« La course n’a jamais été aussi ouverte de toute l’histoire du Dakar », déclaraient en chœur l’ensemble des pilotes concernés de près ou de loin par la gagne devant une fourmilière inédite de champions et de bolides inscrits sur la 48è édition. L’unanimité de ce constat donne une valeur supplémentaire au titre 2026, qui enrichit une collection comportant maintenant six Touaregs à exposer dans la salle des trophées du musée Al Attiyah. Celui-ci pèse d’autant plus lourd qu’il a été conquis au terme d’une course maîtrisée de bout en bout, un modèle de sang-froid, une stratégie quasi-millimétrée, un chef d’œuvre de plan de bataille conçu autour de deux journées décisives pour lesquelles
il était primordial de préparer une position de départ idéale. La 6è étape, un boulevard de dunes de 300 kilomètres, devait permettre à l’architecte de poser la première pierre de son édifice. Au sein d’une élite effectivement regroupée comme jamais (le Top 5 du général comprimé dans 12 minutes à la journée de repos), Nasser entamait le trajet retour vers Yanbu en tête. Il fallait bien sûr tenir son rang dans la deuxième marathon-refuge, mais c’est encore au lendemain de cette épreuve délicate que la clé de voûte a été posée au sommet du monument. Deuxième de l’étape derrière Mathieu Serradori, Al Attiyah a bel et bien pris le large. Pour peaufiner la décoration de l’ensemble, le maestro des pistes a foncé vers Yanbu pour y remporter l’avant-dernière étape, pour le panache et l’histoire. Cette 50è spéciale record le place aux côtés des géants Ari Vatanen et Stéphane Peterhansel. Une signature à la Michelangelo !
Les places à prendre sur le podium derrière la Dacia Sandrider #299 ont également tourné au jeu des chaises musicales dans les derniers jours. Henk Lategan, 2è en 2025 derrière Al Rajhi, représentait la dernière chance de voir un Toyota Hilux au sommet, mais il a été battu par la mécanique dans la 10e étape, la faute à un fichu roulement de moyeu de roue arrière qui a cédé, alors que les 12 minutes qui le séparaient d’Al Attiyah n’étaient pas un obstacle insurmontable. Omniprésents tout au long du Dakar, avec 6 spéciales remportées en 14 jours de course, les Ford Raptor ont toujours eu au moins un représentant dans le tiercé de tête. A la veille de l’arrivée, déjà à Yanbu, Nani Roma a été héroïque pour sauver in extremis sa deuxième place, après avoir cassé son train avant et obtenu de l’aide de plusieurs équipages pour rejoindre le bivouac en temps et en heure. Pour la troisième marche à prendre, le match s’est joué jusqu’au bout, Mattias Ekström étant appelé à défendre sa place sur les 105 derniers kilomètres face à Sébastien Loeb, qu’il ne devançait que de 29 ». Le Suédois a fait mieux que conserver l’accessit déjà acquis en 2025, puisqu’il termine son Dakar comme il l’avait commencé sur le prologue de Yanbu, par une victoire. Le Français termine quant à lui pour la première fois le Dakar en dehors du Top 3, pour 37 ».
Un peu plus loin derrière, mais dans des chronos qui n’ont jamais été aussi faibles à l’arrivée, les ‘Toy’ doivent se contenter des trois dernières places du Top 10 avec Toby Price (8è à 52’), Seth Quintero (9è à 1h15) et Saood Variawa (10e à 1h23). Mathieu Serradori s’est quant à lui à nouveau invité au 6è rang qu’il occupait déjà l’année dernière, cette fois-ci avec une étape dans sa besace. Du côté de ses anciens compagnons deux roues-motrices, la bataille des Optimus de MD Rallye est remportée par Simon Vitse (14e) devant Christian Lavielle (20è). La catégorie Stock a vu cette année l’arrivée du constructeur Defender, dont l’entrée en piste a été victorieuse. Le Lituanien Rokas Baciuška s’est montré le plus rapide et atteint Yanbu avec près de quatre heures d’avance sur sa collègue Sara Price, tandis que les Toyota Land Cruiser ont réussi à se défendre avec Ronald Basso, 3è du classement final. Stéphane Peterhansel a en revanche plus souffert qu’à son habitude, et boucle son 36è Dakar en 4e position des Stock.
