Étape 11 : Le Dakar Classic danse la Java

Deux équipages indonésiens sont engagés sur le Dakar Classic pour la première fois. Et leurs débuts sont particulièrement convaincants puisque Shammie Baridwan, 5è du classement général, s’est offert l’étape d’Al Henakiyah, pendant que son ami de 20 ans, l’influenceur Julian ‘Jejelogy’ Johan navigué par le français Mathieu Montplaisi, le suit immédiatement au 6è rang de la hiérarchie.

À bien chercher dans les archives, on ne trouve pas trace d’un pilote indonésien sur le Dakar. Il y a bien une culture des disciplines de tout-terrain du côté de Java ou Bali, et les noms de Stéphane Peterhansel ou Carlos Sainz résonnent naturellement aux oreilles des amateurs de sports mécaniques, un peu moins nombreux que les fans de badminton mais dans un pays de 285 millions d’habitants, la communauté du moteur pèse tout de même son poids ! En revanche, les filières d’accès aux principales épreuves de rallye-raid n’étaient pas des plus simples, jusqu’à ce que le Dakar Classic ouvre une nouvelle porte. Et la structure de la Compagnie Saharienne, qui propose un dispositif clés en mains pour s’engager sur la course de régularité, a justement offert cette opportunité à deux pilotes indonésiens qui font des débuts en fanfare cette année : « nous constatons qu’il y a une réelle demande dans les pays d’Asie, où les pilotes sont fans de Dakar mais ne savent pas comment s’y prendre pour s’engager », expliquent de concert Arnaud et Lucas Delmas-Marsalet père et fils. « Et nous sommes en mesure de leur fournir à la fois des ‘Toy’ ultra-robustes, des copilotes sympas et expérimentés ainsi qu’une formation à la discipline pendant une semaine au Maroc, soit avec Mathieu Baumel, soit avec François Cazalet en septembre dernier ». La formule a conquis Shammie Baridwan et Julian Johan, qui vivent chacun dans leur véhicule leur baptême du Dakar Classic.

Les deux équipages débutants ne se distinguent pas seulement par leur exotisme sur le bivouac. Ils sont aussi de solides compétiteurs sur la piste, capables d’enchaîner jour après jour les défis de régularité comme de navigation. Influenceur de renom et fils d’un ancien pilote de WRC des années 90, Julian a écumé les épreuves de sa région avant de découvrir le Dakar, et tire correctement son épingle du jeu depuis le départ de Yanbu : « c’est l’aventure ultime pour moi comme pour tout le monde, être sur le podium de départ était déjà un accomplissement. Les premières étapes étaient comme un rêve. C’est la première fois que je fais de la régularité, c’est nouveau et pas simple mais j’essaye d’apprendre de tous les jours ». Et du côté de son vieux compagnon de vadrouille Shammie, l’entrée sur la grande scène est carrément spectaculaire puisqu’il s’est imposé sur la 11è étape, devançant les meilleurs spécialistes, presque malgré lui : « On a eu des petits problèmes pour trouver des way-points, mais on a vraiment bien attaqué ensuite. Je suis très surpris de gagner dans ces conditions, mais j’espère que demain on pourra recommencer ! Je suis très heureux de ce résultat, j’essaye toujours de donner le meilleur, j’apprends tous les jours et j’applique ça le lendemain ».

A leur arrivée au bivouac d’Al Henakiyah, ils bénéficient d’un comité d’accueil de prestige, avec Mathieu Baumel et François Cazalet qui se sont déplacés pour féliciter les gagnants du jour. L’événement est vécu avec fierté par Shammie Baridwan mais aussi par Julian Johan, qui se réjouit du succès de son complice : « On se connait depuis le collège, ça fait 20 ans. On a fait des tas de virées ensemble en voiture, du camping, on a participé à des courses. Alors quand je le vois gagner ce soir, bien sûr que je suis content et super fier de lui ». Du côté de Shammie, on n’hésite d’ailleurs pas à évoquer la réussite d’un véritable duo : « j’ai gagné aujourd’hui mais c’est JJ qui m’a emmené ici et notre objectif, c’est avant tout d’être à l’arrivée du Dakar Classic ensemble. On est deux équipages mais une seule équipe, celle de l’Indonésie ».

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