Une arrivée des plus émotionnelle. Luciano Benavides qui encaissait trois minutes de retard sur Ricky Brabec au soir de l’étape 12, refaisait ce retard par une erreur de navigation de l’américain. Un coup de force de l’argentin qui, comme son frère Kevin, inscrit son nom au palmarès et qui permet à KTM de conserver l’avantage.
Luciano Benavides : « Je sentais que cela restait possible »
Luciano Benavides remporte le Dakar pour la première fois, sa première victoire aussi sur un rallye international. Le cadet des Benavides, champion du monde 2023, inscrit le nom de la fratrie argentine pour la 3e fois sur la course après les victioires de Kevin en 2021 et 2023.
« J’ai donné le meilleur de moi-même du départ à l’arrivée aujourd’hui. Je n’ai jamais cessé de rêver, je n’ai pas arrêté d’y croire. Je l’ai dit à mon entourage, je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que cela restait possible. Dans les trois derniers kilomètres, Ricky s’est trompé de piste, j’ai pris la bonne. J’ai vu la lumière revenir, j’ai vu que c’était lui, qu’il devait faire demi-tour pour reprendre la bonne piste car c’était impossible de traverser entre les deux. J’ai vu l’opportunité et je l’ai saisi. J’avais dit à tout le monde avant le départ que ce Dakar était pour moi. Neuf ans sur le Dakar, première fois vainqueur. On écrit l’histoire avec mon frère, il a gagné pour 43 secondes, je gagne pour 2 secondes, je pense que je le bats sur ce point ! C’est un rêve qui devient réalité. Mathématiquement, c’était impossible de battre Ricky aujourd’hui. Mais dans la liaison d’hier, je me suis dit que j’avais tout fait comme il fallait, et que je voulais finir en force. Tout arrive pour une raison, et aujourd’hui je pense que c’est un de ces jours-là. Deux secondes après deux semaines et plus 8000 km, c’est quelque chose de difficile à croire. »
Tosha Schareina : « C’est si bon d’être sur le podium »
Tosha Schareina était l’un des deux grands favoris avec Daniel Sanders, les deux hommes forts de la saison 2025. Une pénalité de 10 minutes pour ne pas avoir emprunté le bon chemin de sortie du premier bivouac marathon-refuge a mis à mal son avancée dès la première semaine. L’Espagnol monte malgré tout sur le podium.
« Il y a quelques années je me battais juste pour participer à la course. Aujourd’hui monter sur le podium ne me fais presque rien. Mais il faut être réaliste, c’est si bon d’être sur le podium. Je me suis battu toute ma vie pour ça. Je suis content que l’on place deux Honda sur le podium. Je dois encore m’améliorer sur des petits points, mais je suis sur la bonne voie. La pénalité ne m’a pas aidé au général, j’ai dû changer de stratégie, il faut parfois être plus attentif sur ces points ou en navigation et j’ai été un peu moins bon aussi sur les portions très rapides. »
Rally2 Toni Mulec : « Le Dakar avait si mal commencé pour moi »
A 41 ans, le pilote privé Toni Mulec de l’équipe BAS World KTM, offre aux oranges la victoire en Rally 2 devant les deux jeunes recrues de Honda qui débutaient sur la course. Preston Campbell (+4’37’’) avait longtemps tenu la première position. Le Slovène offre à l’équipe néerlandaise un 2e titre après celui de Mason Klein en 2022 dans la catégorie.
« C’est fou, car le Dakar avait si mal commencé pour moi avec tellement d’erreurs de navigation, j’ai perdu tellement de temps en première semaine. La deuxième s’est mieux passée, je n’en au plus commis à l’exception d’une grosse chute. J’ai gardé la moto et mon physique à l’abris. J’ai une grande équipe et des coéquipiers qui prennent tous soins les uns des autres. Nous ne sommes pas une équipe officielle, mais je leur suis vraiment reconnaissant pour cet état d’esprit. »
Benjamin Melot : « Voilà, c’est fait »
Benjamin Melot courait après la victoire en Original by Motul depuis 7 éditions. Par quatre fois sur le podium et la moitié du temps dauphin de la catégorie sans assistance, le Français tient aujourd’hui sa revanche. Un nouvel adversaire s’est dressé en travers de sa piste cette année en la personne de Josep Pedro, mais l’ancien mécanicien de Cyril Despres savoure à son tour les joies de la première place.
« L’année dernière j’ai marqué les gens, moi aussi d’ailleurs j’ai pris cher. Mais j’ai vraiment bossé fort pour revenir cette année en meilleure forme avec la mentalité de mettre tout jusqu’au bout. J’ai connu un Dakar en dents de scie mais j’ai réussi à faire la différence sur quelques étapes. Mais ce n’est pas de tout repos, j’en ai bien bavé. Je suis à l’aise dans les dunes, mais hier je ne sais pas pourquoi j’ai réussi à faire une belle journée dans les pierres et à prendre un écart de 9 minutes sur une spéciale qui n’était pas pour moi. Emanuel Gyenes a chuté, Josep Pedro s’est mêlé à la lutte, il ne m’a pas rendu la vie facile et j’étais stressé pas mal de matin. Je cours après ça depuis des années, voilà, c’est fait.»
Adrien Van Beveren : « Dans le coup tous les jours en 2è semaine »
Adrien Van Beveren termine 5è de son 11è Dakar. Le Français analyse sa quinzaine avec lucidité et donne rendez-vous l’année prochaine.
« On dit souvent qu’un Dakar terminé est une forme de victoire, j’ai envie de m’en inspirer, mais j’ai aussi envie de dire vivement la 3e semaine. J’ai vécu une première semaine compliquée, un peu de difficulté à trouver mon rythme, où j’ai vécu des péripéties, une chute, une botte de fil de fer dans ma roue… une première semaine hyper mouvementée. La deuxième semaine a mieux commencé, les étapes ont été super solides, on en a gagné une, j’ai été dans le coup tous les jours et c’est ça que je vais retenir pour revenir en 2027. Je pense que j’avais pris un petit coup sur la tête au Portugal, reprendre la confiance après un crash comme ça a pris du temps et je pense que c’était ça aussi qui était nécessaire. »
