WEC: Toyota Gazoo s’illustre en misant sur les bons pneumatiques

© DR

– Audi Sport remporte les 6 Heures de Spa 2016
– Ferrari domine la catégorie LM GTE Pro

Lors des épreuves européennes, les partenaires de Michelin choisissent leur dotation de pneus deux à trois semaines à l’avance. Le manufacturier français organise ensuite la production et la logistique pour satisfaire les besoins des équipes.

 

Pour les 6 Heures de Spa, Audi Sport, Porsche Team et Toyota Gazoo Racing pouvaient choisir deux modèles de pneus ‘slicks’ parmi les trois options proposées par Michelin : SOFT ‘temps froid’, SOFT ‘temps chaud’ et SOFT ‘temps chaud +’.

Tout en respectant un niveau de rigidité défini sur la base des caractéristiques du circuit, les trois pneus diffèrent par leur fenêtre de température d’exploitation. Le SOFT ‘temps froid’, par exemple, offre le niveau optimal de performance et de longévité en dessous de 17°C de température au sol, alors que le SOFT ‘temps chaud’ est centré sur une plage de 15°C à 30°C. Le SOFT ‘temps chaud +’ est quant à lui conçu pour des températures supérieures aux 25°C.

« Lors d’une course d’endurance, le seul paramètre qui évolue au fil du temps est la température de la surface explique Jérôme Mondain, le manager des programmes Endurance de Michelin. Le tracé du circuit, les voitures et les pilotes restent les mêmes ! Michelin a donc fait évoluer l’approche classique SOFT, MEDIUM et HARD, car il n’y a aucune raison de proposer aux pilotes plusieurs constructions différentes, qui leur demanderaient d’adapter leur style de pilotage et les réglages de la voiture. »

Pour les 6 Heures de Spa 2016, Audi Sport et Porsche Team avaient choisi des pneus SOFT ‘temps froid’ et SOFT ‘temps chaud’, tandis que Toyota Gazoo Racing avait préféré les pneus SOFT ‘temps chaud’ et SOFT ‘temps chaud +’, en misant donc sur une météo particulièrement chaude pour la saison. Une décision risquée car, au moment du choix, le mercure ne dépassait pas les 10°C à Spa… très hasardeuse même, quand on considère que le ‘Toboggan des Ardennes’ était couvert par une fine couche de neige une semaine avant la course !

Pourtant, c’est bien l’équipe nipponne qui a eu raison. Sous un soleil éclatant et par des températures de l’air supérieures à 24°C, l’asphalte de la piste de Spa-Francorchamps a grimpé à 40°C. Les pneus Michelin SOFT ‘temps chaud +’ étaient donc les plus adaptés et, combinés à une configuration aérodynamique efficace sur le tracé belge, Toyota Gazoo Racing a pu tirer parti de son choix en dominant l’épreuve pendant plus de quatre heures.

Parties respectivement de la troisième et cinquième place, les Toyota TS050 – Hybrid #6 (Sarrazin/Conway/Kobayashi) et #5 (Davidson/Buemi/Nakajima) ont montré leur vrai potentiel dès le début de l’épreuve. C’est la voiture #5, alors aux mains de Sébastien Buemi, qui s’illustre la première. Après un bon départ, le Suisse s’impose d’abord sur l’Audi R18 #7 de Benoît Tréluyer, au 9ème tour. Il enchaîne ensuite les chronos rapides, et s’approche progressivement de l’autre Audi, la #8 pilotée par Lucas Di Grassi. S’engage alors un duel dont le pilote suisse sortira gagnant. Après 45 minutes seulement, la Toyota TS050 – Hybrid #5 est deuxième et poursuit maintenant la Porsche 919 Hybrid #1 (Bernhard/Webber/Hartley), qui la devance de 11 secondes. L’écart s’affaibli au fil des tours, jusqu’au premier ravitaillement, au 22ème tour. Timo Bernhard rentre le premier, fait le plein de carburant et change ses pneus, tandis que Buemi, rentré un tour plus tard, décide de doubler son relais avec ses pneus et sort des stands en leader provisoire des 6 Heures de Spa.

Après ses deux relais, Sébastien Buemi confie au microphone : « Le choix des pneus a été déterminant pour prendre la tête de la course, nous avons pris un risque et cela a été payant. La performance des pneus était constante et j’ai donc décidé de doubler mon relais dès le début de la course, alors qu’il était recommandé d’attendre que l’asphalte soit davantage gommé. »

Revenu sur la Toyota de Buemi, au 35ème tour, Timo Bernhard ouvre les hostilités : la Porsche #1 parvient à dépasser la Toyota #5… qui riposte et reprend la tête. Mais dans le feu de l’action, Bernhard subit un léger contact qui endommage son pneu avant gauche au début du 36ème tour. Il devra parcourir les 7 kilomètres du tracé avant de pouvoir remplacer la roue, réduisant ainsi fortement ses chances de victoire.

Après 36 tours, les positions sont stables, avec la Toyota #5 en tête du peloton, suivie par l’Audi #8 (Di Grassi/Duval/Jarvis), tandis que la Toyota #6 suit à un tour, après avoir été ralentie par un contact avec la voiture #37.

Mais le calme est temporaire et un premier coup de théâtre se produit cinquante-un passages plus tard, au 87ème tour, quand la voiture #6 est contrainte à l’abandon, cédant ainsi la troisième marche du podium virtuel à la Porsche #2 (Dumas/Jani/Lieb). Le classement évoluera de nouveau au 113ème tour, quand la Toyota TS050 – Hybrid #5, leader des 6 Heures de Spa, sera trahie par son moteur.

Il s’agira du dernier changement significatif au classement de la catégorie LM P1 : l’Audi #8 s’empare de la victoire, suivie de la Porsche #2 et de la Rebellion #13 (Tuscher/Kraihamer/Imperatori).

Dans la catégorie LM GTE Pro, Ferrari domine les qualifications et les 6 Heures de Spa-Francorchamps 2016. Cependant, et après avoir été en tête depuis le début de la course, la 488 GTE #51 (Bruni/Calado) sera contrainte à l’abandon suite à un problème mécanique à huit minutes de l’arrivée. C’est finalement la voiture soeur #71 (Rigon/Bird) qui passe la première sous le drapeau à damier. La Ford GT #67 (Franchitti/Priaulx/Tincknell) s’installe à la deuxième place, tandis que l’Aston Martin #97 (Stanaway/Rees/Adam) complète le podium.

La prochaine épreuve du FIA WEC se déroulera les 18 et 19 juin 2016, où les cinquante-cinq équipages engagés disputeront les 24 Heures du Mans 2016.

Alessandro Barlozzi,

PUBLICITÉ

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*