Free Racing Berline/GT: Vianney Chan finit fort !

Le Caennais Vianney Chan Tsin a bouclé sa première saison dans le championnat Free Racing Berlines au volant de sa Seat Supercopa #1, en réalisant sa meilleure qualification et sa meilleure course sur le circuit Bugatti. L’unique pilote tétraplégique de la scène sportive automobile en circuit dresse le bilan de son parcours sur six des plus beaux tracés hexagonaux, en pensant déjà à la suite !

Après avoir usé l’asphalte du Val de Vienne, de Charade, Dijon, Nogaro et Magny-Cours, Vianney avait hâte d’en découdre au Mans. Le circuit Bugatti est en effet le plus proche de sa bonne ville de Caen et il s’arrange pour venir, autant que possible et par tous les temps, s’entrainer sur les 4185 mètres du tracé sarthois. Ce fut d’ailleurs le cas une semaine avant le dernier rendez-vous du calendrier du Tourisme Trophée Endurance, série qui accueille diverses catégories dont la petite cinquantaine de concurrents du Free Racing Berlines/GT.

Une voiture peut être engagée pour un ou deux pilotes. Ainsi, Vianney a couru en solo à Magny-Cours mais Charlie Lafon était de retour au Mans dans l’équipe NTK Racing. Dans un cas, le roulage est maximisé, dans l’autre, le budget est divisé par deux. Et le budget, dans les sports mécaniques… nous en reparlerons plus loin.

Un week-end comprend des essais libres de durée variable, une séance de qualification de 20 minutes, deux courses sprint également de 20 minutes et une course deux fois plus longue avec, le cas échéant, un changement de pilote. Vendredi, le ton est donné quand Vianney qualifie l’équipage en 17ème position sur 36 sous la pluie ! Jusqu’à présent, son ‘record’ était un 22ème temps à Nogaro. « J’étais heureux de cette performance mais avec un regret : je l’ai signé avec un très vieux train de pneus pluie… Je ne sais pas ce qui se serait passé avec des gommes plus fraiches. »

Depuis le début de la saison, Vianney participe à la première course sprint, le samedi, et Charlie à la deuxième le lendemain. Comme la piste promet d’être encore détrempée pour la course 1, Vianney est contraint de casser sa tirelire pour s’offrir quatre pneus pluie Pirelli tout neufs. Mais faute d’avoir pu les rôder, les premiers tours sont périlleux. Vianney ne trouve le bon rythme qu’aux alentours de la mi-course et il achève l’exercice au 26ème rang.

Dimanche, la piste est sèche. Charlie souffre de coupures moteur et commet un tête à queue dans une course 2 hachée par les neutralisations. Il se classe 20ème, mais le meilleur reste à venir. Vianney est chargé du départ pour la course longue de 40 minutes. Il réalise un excellent premier tour et un bon relais, avec un meilleur temps en 2’01 »520, à un peu plus de 7 »3 de son équipier. Celui-ci est non seulement valide mais également rapide puisqu’il a signé le meilleur temps des trois Seat en lice. L’équipage termine la course en 11ème position, le meilleur résultat des deux Normands cette saison !

Vianney nous livre lui aussi son bilan 2019 : « Nous terminons l’année sur un bon résultat, qui a été facilité par ma position sur la grille. J’ai pris un bon départ mais il faudrait que je sois plus agressif dans le peloton. La saison prochaine, je n’aurai plus besoin de découvrir la voiture et les circuits, mais j’aimerais bien aussi disposer d’un meilleur budget pour pouvoir passer plus de pneus. J’ai pratiquement fait la saison avec un seul train de slicks. Sinon, je suis content de ma prestation au championnat de France Handikart cet été, où j’ai décroché mon sixième titre en H4 (handicap 3 ou 4 membres). Je remercie mon équipe et tous mes partenaires pour cette première saison en auto ainsi que les médias qui m’ont suivi un peu partout en France. »

Julien Decriaud, qui s’est occupé de la Seat en début d’année, était de retour au Mans. Il nous donne son sentiment sur la saison 2019 du point de vue technique : « Vianney a acheté fin 2018 cette Seat, qui a l’avantage d’avoir une boite de vitesse fonctionnant en mode automatique, indispensable du fait de son handicap. Malheureusement cette pièce a lâché tout de suite et on a dû consacrer beaucoup d’énergie l’hiver dernier à la remplacer. Par la suite on a eu divers petits soucis, notamment un capteur et le faisceau électrique à Charade. Mais au final, la voiture a atteint l’arrivée de toutes les courses. Au Mans, on aurait pu faire encore mieux sans un petit ennui avec les pompes à essence qui sont fragiles sur cette auto. »

Romane Didier,

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