Les 29 et 30 août, le Circuit Paul Ricard a accueilli la 16e édition des Dix Mille Tours, 4e rendez-vous de la saison Le Mans Classic Series. Près de 27 000 spectateurs ont répondu présents pour vivre, au plus près de l’action, un week-end placé sous le signe de la passion automobile et sous un soleil éclatant, fidèle à l’esprit du Sud. Sur la piste, plus de 300 voitures historiques se sont affrontées dans les nombreux virages tricolores du tracé varois, jusqu’à l’emblématique ligne droite du Mistral, théâtre de spectaculaires batailles.
Si les Dix Mille Tours 2026 ont débuté en mode humide et couvert, le soleil était de retour dès samedi afin d’offrir un cadre estival au meeting de rentrée des Le Mans Classic Series. De quoi permettre à un public nombreux d’assister à des passes d’armes tout simplement exceptionnelles d’intensité, confirmant que les compétitions historiques sont toujours synonymes de grand spectacle.
C’est l’Endurance Racing Legends 2 qui ouvrait les festivités samedi. Si on attendait les Ferrari F430 GTC Evo et autres Porsche 993, 996 ou 997 de différents types, la surprise était d’emblée totale, avec la première victoire de la Chevrolet Corvette C6 ZR1 de John Emberson et Nigel Greensall, qui prenait le meilleur sur la Ferrari de Olivier Hart, mais aussi l’originale Mosler MT900 R de Dennis Busch ! Les F430 GTC Evo prenaient une éclatante revanche lors de la course dominicale, avec une domination d’Olivier Hart qui devançait Philip Kadoorie, malchanceux la veille. La Mosler de Dennis Busch complétait une nouvelle fois le top 3.
Du côté de l’Endurance Racing Legends 1, ce sont les Zytek qui ont été les reines du Paul Ricard. L’ex-pilote de F1 Max Chilton n’en demandait pas tant pour imposer à deux reprises sa 04S, devançant tant samedi que dimanche la DBA 03S d’Emile Breittmayer et la Dome S101 d’Ivan Vercoutere. Du côté de la catégorie GT, Franz Wunderlich et Patrick Simon imposaient leur Aston Martin DBR9 au terme de la Course 1, avant de laisser la victoire à la Porsche 996 Bi-Turbo GT2 R du Finlandais Markus Palttala en Course 2.
Les 90 minutes de la 2.0 Cup ont une nouvelle fois offert un spectacle de grande qualité samedi après-midi, le leadership changeant plusieurs fois de main. Au final, Johannes Stengel et Andrew Smith démontraient leur savoir-faire au volant d’une Porsche 911 châssis court de 1965, s’imposant au général et au classement Gentlemen-Elite devant les deux meilleurs pilotes engagés en catégorie Gentlemen, Jurgen Rudolph et David Danglard. Manque de chance pour Emanuele Pirro, légende des 24 Heures du Mans et équipier de James Turner, qui rencontrait des soucis d’alimentation en carburant dans le dernier tour, alors que le podium final était en vue.
La grille de départ du Sixties Endurance rassemblait une cinquantaine de bolides en début de soirée. Et la course allait être ‘hot’ à tous les niveaux, obligeant même la direction de course à brandir le drapeau rouge. Plus de peur que de mal néanmoins pour les concurrents concernés. Dès le Restart, la lutte pour la victoire gagnait en intensité, avec un duel à couteaux tirés entre la Shelby Cobra 289 de Xavier Dayraut et la Shelby Cobra Daytona Coupé de Maxime Guenat, qui avait relayé Guillaume Mahé. Une pénalité de 5 secondes, pour cause de chicane coupée en fin de course, offrait finalement la victoire à Dayraut. Qu’on ne s’y trompe néanmoins pas, c’est le sport auto historique qui sortait grand vainqueur de cet affrontement achevé dans l’obscurité ! Armand Mille et Yves Scemama, sur Shelby Cobra Daytona Coupé, complétaient le podium final en devançant la superbe Ferrari 275 GTB d’Andreas Rolner et Patrick Simon ! Magique…
Ce sont les voitures de tourisme des années ’60, rassemblées au sein du Classic Touring Challenge, qui ont proposé les premières escarmouches dimanche matin. Entre les Ford Mustang 289, Ford Cortina Lotus et Alfa Romeo Giulia Sprint GTA, la lutte a été totale, et ce sont John Spiers et Nigel Greensall qui ont imposé leur Mustang devant la Giulia de Max et Andrew Banks et la Cortina Lotus d’Ivan Petev Ivanov et Ed Morris.
Sur le front de l’Heritage Touring Cup 1, les spectateurs ont assisté à un nouvel duel entre Ford Capri RS3100 et BMW 3.0 CSL. Maxime Guenat donnait l’avantage à la marque à l’ovale bleu, devançant les bavaroises de Philippe Scemama – de retour dans la course et déjà de retour sur le podium – d’une part, d’Emile et Olivier Breittmayer de l’autre. Yves Scemama et Armand Mille, sur d’autres Capri RS3100, complétaient le top 5 devant la BMW 635 CSi Gr.2 de Nicolas Traber.
Agitée, la joute de l’Heritage Touring Cup 2 s’achevait par un doublé des BMW, avec la M3 E30 de Tim Abbott et Chris Ward devant la 635 CSi Gr.A de Fernando Espirito Santo et Pedro Breyner. C’est la vaillante Rover Vitesse de Stephen Keating qui complétait le podium final.
Comme de coutume, les courses de Classic Endurance Racing ont été spectaculaires et intenses. Alors qu’on attendait les Lola T70 ou la superbe Porsche 917 K de Claudio Roddaro, c’est la McLaren M6B ex-Jo Bonnier domptée par les frangins Max et Andrew Banks qui surgissait pour s’imposer devant les T70 de Bruno Peirera et Charlie Hyett d’une part, Emile Breittmayer de l’autre. C’est la Ford GT40 de ‘Mr John of B’ et Soheil Ayari qui l’emportait dans la catégorie GT.
En CER2, le Français Stéphane N’Guyen a offert un véritable récital au volant de sa Lola T282 Gitanes, s’étant élancé depuis la dernière place sur la grille de départ après avoir manqué les qualifications, avant de remonter jusqu’au sommet du classement et s’imposer… en dépit d’un tête-à-queue en vue de l’arrivée ! N’Guyen devançait finalement la TOJ SC304 d’Yves Scemama et la Lola T292 – à mécanique 2 litres – de Jan Magnussen et Chris Ward, une nouvelle fois impressionnants. C’est la Porsche 935 de Dennis et Marc Busch qui s’imposait dans la catégorie GT2.
Les batailles sur le bitume du Circuit Paul Ricard s’achèvent ainsi sous le soleil du Sud. Mais la saison des Le Mans Classic Series est loin d’être terminée : les concurrents se retrouveront du 18 au 20 septembre pour le 5e meeting de la saison, à l’occasion d’Estoril Classics, sur le mythique circuit d’Estoril, au Portugal.
