Boussaïd – Tagounit – Résultats provisoires du jour : Moto : Alessandro Botturi – Auto : Nicolas Delencre
La deuxième étape de l’Africa Eco Race s’est disputée aujourd’hui entre Boussaïd et Tagounit, sur un parcours total de 425 kilomètres. Bien qu’il s’agisse de la deuxième étape du rallye, cette journée marquait la première spéciale chronométrée de cette édition, la spéciale prévue lors de l’étape précédente ayant été annulée en raison des conditions hivernales et des chutes de neige. Initialement longue de 381 km, la spéciale chronométrée a toutefois dû être raccourcie à environ 218 km, la fin du secteur étant neutralisée en raison d’un terrain profondément remodelé par les intempéries des dernières semaines, rendant certaines zones impraticables et compromettant la sécurité des concurrents.

Les participants se sont élancés dès l’aube depuis le bivouac de Boussaïd, sans liaison intermédiaire, pour attaquer rapidement les dunes de Merzouga. Un départ exigeant, marqué par une navigation délicate dans le sable, avant de laisser place à de grandes pistes roulantes, poussiéreuses et caillouteuses, typiques des terrains marocains.
Une spéciale intense, à la navigation compliquée, comme l’ont confirmé les pilotes à l’arrivée.
Moto : Victoire d’Alessandro Botturi sur Yamaha Ténéré 700
Parti ce matin derrière le tenant du titre Jacopo Cerutti, Alessandro Botturi s’est imposé en 2:24:04 à l’issue d’une spéciale exigeante. Derrière lui, le Français Jean-Loup Lepan (KTM) termine à 2 min 10 s du vainqueur, suivi de l’Allemand Kevin Gallas (Yamaha Ténéré 700) à 2 min 17 s.
Une très belle performance pour Alessandro Botturi, qui a de surcroît annoncé à l’arrivée avoir perdu un peu de temps à la suite d’une erreur de navigation dans les dunes.
Jean-Loup Lepan et Kevin Gallas ont franchi ensemble la ligne d’arrivée après avoir roulé de concert une bonne partie de la journée, et ont confié avoir pris beaucoup de plaisir sur cette première spéciale.
À l’arrivée, Jacopo Cerutti, qui termine à la 4ᵉ place, à 19 secondes du podium, expliquait : « Le sable dans les dunes était très porteur, grâce aux températures fraîches de la nuit dernière et aux récentes intempéries. Une spéciale difficile, avec une navigation compliquée dans les dunes, mais j’ai su rester concentré. Je pense avoir réalisé une bonne performance. »
De son côté, Alessandro Botturi confirmait la difficulté du tracé : « La navigation n’était pas simple. Je me suis perdu un petit moment, mais je suis resté calme et j’ai pu retrouver le bon cap. Je pense laisser une petite minute dans cette erreur de navigation. »
Kevin Gallas complétait : « Une spéciale incroyable dans des paysages époustouflants, beaucoup de plaisir au guidon, et des parties rapides où nous avons atteint les 150 km/h avec Jean-Loup. De bon augure pour la suite du rallye. »
Auto : Nicolas Delencre s’impose en MD Optimus
L’équipage belge du Config Racing Team, copiloté par Jonathan Lurquin, remporte la spéciale en 2:20:19, devançant leurs compatriotes et équipiers Philippe Lambilliotte / François Béguin de 3 min 52 s. Les deux MD Optimus s’adjugent ainsi les deux premières places, devant Tomas Ourednicek (Toyota Hilux), à 5 min 24 s du vainqueur.
Nicolas Delencre a déclaré : « Nous n’avons fait aucune erreur malgré une navigation complexe. On est vraiment contents de cette journée, avec une machine qui fonctionne parfaitement. »
SSV : Victoire de Pierre Lafay sur Can-Am Maverick R
Le vainqueur 2025 de la catégorie SSV s’impose sur cette première spéciale, avec son copilote Stéphane Denecheau, en 2:24:34, devançant Jérôme Cambier de plus de 12 minutes. À la troisième place, Sander Derickx accuse près de 13 minutes de retard sur le vainqueur et leader du classement général SSV.
À l’arrivée, Pierre Lafay semblait surpris de sa performance : « Je trouve curieux qu’il n’y ait pas d’autre SSV avant nous à l’arrivée. Nous avons roulé plutôt prudemment, nous avons un tout petit peu jardiné et surtout, nous avons crevé une roue… »
Camion : Gerrit Zuurmond décroche la première place
Du côté des mastodontes, le vainqueur de l’Africa Eco Race 2025 atomise la concurrence sur cette spéciale avec un temps de 3:08:02, devant Mike Panhuijzen, arrivé avec 1:42:25 de retard, suivi de Noel Essers à 1:43:20 du vainqueur.
Historique : La catégorie Historique bien lancée
La catégorie Historique est bien lancée, sur la terre d’origine du rallye-raid, avec une nouvelle dynamique : un challenge plus élevé que les années précédentes selon les premiers commentaires des concurrents engagés. Pas de chrono pour cette catégorie, mais des épreuves de navigation, où la sélection se fait sur la maîtrise de la combinaison gestion du temps / lecture du roadbook / pilotage / préservation de la mécanique. Comme le disait René Metge : « Dans le désert, penser loin, avant d’aller vite. »
Plusieurs épreuves, des pénalités comptées en points qui sanctionnent des écarts avec des temps imposés ou des waypoints non validés. À la fin de la journée, celui qui récolte le moins de points de pénalité l’emporte.
L’Argentin Jorge Perez Companc s’impose aujourd’hui avec 395 points, devant Pierre Bourdeau / Bruno Domy (Toyota HJ 61) avec 565 points. En troisième position, François-Xavier Bourgeois (Range Rover) termine la journée avec 614 points.
À noter que l’équipage Jonathan et Élodie Metge, à bord du Range Rover hommage au véhicule mythique de leur père René Metge, faisant face à une série de problèmes mécaniques, a rejoint le bivouac en camion balai à l’heure où ces lignes sont écrites.
Après un début de rallye fortement perturbé par les éléments — entre le déluge de pluie et la tempête de vent lors des vérifications techniques, puis la neige ayant bouleversé la première étape et entraîné l’annulation de la spéciale initialement prévue — l’Africa Eco Race est désormais pleinement lancée. Si les concurrents ont disputé cette deuxième étape sous un soleil écrasant, c’est une tempête de sable qui les accueillait ce soir au bivouac de Tagounit, rappelant une nouvelle fois le caractère imprévisible et exigeant du rallye-raid.
Les écarts serrés observés dès cette première spéciale chronométrée témoignent d’un niveau de compétition très élevé et d’une course plus ouverte que jamais, laissant présager une suite de rallye intense et indécise.
Cédric Bret,
