De la poussière, de la poussière et encore de la poussière ! Ronan Chabot et Gilles Pillot peuvent confirmer : l’étape marathon porte bien son nom !
Dans le désert aussi, les nuits sont parfois plus belles que nos jours. Les pionniers évoquent avec émotion les ciels étoilés algériens des premières éditions. Cinquante ans après (bientôt !), les plus jeunes conservent des étoiles dans les yeux. De tous temps, l’étape marathon est une appellation contrôlée, non usurpée. La récompense est à la hauteur de l’engagement exigé. Un bivouac (presque) authentique pour un moment hors du temps. «L’atmosphère était bien sympa !», résume Ronan Chabot. « On a monté nos tentes, avec nos petites rations pour dîner. Chacun était là, avec sa frontale. Ça discutait, tous ensemble. Il faisait froid en revanche. J’étais recroquevillé dans le duvet ! De quoi réveiller les souvenirs des fraîches nuits marocaines de leur premier Dakar (2003…déjà) ! Tout le monde a fait une grosse nuit après une grosse journée. Pas un bruit !» Pas un groupe électrogène, pas un réglage moteur pour perturber vos songes. «Évidemment, ce matin, le premier qui a mis son réveil a réveillé tout le monde ! Un bon café et en route !»
Au cours de cette 5è étape, ils en ont aussi pris plein les yeux. Mais pour une autre raison, moins poétique. 26è la veille, Ronan Chabot et Gilles Pillot s’élancent…63è ce matin, au milieu des camions et des SSV. Le règlement, c’est le règlement ! Allez comprendre… «Je ne peux pas parler du paysage du jour, on n’a vu que de la poussière ! On a jardiné une fois ou deux. On perd une poignée de minutes. Pour le reste, l’auto est en pleine forme, pas une seule crevaison à signaler.» Juste une bosse un peu plus bossue que les autres, et un duo bien secoué au passage. «Dans ces conditions, on ne fait pas un mauvais temps. Dommage ! Je pense qu’on rentrait dans le top 20 sans cela !» Petite frustration vite effacée par une rencontre impromptue, aux détours du bivouac, avec un grand Monsieur du Dakar, vainqueur en 1983. «On a croisé Jacky Ickx. C’est une course qui a changé ma vie », nous a-t-il dit. « Comme nous tous !»
Demain, 6è étape. 331 km, cap sud-est pour une journée dans le sable. Des dunes, des dunes…et des dunes ! Riyad, la capitale saoudienne, les attend pour la traditionnelle journée de repos.
