Il était déjà visible que les performances de Mitch Guthrie ne doivent rien au hasard. Le pilote américain apporte aujourd’hui une nette confirmation de son talent en s’imposant sur une deuxième étape du Dakar en Ultimate, deux jours après son premier succès. Après 371 kilomètres de lutte contre le chrono, Guthrie Jr a bouclé le trajet retour de l’étape marathon avec 4 petites secondes de retard sur Nani Roma, mais l’Espagnol a été pénalisé d’une minute pour un
excès de vitesse. Les deux coéquipiers portent haut les couleurs de Ford aux deux premières places, et un autre Raptor complète le podium du jour, celui de Martin Prokop qui se bonifie décidément avec son changement de véhicule cette année.
Henk Lategan était ce matin confronté à un défi de navigation, sur une deuxième partie de marathon où il a dû ouvrir la spéciale sans les traces des motos. L’exercice le plus délicat de la semaine pour le Sud-Africain a finalement été réalisé avec une certaine efficacité : malgré les 12’43 perdues en route sur Guthrie, le chef de file (bien isolé) de l’armada Toyota conserve la tête du classement général.
Dans une situation semblable et précisément dans la roue de Lategan au départ, Nasser Al Attiyah a lui aussi lâché du temps dans sa Dacia mais n’a que 3’17 de débours sur le leader de la course, avant une étape annoncée comme cruciale demain matin.
Au classement général, la bonne santé des Raptor s’affiche aussi de façon éclatante, avec quatre représentants dans le Top 6 : Mattias Ekstrom à 5’38, Nani Roma à 6’59, Carlos Sainz à 8’33 et donc Guthrie à 16’23.
Pour autant, les positions annoncent une bataille particulièrement ouverte pour la dernière spéciale de la semaine sur 300 kilomètres de dunes. En 7è et 8è position du classement général, les Dacia de Lucas Moraes (à 17’11) et surtout de Sébastien Loeb (à 17’55) sont aussi capables de revenir dans le match.
Luciano Benavides (KTM) se reprend enfin !
Certains pilotes ont le chic pour avancer discrètement et surgir lorsqu’on ne les attend pas. C’est presque une spécialité chez Luciano Benavides, qui était par exemple devenu champion du monde sans avoir remporté une épreuve en 2023, et qui avait également raflé deux étapes coup sur coup sur le Dakar l’année dernière, terminé au pied du podium (4è). L’Argentin a rejoué une partition similaire pour aller signer le meilleur temps sur les 356 km de la spéciale, et se hisser pour la première fois de sa carrière dans le Top 3 du général, à 5’55 de son leader chez Red Bull KTM Factory Racing.
Daniel Sanders a profité de ce trajet vers Hail pour reprendre les commandes du rallye. Avec le 4e temps du jour à 5’50 de son collègue, le tenant du titre récolte peut-être les fruits d’une stratégie travaillée dans le clan KTM. Il prendra le départ d’une étape quasi intégralement composée de dunes avec une position avantageuse, et éventuellement un allié pour la navigation en deuxième partie de parcours.
Le classement de la spéciale a permis à deux autres pilotes de réaliser leur meilleure performance de la semaine : Nacho Cornejo a pris la 2è place sur sa Hero à 3’51 de Benavides, tandis que Bradley Cox pointe à 7’22 au 4e rang du jour, au niveau de son meilleur résultat obtenu en cinq participations sur le Dakar (1ère étape 2024).
Chacune des deux équipes favorites a connu ses désillusions aujourd’hui. Côté KTM, les débuts en fanfare d’Edgar Canet (victoires sur le prologue et la première étape) semblent bien loin après les ennuis qui ont pourri sa journée, en commençant par la fonte de la mousse de sa roue arrière. Son retard encore inconnu à l’arrivée le prive de toute perspective aux avant-postes.

Chez Monter Energy Honda HRC, Ricky Brabec affiche une régularité exemplaire au plus haut niveau, peut-être même au point de prétendre au rôle de leader du team, après une belle boulette de Tosha Schareina. L’Espagnol avait su tenir son rang sur la piste, mais a été pénalisé de 10 minutes pour avoir négligé de quitter le bivouac-refuge entre les drapeaux. L’infraction réglementaire le sort du podium provisoire (4è) et va l’obliger à remonter un déficit d’une douzaine de minutes sur Sanders pour espérer jouer la gagne. Adrien Van Beveren, qui avait déjà connu plusieurs journées difficiles, est tombé encore plus bas après avoir perdu plus d’une demi-heure, en partie en raison d’un satané fil de fer emmêlé dans sa roue arrière au km 88. Quand ça veut pas…
Ross Branch a lui aussi connu une journée noire et se retrouve éloigné du sommet du classement général, à 1h23’ de Sanders.
