24 Heures du Mans : Quatre choses à savoir sur l’Hypercar, la nouvelle catégorie qui révolutionne l’endurance

Les nouveaux bolides se frottent au mythique circuit sarthois ce week-end et doivent surtout permettre de relancer le championnat du monde d’endurance (WEC) en attirant des grands constructeurs qui avaient tourné le dos à la discipline.

Son nom clinquant n’a d’égal que sa mission : sauver l’endurance automobile. La nouvelle catégorie Hypercar se mesure pour la première fois aux 24 Heures du Mans, à partir de samedi 21 août (16 heures). Elle promet surtout des lendemains qui chantent avec le retour de grands noms de l’automobile, éloignés de la Sarthe comme Peugeot, qui sera là en 2022, Ferrari, Porsche, Audi ou encore BMW. Une brochette de nouveaux concurrents pour disputer la victoire à Toyota d’ici un à deux ans. Franceinfo: sport vous résume ce qu’il faut savoir sur cette révolution.

Réduire les coûts pour attirer les grands constructeurs
Moins légères, moins rapides et moins chères, voici les Hypercars. Annoncée en 2019, la nouvelle catégorie reine devait séduire à tout prix dans un championnat du monde d’endurance (WEC) qui avait vu ses forces vives s’éteindre peu à peu pour laisser Toyota seul face à des teams privés valeureux mais limités. Exit donc les LMP1 (Le Mans Prototype), séduisants mais au coût faramineux et à la fenêtre d’exploitation limitée.

Restait toutefois à trouver un bon compromis pour attirer les constructeurs de grande envergure dans un projet peu onéreux, qui puisse leur permettre de courir aussi bien en WEC qu’en IMSA (le championnat nord-américain). Ce jeu de ping-pong entre Le Mans et Daytona a donc donné naissance à la catégorie Hypercar, où deux types de voitures pourront s’affronter d’égal à égal.

Une catégorie, deux philosophies
Partir d’une feuille blanche ou disposer d’un châssis proto clé en main, c’est le choix donné aux constructeurs. Dans la catégorie Hypercar cohabiteront à partir de 2023 des LMH (Le Mans Hypercar) et des LMDh (Le Mans Daytona h). Les premières, option choisie par Toyota, Peugeot et Ferrari, sont conçues entièrement par la marque avec un châssis propre, une carrosserie libre ou s’inspirant d’un modèle d’hypercar routière commercialisé avec une motorisation hybride ou non. Ces LMH, comme la Toyota GR010 Hybrid ou la Glickenhaus 007, sont celles que l’on peut voir au Mans dès cette année. Peugeot a déjà présenté sa décoiffante 9X8 en juillet dernier et sera en lice aux 24 Heures en 2022.

Les LMDh auront en commun un châssis fourni par Multimatic, Oreca, Dallara ou Ligier ainsi qu’un système hybride standard. Le constructeur n’aura alors plus qu’à y ajouter un moteur et une carrosserie de sa création. Pour équilibrer les chances de chacun, le régulateur s’appuyera sur une « Balance de performance » où la puissance, le poids et la quantité d’énergie embarquée pourront être modulés. Audi, Porsche et BMW ont d’ores et déjà annoncé qu’ils seront au rendez-vous en LMDh dans deux ans.

Des voitures moins rapides qu’avant
Sur le plan technique, les Hypercars font un bond en arrière par rapport aux LMP1 dont les performances avaient atteint leur apogée lorsque Kamui Kobayashi sur Toyota avait établi en 2017 le nouveau record de la piste mancelle en 3’14 »791 à la vitesse moyenne de 251,9 km/h. Pour revenir à un temps cible de 3’30 » au tour sur le circuit du Mans, le législateur a mis le pied sur le frein et fixé quelques contraintes qui réduisent les performances.

Le poids minimum a été monté à 1030 kilos quand une LMP1 pesait 875 kilos (855 kilos pour une non-hybride). La puissance a également été revue à la baisse avec 500 kilowatts alloués (environ 680 chevaux) contre 585 auparavant. Si la perte de vitesse est réelle, les qualifications des 24 Heures du Mans ont prouvé que ces Hypercars avaient du potentiel.

Outre sa quatrième pole position consécutive qui le place à une unité de Jacky Ickx, recordman de l’exercice dans la Sarthe, Kamui Kobayashi s’est joué du chrono jeudi avec un excellent 3’23 »900, signe que la Toyota GR010 Hybrid n’avait pas dévoilé toutes ses cartes.

Toyota en favori pour la première au Mans
Premier de cordée avec sa GR010 Hybrid, Toyota est largement favori pour ouvrir le compteur d’une Hypercar au Mans dimanche. Sans réelle concurrence, les deux voitures japonaises, la #7 et la #8, auront surtout à craindre des problèmes de fiabilité (Monza) et des erreurs de pilotage (Spa) qui l’ont parfois affecté lors des courses précédentes alors que leur durée n’a pas excédé les huit heures, soit un tiers de la classique mancelle. Pendant les différentes séances de la semaine du Mans, les Toyota ont d’ailleurs connu plusieurs frayeurs et une grosse sortie de piste pour Kazuki Nakajima.

Le sans-faute est donc obligatoire car Alpine jouit d’une extrême fiabilité avec son A480, l’ancienne Rebellion qui a signé un podium dans la Sarthe en septembre dernier. Classée en Hypercar, la belle bleue profite du règlement qui permet aux ex-LMP1 de rouler encore une saison pour mettre la pression sur les GR010. Un joli coup pour Philippe Sinault qui peut décrocher le gros lot dimanche, ce qui donnerait encore plus de crédit à un engagement de la marque française en LMDh.

Dans une catégorie à l’effectif encore maigre, il flotte malgré tout comme un air de renouveau, un parfum des années 1960-1970 grâce aux deux Hypercars de James Glickenhaus. Le fortuné Américain, stetson sur la tête et large sourire dans le paddock du Mans, s’est lancé dans un audacieux pari avec ses deux SCG 007.

Parti de sa version routière, il a développé deux Hypercars qui ne sont pas sans rappeler les mythiques Lola T70. Coup de cœur du public, les Américaines ont fait bonne figure et affichent une vitesse de pointe supérieure aux Toyota. Sans des problèmes de freins récurrents, elles auraient eu leur mot à dire pour une place sur le podium, mais le double tour d’horloge devrait permettre à des LMP2 de leur griller la politesse et pourquoi pas s’inviter dans le trio final…

France TV – Xavier Richard,

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