Dans un courrier long adressé à l’ensemble des organes qui œuvrent pour le sport automobile en France, le Président de la FFSA Pierre Gosselin fait un point clair de la situation régnante derrière son dos. Avant la réunion du 24 mars prochain, pour que chaque personne prenne conscience des accusations non fondées sur le Président, cette mise au point doit permettre de calmer le jeu ne serait-ce que pour le bien être de ceux et celles qui font marcher le sport automobile en France et qu’ils puissent travailler loyalement, sportivement et sans chantage !
Cher(e)s Président(e)s d’Associations Sportives,
Cher(e)s Président(e)s de Ligues et Délégué(e)s,
Chers membres du Comité Directeur,
Cher(es) Ami(e)s,
Je reviens vers vous à la suite du communiqué que vous avez reçu le 16 mars concernant la démarche de révocation entamée par certains membres de l’Assemblée Générale.
La succession de contre-vérités dans ce communiqué m’oblige à vous répondre.
Avant toute chose, il parait important de préciser qu’une demande de révocation a été signée par plusieurs membres de l’Assemblée Générale, mais à l’initiative des deux anciens Présidents de la FFSA, en réponse à ma convocation, le 24 février 2026, d’un Comité Directeur qui s’est tenu le 4 mars dernier.
Cette réunion urgente du Comité Directeur faisait suite à une réunion au ministère des Sports, le 19 février 2026, lors de laquelle il m’a été confirmé, d’abord oralement, que le fonctionnement de la gouvernance de la FFSA, mis en place depuis 2025 par les deux anciens Présidents de la FFSA, était contraire aux dispositions du Code du sport dans des proportions laissant à penser que l’agrément ministériel pouvait être remis en cause. Cette analyse m’a été confirmée par écrit le 27 février 2026. Dans ce courrier, le ministère soulignait le caractère « urgent » de remettre en conformité la gouvernance de la FFSA.
(Récupérer le lien ci-dessous, le copier pour prendre acte du courrier du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la vie associative)
C’est lors de cette même réunion que nous avons discuté avec le ministère de la nécessité de réunir, tout d’abord, un Comité Directeur et, ensuite, de convoquer une Assemblée Générale afin de lancer les travaux de remise en ordre de la Fédération. Tous les Président(e)s de Ligue du Sport Automobile et les délégués auraient bien évidemment été informés de la situation à la suite de ce Comité Directeur ainsi que tous les Président(e)s de Ligue de Karting et les Président(e)s d’associations sportives.
Par la suite, le 18 mars 2026, j’ai reçu une mise en demeure m’enjoignant de modifier l’ordre des résolutions inscrites à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale et Extraordinaire du 24 mars 2026, afin que la révocation du Comité Directeur soit votée avant les autres résolutions. Or, l’article 8 des statuts de la FFSA prévoit expressément que « L’ordre du jour est fixé par le Président de la FFSA ». Si les statuts permettent à un quorum de membres de l’Assemblée Générale d’« exiger l’inscription à l’ordre du jour des questions de leur choix », ils ne leur confèrent aucun pouvoir sur l’ordre de leur examen, cette prérogative appartient exclusivement au Président. La demande de modification de l’ordre du jour est donc sans fondement statutaire, d’autant que les résolutions que les requérants souhaitent voir reléguées après le vote sur la révocation visent précisément à mettre la FFSA en conformité avec les demandes du ministère des Sports, exprimées dans son courrier du 27 février 2026.
A l’aune de ces éléments, chacun appréciera si la démarche de révocation apparaît toujours bien fondée.
En outre, je souhaite reprendre ci-dessous, point par point, le communiqué du 16 mars pour en souligner les contre-vérités, volontaires ou non.
« 1. Les dérives de management : un premier signal d’alarme
Très tôt à la fin 2024, plusieurs décisions internes, mal préparées ou insuffisamment fondées, ont conduit à des recrutements et surtout des licenciements contestés, dont certains ont généré des procédures sensibles, voire des enquêtes pour harcèlement moral, suivies de transactions très couteuses pour la Fédération. »
J’ai effectivement décidé de mettre fin à une collaboration avec un salarié de la Fédération qui (1) avait exprimé auprès de Nicolas DESCHAUX les difficultés à travailler avec moi en tant que Secrétaire Général et (2) dont je n’étais pas en mesure de justifier, auprès du Comité Directeur et de l’Assemblée Générale, le montant de la rémunération au regard du travail accompli pour la Fédération.
Cela étant, compte tenu de son ancienneté et de sa contribution à la FFSA, j’ai engagé des discussions afin de parvenir à une solution amiable.
Les demandes financières du salarié étant jugées exorbitantes par le cabinet d’avocats de la Fédération, je n’ai pas souhaité donner une suite favorable à ses demandes. Quelques semaines plus tard, le salarié aurait, selon le cabinet d’avocats de la Fédération, commis une faute grave. Il m’a ainsi été conseillé d’entamer une procédure correspondant aux faits reprochés. Les avocats en charge du dossier étaient extrêmement confiants au regard du dossier. Cela étant, Jacques REGIS a souhaité, contrairement à l’analyse des avocats, entamé des négociations avec le salarié. Il a même prétendu qu’en cas de poursuite de la procédure prud’homale, il serait « contre la FFSA. »
Une fois un accord trouvé par les avocats des deux parties, conformément à sa demande qui était contraire à la position des avocats de la Fédération, il prétend que c’était une transaction coûteuse…
S’agissant d’un autre salarié, sur lequel je souhaitais m’appuyer fortement au début du mandat, il était en arrêt maladie et avait dénoncé des faits de harcèlement moral de la part de la direction de la FFSA. Il a alors été décidé, sur les conseils de l’avocat de la FFSA, de procéder à une enquête interne. Cette enquête a conclu que le salarié n’avait été victime d’aucun harcèlement. L’enquête n’a pas été contestée et un accord a été trouvé entre les deux parties.
« Si l’erreur est humaine, la répétition rapide de ces situations, leur coût financier, leur impact humain et l’altération du climat interne ont sonné comme un premier avertissement grave.
Toutes les personnes qui ont pu se rendre à la FFSA à cette période ont fait ce constat terrible d’une dégradation des conditions de travail des salariés. »
Les personnes qui soutiennent ces affirmations ne semblent pas avoir échangé avec les salariés de la FFSA depuis de nombreux mois, voire de nombreuses années. Il est intéressant de rappeler que le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) du 20 décembre 2021, établi sous le mandat de Nicolas DESCHAUX, indiquait : qu’« il existe au sein de l’entreprise des situations conflictuelles récurrentes (tension, violence interne…) » ; que « certains salariés se plaignent d’un manque de reconnaissance » ; que « le climat social au sein de l’entreprise est tendu » ; qu’il y avait des conflits de valeurs et « une perte de sens du travail » ; qu’il était nécessaire « d’améliorer la communication et la transparence » au sein de la Fédération.
« 2. Les irrégularités réglementaires : l’affaire de la rémunération
Le deuxième constat porte sur un sujet central : la rémunération du Président.
Ce point a été largement documenté devant l’Assemblée générale et expliqué publiquement :
– une rémunération perçue entre janvier et juin 2025 sans aucune autorisation,
– suivie d’une tentative de validation rétroactive, soumise à l’AG à l’initiative même de M. Gosselin,
– et rejetée à l’unanimité (676 voix contre, 0 pour), ce qui emporte obligation de remboursement.»
L’épisode de la rémunération constitue l’un des exemples les plus révélateurs des méthodes des anciens Présidents.
L’instrumentalisation de ma rémunération en qualité de Président de la FFSA qui fait l’objet de nombreuses mises en cause dans la presse, constitue un exemple parlant des méthodes d’intimidation mises en place.
Il en a tellement été question que je veux ici faire toute la lumière sur ce piège qui m’a été tendu.
Depuis plus de quinze ans, les présidents de la FFSA ont été rémunérés au regard de l’ampleur de leur engagement quotidien au service de la Fédération. Cette rémunération n’a jamais été traitée comme une faveur aléatoire, ni comme un levier politique. Au contraire, l’article 10 des statuts de la FFSA prévoit que l’Assemblée Générale « est chargée de décider de la rémunération des dirigeants à raison des fonctions qui leur sont confiées, dans les deux mois suivant leur élection. »
Lorsque j’étais Secrétaire Général de la FFSA, je percevais une rémunération, votée par le Comité Directeur conformément aux dispositions en vigueur, équivalente à celle du Président de la Fédération, étant donné que 100% de mon activité professionnelle était consacrée à la FFSA.
Lorsque Nicolas DESCHAUX s’est retiré de son poste de Président le 26 juin 2024, le Comité Directeur m’a élu Président pour couvrir la période restant avant l’Assemblée Élective prévue le 9 octobre 2024. A cette occasion, un vote a eu lieu concernant ma rémunération. Le Comité Directeur, composé d’une grande partie des Présidents de Ligues encore en place, a voté à l’unanimité une rémunération calculée « en fonction et proportionnellement au temps consacré » et « plafonnée comme défini au code général des impôts ». J’ai ainsi conservé la même rémunération que lorsque j’étais Secrétaire Général de la Fédération.
Lors de l’Assemblée Générale suivante organisée en fin d’année, aucune résolution en ce sens n’a été mise à l’ordre du jour. Continuant à effectuer mon travail et à recevoir ma rémunération, je n’ai reçu aucune alerte de la part de l’administration de la Fédération, de la Trésorière, ou des commissaires aux comptes.
C’est à l’occasion de l’Assemblée Générale du 25 juin 2025 que Jacques REGIS a pris la parole pour dénoncer ce manquement. Il m’a alors demandé de quitter la salle et a mis au vote les résolutions suivantes :
Le principe d’une rémunération pour le Président du 9 octobre au 31 décembre 2024 dans les mêmes conditions que celle versée entre le 26 juin 2024 et le 8 octobre 2024 ;
Le principe d’une rémunération pour le Président du 25 juin 2025 jusqu’à la prochaine Assemblée Générale qui validera les comptes 2025, c’est-à-dire en juin 2026.
Ces deux résolutions ont été votées à l’unanimité. A ma grande surprise, rien n’a été voté pour la période du 1er janvier 2025 au 30 juin 2025, période durant laquelle mes fonctions sont restées strictement identiques. Les commissaires aux comptes, affolés de cette méthode, m’ont alerté immédiatement.
Soucieux d’une telle situation, j’ai mis à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale tenue le 26 novembre 2025 la rémunération du Président de janvier à juin 2025.
A nouveau, Jacques REGIS m’a demandé de quitter la salle, et la résolution a été rejetée, sans qu’aucune explication ni aucun procès-verbal ne soit communiqué. Je m’interroge donc sur la conformité de ce qui a été dit lors de mon absence.
J’ajoute que c’est lors de cette même Assemblée Générale qu’il a été voté un nouveau règlement financier – dans des formes contraires aux dispositions du Code du Sport – instituant un Comité d’audit financier (composé de 3 personnes dont Jacques REGIS et Nicolas DESCHAUX) qui, depuis sa création, me demande de rembourser les rémunérations perçues entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2025.
« À ce jour, aucune restitution n’a été effectuée. C’est la raison pour laquelle une plainte pour abus de confiance a été déposée, à notre initiative, le 13 mars 2026 auprès du Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris. »
Que l’on soit clair, si, sur la base d’une analyse juridique objective, l’Assemblée Générale de la FFSA me demandait le remboursement de sommes, je le ferais aussitôt la résolution adoptée.
Mais je n’accepte pas que soient diffusées des contre-vérités aux membres de l’Assemblée Générale.
« Par ailleurs, M. Gosselin a refusé de communiquer ses rapports mensuels d’activité ainsi que ses relevés de cartes bancaires auprès des instances de contrôle internes compétentes.
Il ne s’agit pas d’un désaccord technique, mais d’une entrave délibérée à un organe de contrôle, en violation des statuts et des principes élémentaires de gouvernance associative, qui laisse au demeurant suspecter des faits plus graves (sinon pourquoi refuser ?). »
La demande de remboursement et la communication de rapports mensuels d’activité émanent d’un comité d’audit financier, créé par un règlement financier adopté illégalement.
Il est rappelé que ce comité d’audit financier comporte 3 membres dont Jacques REGIS et Nicolas DESCHAUX.
Concernant les relevés de cartes bancaires ou autres, le règlement financier de la fédération a toujours prévu que les frais de missions du Président de la FFSA étaient contrôlés et validés par le/la Trésorier(e) de la FFSA, ce qui a toujours été respecté.
A l’inverse, les frais de Jacques REGIS, Président du Sénat, membre de l’Assemblée Générale de la FFSA (représentant la LSA Occitanie-Méditerranée depuis 20 ans en résidant à l’île Maurice) membre de la CLA, membre du Comité d’audit financier et de Nicolas DESCHAUX, Vice-Président du Sénat,
membre du comité d’éthique et de déontologie et du comité d’audit financier ne font l’objet d’aucun contrôle.
« 3. La stratégie de diversion : dénigrer pour détourner l’attention
Pour tenter de masquer ces réalités, M. Gosselin déploie désormais une stratégie de communication visant à créer un écran de fumée :
– Il prétend avoir découvert un « système opaque et illégal », alors qu’il était membre du Comité directeur depuis 2020 et Secrétaire général depuis 2021 ; et que les statuts actuellement en vigueur ont été élaborés sous le mandat de M. Pierre Gosselin en tant que Secrétaire général, à sa demande, pour une mise en application dès sa prise de fonction de Président le 26 juin 2024.
– Il affirme agir au nom du Ministère, sans jamais produire les courriers et échanges qu’il mentionne, malgré les demandes de plusieurs membres du comité directeur ;
– Il passe sous silence que la FFSA fait l’objet d’un contrôle annuel obligatoire par un commissaire aux comptes, et qu’un audit diligenté par le Ministère des Sports il y a quatre ans n’a formulé aucune observation relative à la gouvernance et à la gestion de ses prédécesseurs.
– Il omet de rappeler enfin qu’il a hérité d’une Fédération en parfaite santé : une année record en nombre de licences lors de sa prise de fonction, l’un des taux de dépendance à l’État les plus faibles du mouvement sportif, une filière d’excellence et un centre de haut niveau unanimement reconnus sur la scène internationale — trois pilotes en Formule 1, dix-huit titres mondiaux en rallye. Lui-même, lors de l’Assemblée générale de 2025, saluait expressément le travail remarquable de ses prédécesseurs… »
L’empressement de Jacques REGIS et Nicolas DESCHAUX à organiser la convocation d’une Assemblée Générale en vue de la révocation du Comité Directeur est facile à comprendre : ils souhaitent à tout prix maintenir un système illégal et opaque de gouvernance (Sénat, CLA, comité d’audit… qui n’ont aucune légitimité statutaire) afin de conserver le contrôle de la Fédération. La mise en demeure du 18 mars m’enjoignant de modifier l’ordre des résolutions inscrites à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale et Extraordinaire, malgré le courrier du ministère des Sports, en est la parfaite démonstration. Cette tentative va cette fois-ci se heurter à une simple réalité : la mission d’Inspection du ministère des Sports, que j’ai appelée de mes vœux dès le mois de janvier, et qui a été confirmée par courrier ce jour.
Cette inspection sera transparente et objective.
Toutes et tous nous devrions nous réjouir de cette inspection.
Attendons les résultats de l’inspection. Je suis convaincu qu’ils permettront à chacune des parties de tirer les conclusions qui s’imposent. Ils diront surtout si le Comité Directeur et le Président actuel sont un obstacle au bon fonctionnement de la Fédération.
Si vous avez des questions à poser, posez-les.
Mais ne faites pas le choix de prendre hâtivement, et avec une connaissance trop parcellaire de la réalité, une décision qui pourrait s’avérer contraire aux intérêts de la FFSA, des Ligues du Sport Automobile et de Karting et des Associations Sportives en confortant l’institution dans sa position illégale.
Ne faites pas le choix d’entraîner vos clubs et tous nos licenciés dans une situation qui n’est plus conforme au droit.
Pierre GOSSELIN
Président de la FFSA
Lien courrier Ministère (à copier pour en avoir la teneur)
https://backoffice.ffsa.org/uploads/documents/medias/piece-jointe-courrier-ministere-des-sports-a-president-ffsa-27-02-2026.pdf?utm_source=dialoginsight&utm_medium=email&utm_campaign=B6380
