06h00 : Tout le monde sait que la journée de ce jeudi ne se terminera pas au bivouac de Merzouga. Pas de structures. Pas de lumière. Ce soir, c’est autonomie totale.
06h45 : Petit-déjeuner efficace. On recharge les jerricans, on vérifie les réserves d’eau, on cale les sacs. Le moindre oubli peut peser lourd quand on dort au milieu de nulle part.
08h00 : Départ progressif vers Tazarine. Les voitures s’élancent une à une. Les copilotes récitent le roadbook comme une poésie. Les pilotes, eux, sentent déjà que la journée va être longue.
09h30 : Pistes cassantes. Ça tape. Ça vibre. Les suspensions travaillent autant que les nerfs. Trouver la bonne trajectoire devient un art.
10h30 : Bacs à sable à répétition. De grandes plaques molles où l’élan est vital. Certains passent en finesse. D’autres plantent net. Plaques sorties. Pelles dégainées. Fierté mise de côté.
11h30 : Solidarité version Marathon. Un équipage ensablé, deux autres qui s’arrêtent. On pousse, on conseille, on chambre un peu aussi. Parce qu’aujourd’hui, personne n’a intérêt à rester seul trop longtemps.
12h00 : Coup dur pour les #499 sous la 4L. Sur le plateau de Mharech, leur plaque sous moteur se dévisse en pleine piste.
12h30 : Pause rapide sur la piste. Sandwich croquant (merci le sable). Et déjà, certains commencent à ramasser des morceaux de bois croisés en chemin. Réflexe de survie version désert : anticiper le feu de ce soir.
13h30 : Navigation plus technique. Moins de repères, plus d’instinct. Les erreurs coûtent cher en carburant. On évite de “moutonner”. Surtout que la 4L devant peut être perdue aussi.
15h30 : La fatigue commence à se lire sur les visages. Chaleur, concentration, secousses permanentes. Le Marathon use doucement, mais sûrement.
17h00 : Les premiers choisissent leur spot. Pas de zone imposée. Pas de point GPS final. Chacun s’arrête où il veut. Certains forment des mini-bivouacs à 5, 6, parfois 10 voitures. D’autres préfèrent la tranquillité, seuls face à l’horizon.
18h30 : Installation sauvage. On décharge le bois ramassé plus tôt, on vérifie la mécanique pour demain, on s’organise pour le dîner. Le désert devient terrain de camping improvisé.
19h30 : Repas en autonomie. Réchauds partagés, conserves ouvertes, eau rationnée. On compare les galères : “On était persuadés d’être dans le bon cap…” Spoiler : ils ne l’étaient pas.
20h30 : Feux de fortune et discussions à la belle étoile. Dans le désert, les mini-bivouacs scintillent comme des constellations posées au sol. On entend quelques rires au loin. Puis le silence reprend ses droits.
22h00 : Place à la nuit. Certains dorment dans la 4L. D’autres directement sous les étoiles. Pas de barrières. Pas de lumière artificielle. Juste le ciel marocain en grand format.
Demain, il faudra repartir. Même poussière. Même défi. Mais ce soir, ils ont franchi un cap : celui de se débrouiller seuls, au milieu de l’immensité.
