Ricard du Championnat d’Europe des Sport-Prototypes 2 litres en 1972. À son volant, on retrouvait Jimmy Mieusset. Il avait réalisé une belle sixième place dans la première course, avant de terminer deuxième à 10 secondes seulement de Gérard Larrousse sur la seconde course. Jimmy Mieusset possède un palmarès dingue en championnat d’Europe de la Montagne, ainsi que sur circuit, et avait comme sponsor… l’appellation des vins des Côtes du Rhône. Sur sa voiture des 24 Heures du Mans 1973 (une autre Chevron B23) partagée avec Pierre Maublanc, on pouvait retrouver ce nom sur le côté. Amusant, assez malin, et j’adore l’esprit de débrouillardise des pilotes qui allaient chercher leurs budgets. Voilà pourquoi nous avons mis la voiture dans sa livrée de 1972, comme un hommage.
Focus sur la… Chevron B19
Née de l’observation de la concurrence, et de la volonté d’un pilote associée à la simplicité des règlements des années 70, la Chevron B19 est une voiture dont l’histoire continue de s’écrire aujourd’hui en compétition historique, notamment en V de V Sports.
Née de l’observation de la concurrence, et de la volonté d’un pilote associée à la simplicité des règlements des années 70, la Chevron B19 est une voiture dont l’histoire continue de s’écrire aujourd’hui en compétition historique, notamment en V de V Sports.
L’histoire de la Chevron B19 débute par une demande, formulée par Brian Redman. En avril 1970, lors de la première course du nouveau championnat d’Europe des Sport-Protos 2 litres, au Paul Ricard, il voit passer la Lola T210 découverte et comprend que son coupé B16 est condamné, trop lourd. Il presse Derek Bennett, patron de Chevron, de lui construire une barquette. Bennett répond qu’il a des B16 à livrer à ses clients en priorité, puis cède, en août. Faute d’argent pour étudier la carrosserie, il suit un autre conseil de Redman : copier la Porsche 908/3, dont l’aérodynamique est déjà au point.
Sant toit ni loi
Le résultat est la B16 Spyder, qui pèse environ 70 kg de moins que le coupé et marche d’emblée. Aux 500 km du Nürburgring, en septembre 1970, Redman mène de plus de 2 minutes quand un incendie détruit la voiture. Chevron la reconstruit en 15 jours et l’emmène à Spa, où Redman bataille roue contre roue avec la Lola de Jo Bonnier jusqu’au dernier virage du dernier tour : les deux partent en tête-à-queue à La Source, Redman enclenche la première le premier et gagne. Chevron enlève le titre constructeurs, d’un point.
Le seul exemplaire de la B16 Spyder a servi de « prototype », de « patron », en fin d’année 1970, et Chevron lance officiellement la B19 en 1971, qui en est la version aboutie, fabriquée pour les clients. Elle devient la voiture de l’écurie d’usine et de presque toutes les équipes privées : Red Rose Racing, DART, Canon Racing, et même Jo Siffert Automobiles pour Gérard Larrousse. Au centre, un Ford Cosworth FVC de 1 790 cm³, 4 cylindres, 16 soupapes, 240 ch à 8 500 tr/min.
Lauda brille à domicile
Le 23 mai 1971, au Salzburgring, Red Rose confie une B19 à un Autrichien de 22 ans devant son public. Helmut Marko rate son départ, Niki Lauda gagne, aidé par son coéquipier John Hine, qui contient Merzario dans les derniers tours. Coup d’essai, coup de maître : Lauda refusera ensuite une offre d’Abarth pour se consacrer à la monoplace. Ce sera sa seule victoire de la saison, et 9 points au championnat.
La suite ? La B19 d’usine de Chris Craft, dont le châssis DBE12 porte les initiales de Derek Bennett Engineering, gagne à Oulton Park pour ses débuts, puis enchaîne les casses : freins à Silverstone, accident de Bennett lui-même aux essais de Croft, tringlerie d’accélérateur à Brands Hatch. C’est un client, John Miles, qui remporte le championnat britannique sur sa propre B19, aux couleurs Castrol. En Europe, Brian Robinson gagne le Martini International Trophy à Silverstone, mais le titre constructeurs revient à Lola : 57 points contre 46 à Chevron.
La B19 engendre les B21, B23 et B26. Une seule apparition au Mans, en 1972, la n°69 de Michel Dupont, abandon à la cinquième heure sur problème de boîte de vitesses et d’embrayage. Paul Owens, bras droit de Bennett, en gardait pourtant le meilleur souvenir : la B19 était sa Chevron préférée.
Ils continuent leur engagement…
Pour la deuxième année consécutive, Benson & Cherry s’associe aux 2 Tours d’Horloge et en devient l’habilleur officiel.
Lancée en 2019, la marque de prêt-à-porter masculin imagine des collections modernes et élégantes, avec une identité fortement inspirée par l’univers automobile. Véhicules emblématiques et légendaires, devenus de véritables symboles de style, de performance et de passion, sont ainsi mis à l’honneur dans les collections.
« Créée par des passionnés, pour les passionnés », Benson & Cherry renouvelle son partenariat avec les 2 Tours d’Horloge. Deux univers réunis par une même envie : faire vivre une passion, la transmettre et la partager. La collection créée pour l’occasion sera à découvrir lors des 2 Tours d’Horloge, dans la boutique au cœur du village, accessible à tous.
Julien Hergault,
