Le comité directeur de la Fédération française du sport automobile, et son président Pierre Gosselin, ont été révoqués mardi, alors que ce dernier affirmait avoir hérité d’un système de gouvernance opaque.
« L’utilisation de financements publics impose une exigence absolue de transparence, de rigueur et d’exemplarité », a affirmé la ministre des Sports Marina Ferrari, à l’AFP, mardi 24 mars, au sujet du fonctionnement de la FFSA, dont le président Pierre Gosselin a été révoqué le même jour. Par conséquent, le ministère a saisi le procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale qui stipule que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit, est tenu d’en donner avis sans délai » à la justice.
Par ailleurs, la ministre a « décidé de diligenter une inspection générale afin d’établir un diagnostic du fonctionnement et de la gouvernance de la fédération », dont le rapport final est attendu « d’ici juin ». Un positionnement soutenu par l’ancienne ministre des Sports, désormais présidente du Comité national olympique et sportif français, Amélie Oudéa-Castera, qui affirme, auprès de l’AFP, qu’il « ressort aussi des éléments portés à la connaissance du CNOSF qu’une remise en ordre de la gouvernance de la Fédération s’avère en tout état de cause indispensable et urgente ».
Accusations et dépôts de plainte de part et d’autre
Dans un communiqué du 4 mars, Pierre Gosselin, alors président de la FFSA, affirmait avoir « acquis la certitude d’avoir hérité d’un système de gouvernance opaque et illégal qui menace tant notre agrément ministériel que notre probité », et avait évoqué « des décisions et des flux financiers qu’il revient urgemment à la Fédération et à l’État d’éclaircir ». Il avait alors annoncé avoir porté plainte au pénal contre ses prédécesseurs, pour des « agissements suspects », en plus d’une plainte contre Jacques Régis, président de la FFSA de 1997 à 2007 pour « menaces, intimidation, dénonciation calomnieuse et diffamation ». Il avait également saisi le ministère des Sports pour qu’il lance une enquête.
Suite à ces accusations, ses opposants ont rapidement répliqué en annonçant le dépôt d’une plainte collective contre le président pour « abus de confiance, détournement de fonds et dénonciation calomnieuse ». Ils affirment notamment que Monsieur Gosselin aurait perçu « sans autorisation » au premier semestre 2025 une rémunération non validée par l’Assemblée et non remboursée par l’intéressé, « plaçant M. Gosselin dans une situation d’illégalité manifeste ». Par ailleurs, ils assurent que les statuts en vigueur, critiqués par Pierre Gosselin, ont été votés « à sa demande » lorsqu’il était secrétaire général de la FFSA, et n’ont jamais été contestés par le ministère des Sports selon eux.
Ainsi, 31 des 42 membres de l’Assemblée générale de la FFSA avaient demandé la convocation d’une assemblée générale extraordinaire pour révoquer le comité directeur et son président. Cette dernière, tenue mardi 24 mars, a abouti à un vote à 70% des voix pour cette révocation.
Pierre Gosselin ne regrette pas « un combat utile »
« En décidant de m’attaquer au système de fonctionnement opaque et quasi mafieux de l’ancien président de la FFSA, Jacques Régis, je savais les risques que je prenais, mais la probité de notre sport et la transparence à l’égard des 50 000 licenciés méritaient ce combat, a fait savoir Pierre Gosselin à L’Equipe. Ma révocation, et celle du comité directeur, est l’aboutissement du travail d’intimidation, de menaces et de liquidation entrepris par mes deux prédécesseurs contre moi pour que ne soient pas révélées au grand jour leurs pratiques antidémocratiques et leurs mélanges constants entre leurs intérêts personnels et ceux de la Fédération. Je ne regrette pas d’avoir mené ce combat utile ».
France Info Sport & AFP,
