– A 2 jours du prologue de la 48è édition du Dakar, la première journée des vérifications techniques et administratives a notamment vu un défilé des Toyota Hilux qui représentent une partie des favoris de la course autos. C’est le cas du tenant du titre Yazeed Al Rajhi et de son premier poursuivant en 2025 Henk Lategan, ainsi que d’une très grande partie la génération montante du rallye-raid. Le bivouac de Yanbu a également vu le retour de Stéphane Peterhansel, qui a marqué une pause en 2025 mais sera bien au départ samedi de son 36è Dakar, au volant d’un Defender dont trois exemplaires vont s’attaquer à la catégorie Stock.
– Le retour de Mathieu Baumel pouvait sembler encore plus improbable après son grave accident à la fin du mois de janvier 2025. Il est le copilote du Belge Guillaume de Mévius, avec qui il entend batailler pour une place dans les hauteurs du classement. En marge de la course aux titres les plus prestigieux, les jeunes pilotes de l’académie Saudi Next Gen ont bien débuté leur programme.
– L’avenir se prépare aussi sur le plan de l’innovation technologique, puisque l’écurie de Sven Qandt a annoncé qu’elle engagerait en 2027 une auto à hydrogène en cours de conception avec la société Inocel de Mike Horn.
YAZEED AL RAJHI : « NOUS SOMMES PRETS À NOUS BATTRE »
Sous plusieurs bannières, ce sont les Toyota Hilux qui ont massivement occupé le terrain pour la première journée des vérifications techniques et administratives. Leur chef de file naturel reste Yazeed Al Rajhi, héros de l’édition 2025 après une victoire à domicile, conquise au terme de sa 11è participation au Dakar. Après son heure de gloire, le champion saoudien s’est fracturé deux vertèbres lors d’un accident sur la Baja Jordan et n’a pas retrouvé son niveau de pilotage sur le reste de la saison, mais ne perd pas l’espoir de défendre son titre : « aujourd’hui nous sommes prêts à nous battre et notre but est de gagner à nouveau. Car nous avons toujours la même vitesse ».
Parmi ses nombreux adversaires, son premier rival de l’année dernière reste lui aussi embarqué dans un Hilux. Henk Lategan pense logiquement à améliorer sa 2è place, mais connait déjà suffisamment bien les aléas du Dakar pour éviter de claironner trop fort cet objectif : « La compétition sera très serrée, c’est le peloton le plus compact mais aussi le plus large que l’on ait jamais vu au Dakar, beaucoup de pilotes peuvent gagner. »
Après deux victoires à moto (2016-19), Toby Price a dû abandonner pour son passage sur quatre roues en 2025, ce qui ne le prive pas de cultiver des ambitions qu’il partage avec son nouveau copilote Armand Monleon : « je veux gagner le Dakar en auto », affirme l’Australien. « Cela va demander beaucoup de travail, mais au fond de moi, quelque chose me dit que je n’en ai pas encore tout à fait fini avec ça ».
JOAO FERREIRA : « LES JEUNES VONT DE PLUS EN PLUS VITE »
L’armada des Toyota se distingue autant par la qualité des CV de leurs pilotes que par une moyenne d’âge d’étudiants en droit. Avec Seth Quintero (23 ans) et Saood Variawa (20 ans), la marque japonaise était déjà représentée l’année dernière dans le tableau des vainqueurs d’étapes. Ils ne s’interdiront pas de viser cette fois-ci une belle place au classement général final, tout comme Joao Ferreira (26 ans), qui se réjouit d’avoir intégré le club « Toy » en cours de saison : « avant le départ de la course, tout le monde est candidat à la victoire. Les jeunes pilotes vont de plus en plus vite. Et on l’a vu au Maroc, on était au rythme des meilleurs, pas seulement moi, mais aussi les autres ». Justement, un autre prodige du volant se voit bien batailler dans les hauteurs du classement. Après s’être imposé dès sa première participation en SSV sur le Dakar 2023 à seulement 19 ans, Eryk Goczal ne se fixe aucune limite pour son arrivée dans la catégorie reine. Le Polonais a choisi lui aussi un Hilux T1+ pour son retour sur le Dakar : « J’essaye d’être meilleur à chaque course, j’espère que ce sera le cas les prochains jours. Je ne compte pas m’arrêter là, je ne vais pas lever le pied et je pense que c’est le côté positif de mon pilotage ! » Pour viser très haut, le bambin pourra bénéficier des équipiers les plus dévoués qui soient, son père Marek et son oncle Michal, eux aussi vainqueurs d’étapes à leur époque SSV.

STÉPHANE PETERHANSEL : « ON SERA LOIN DES PROTOTYPES »
‘Monsieur Dakar’ a bien changé, il ne vient pas pour gagner ! Après avoir collectionné 14 trophées (6 à moto, 8 en auto), on aurait pu croire que Stéphane Peterhansel arrêtait sa carrière au terme de son aventure avec le constructeur allemand Audi. Il a finalement décidé de reprendre du service pour un projet bien différent consistant à redynamiser la catégorie Stock, où sont engagés des véhicules proches des modèles de série, n’ayant aucune chance de rivaliser avec les véhicules de pointe. « Un prototype a une résistance qui est incroyable, explique le recordman du Dakar. Tu peux passer dans des trous, des saignées où tu vas presque blesser le dos du pilote à l’intérieur, mais la voiture va résister aux chocs. Nous, on a une voiture qui a des éléments beaucoup plus fragiles. Donc on est obligé de passer moins vite et de ne pas taper dans le matériel. Ce sont ces deux raisons qui font principalement que l’on sera loin des prototypes. » Si les Defender D7X-R ne figureront jamais au sommet des classements scratch, la marque britannique espère toutefois s’attaquer au titre de la catégorie Stock, jusqu’ici dominée par les Toyota Land Cruiser Auto Body (12 victoires). ‘Peter’ est accompagné dans cette mission par le Lituanien Rokas Baciuska et l’Américaine Sara Price, qui ont auparavant été des acteurs majeurs en Challenger et en SSV.
MATHIEU BAUMEL : « UN TOP 5 SERAIT UNE BELLE VICTOIRE POUR UNE REPRISE »
Guillaume de Mévius est la carte maîtresse de Mini X-raid. Le Belge a aussi été le premier à témoigner de sa confiance à Mathieu Baumel, le navigateur quadruple vainqueur de l’épreuve victime d’un accident quelques jours après le dernier Dakar, qu’ils venaient de boucler ensemble. Pour l’équipage qui avait créé la surprise en 2024 en se hissant au 2è rang de la course, la course contre la montre pour se retrouver dans un baquet de course a déjà été remportée haut la main. Le duo franco-belge a déjà pu disputer deux Bajas de préparation. L’heure est au retour aux affaires et Mathieu Baumel a déjà des objectifs clairement en tête : « On m’avait donné un an ou deux de réhabilitation et cela s’est fait quasiment en six mois. Dire que l’on vient pour gagner serait trop optimiste. Se positionner dans un Top 5 serait une belle victoire pour une reprise. Ce qui est plus réalisable, et que j’espère on arrivera à faire rapidement, c’est une victoire d’étape. Ce serait ma victoire personnelle et on la doit au team. »
